‹ Pénicillinothérapie de la Broncho-Pneumonie du ChienChapitre 6 sur 34 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DÉFINITION — ETIOLOGIE Ù DÉFINITION. — La broncho-pneumonié est une inflammation du poumon frappant les iobules pulmonaires individuellement ou par groupes.

Elle est due en général à l'extension au parenchyme pulmonaire d’une inflammation localisée aux bronchioles.

Il en résulte une accumulation dans les alvéoles, d’exsudats contenant des cellules épithéliales desquamées et des leucocytes.

On l’a encore désignée sous les termes de bronchoalvéolite, pneumonie lobulaire, insulaire, catarrhale ou épithéliale.

On distingue en général la broncho-pneumonie parasitaire. la broncho-pneumonie par corps étrangers et la

broncho-pneumonie infectieuse. Dans cette étude nous n’avons en vue que cette dernière.

ETIOLOGIE. — Les bronches s'opposent naturellement | à toute cause qui vient troubler leur intégrité. Les cils vibratiles, la toux et les produits glandulaires jouent un rôle expulsif. Le mucus peut neutraliser les substances irritantes qui lèsent la muqueuses. Cetts muqueuse peut à son tour absorber les liquides qui pourraient atteindre le parenchyme pulmonaire luimême. Si une cause quelconque intervient privant le poumon de ses moyens de défense, l'affection se déclare

Nous rangerons ces causes en: prédisposantes et déterminantes ; dans les premières nous comprendrons la maladie de Carré, dans les secondes la microflore pulmonaire. -

Causes prédisposantes. — Il est des causes générales que l’on retrouve dans presque toutes les affections et auxquelles la broncho-pneumonie ne fait pas exception. Nous avons voulu citer : les brusques variations de température ; les irritations provoquées par des inhalations de gaz, de fumées, de poussières; la fatigue, etc. Toutes ces causes créent un état congestif du poumon et, partant, diminuent ses moyens de défense.

D'autre part on doit noter que pendant le jeune âge la muqueuse respiratoire se révèle bien moins apte à se défendre. Signalons en outre les affections cardiaques qui se compliquent de congestion pulmonaire passive, les inflammations aiguës du voisinage, des bronches par exemple, qui, si elles sont mal traitées se compliquent souvent de broncho-pneumonie secondaire par extension aux lobules.

Nous avons gardé pour la fin toutes les maladies

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générales: tuberculose, stomatite grave, ictère infectieux, entérites, métrites, etc. ; toutes les suppurations, et plus particulièrement la maladie de Carré.

La maladie de Carré est une affection contagieuse, inoculable, spéciale aux carnivores, caractérisée par un état infectieux se traduisant par de l’hyperthermie, du catarrhe des muqueuses et souvent des troubles nerveux. Elle est due à un virus filtrable unique qui, à lui seul, provoque les diverses localisations de la maladie. L'évolution est bénigne. Cépendant il prépare le terrain aux germes d'infection secondaire qui provoquent les diverses complications. Les différentes dénominations : « maladie des chiens », « maladie du jeune âge », disent bien la fréquence de cette affection qui atteint les jeunes animaux mais surtout ceux de races sélectionnées ou importées ou ceux affaiblis par une mauvaise nourriture, uné hygiène défectueuse, et toutes les causes prédisposantes déjà vues.

Causes déterminantes. — Les divers agents que nous venons de citer agissent indirectement en déterminant la congestion et l’affaiblissement des défenses de la muqueuse. La cause directe est l'infection. Les germes sont spécifiques (tuberculose) ou non spécifiques ; c’est en général, dans ce cas, des germes saprophytes devenus virulents après abdication des défenses du poumon.

Leur origine est endogène (germes saprophytes devenus virulents) ou exogène; ils proviennent alors d’un processus inflammatoire ou suppuratif évoluant en un point de l'organisme (entérite, métrite, omphalophlébite, abcès, etc.) et sont acheminés jusqu’au poumon par voie sanguine ou lymphatique. Ils provoquent une

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broncho-pneumonie dite secondaire, métastatique ou embolique.

La connaissance exacte de ces germes a suscité depuis longtemps l'intérêt de nombreux savants. La multitude des recherches entreprises depuis 1875 ont démontré la multiplicité de cette flore, en particulier de la microflore de sortie dans la maladie de Carré.

L'énumération de ces travaux, dus à Gemmer (1875), Rabé (1883), Legrain et Jacquot (1890), Schantyr (1892), Gallivalerio (1895), Babès et Barzanesco (1895), Jensen (1896), Zielinski, Menki et Karpinski (1897), Lignières (1900), Ferry (1910), Carré (1905), Laïdlaw et Dunkin (1926), Vergé (1932), et tant d’autres, serait fastidieuse. Nous nous contenterons d’en donner les résultats dans-un tableau, où nous signalerons le comportement de ces divers germes vis-à-vis de la pénicilline : ,

Colora- Sensibilité à la Germes tion au pénicil- Gram line

Bacillus bronchisepticus à « fluorescens liquéfasciens 3e &« paratyphique B + Salmonella carolina Pasteurella canis Æ Straphylococcus pyogènes ne « albus £ « auréus L Streptococcus pyogènes ne Bacillus cutis commune + Protéus vulgaris — Escherichia coli — Enterococcus protéiformis + Microcoques divers L Diplocoques « +

j+oco++{++t+oecoce

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Il nous a été impossible de déterminer dans quel pourcentage ces germes pouvaient être rendus responsables de la broncho-pneumonie secondaire. Cependant, - après les travaux de Ferry, qui sur quatre vingt-treize cadavres examinés a retrouvé soixante et onze fois le Bacillus bronchisepticus en cultures pures et douze fois associé au staphylocoque, divers auteurs ont signalé la fréquence de c2 bacille dans la trachée, les bronches et le poumon de chiens infectés. Sa présence -quasiconstante incite même Ferry à en faire l'agent spécifique de l’affection. À ce propos il émet une séduisante hypothèse par laquelle l’ultra-virus spécifique de la maladie de Carré serait la forme filtrable de Bacillus bronchisepticus.

Verge résumant ses recherches note que les germes « le plus fréquemment rencontrés dans le tractus r°snratoire des chiens infectés, sont le colibacille et le streptocoque pyogène. Viennent ensuite le bacille paratyphique B, B. bronchisepticus, les staphylocoques blanc et doré, B. fluorescens liquéfaciens et protéus vulgaris ».

Ce simple aperçu sur la flore microbienne du poumon, nous permet d'ores et déjà d’entrevoir les résultats de notre thérapeutique.

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