‹ Pensâees et fragments inâedits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 150 sur 200 · Milord Bolingbroke · texte numérisé non relu

Milord Bolingbroke

délices; les vrayes afflictions n'ennuyent jamais, parce qu'elles occupent beaucoup l'âme. C'est un plaisir, lorsqu'elles aiment à parler; c'en est un, lorsqu'elles aiment à se taire, et c'en est un si grand qu'on ne peut distraire personne de sa dou- 5 leur sans lui causer une douleur plus vive.

Les plaisirs de la lecture, lorsque l'âme s'identifie dans les objets, avec les objets (sic) auxquels elle s'intéresse. Il y a tel amour dont la peinture a fait plus de plaisirs à ceux qui l'ont lu qu'à ceux qui 10 l'ont ressenti. Il y a peu de jardins si agréables qu'ils ayent fait plus de plaisir à ceux qui s'y promènent, qu'on [n'] en a trouvé dans les jardins d'Alcide.

L'âme est une ouvrière éternelle, qui travaille sans cesse pour elle. i5

Quant à la beauté des femmes, il y a peu d'hommes qui, lorsque ses (sic) passions sont tranquilles, ne sente plus de ravissement d'un beau portrait qu'à la vue de l'original.

q 552(483. 1, p. 404). — J'avois fait un ouvrage intitulé Histoire de la Jalousie; je l'ai changé en un autre : Réflexions sur la Jalousie.

Voici les morceaux qui n'ont pu entrer dans le nouveau plan : 25

553 (484. I, p. 404). — Je suis bien aise, mon

cher ***, de vous consacrer ce petit ouvrage, afin que, si le hasard le fait passer à la postérité, il soit le monument éternel d'une amitié qui ne m'est pas moins précieuse que la gloire.

5 554 (485. I, p. 404). — En l'honneur d'Isis1, les femmes Égyptiennes eurent toute l'autorité dans les familles, les emplois publics, les affaires du dehors; le mari, les détails domestiques.

Dans l'accord des mariages2, le mari promettoit 10 d'être soumis à sa femme.

On trouve dans les fragments de Nymphiodore (Rerum Barbar., livre XIII) que Sésostris, pour décourager les Égyptiens, introduisit cette coutume. Mais ce ne sont pas là les traits de ce prince, i3 qui ne respira que la guerre et accorda tant de privilèges aux soldats.

555(486. 1, p. 404). — Les Scythes étoient un peuple composé de beaucoup d'autres; c'étoit plutôt un nom de barbarie (?) que de nation.

20 556(487. I, p. 405). — Il pourroit bien être que le culte de Sémiramis auroit été cause de l'obscurité des règnes efféminés qui suivirent. L'Histoire n'a eu rien à en dire. La fin de Sardanapale a fait parler de sa vie. Cette vie paroît avoir été toute consacrée

25 à la Déesse. Arbace, Mède, le seul qui le vît, le trouva au milieu de ses femmes, habillé comme elles

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