Ouvrage des Savants, par Basnage, n° 1688, art
l'obéissance efface l'injure. J'ajoute que cela ne pourroit avoir lieu que dans les contrats qui ne sont pas réciproques, et dans les cas où un prince donneroit tout, sans recevoir rien. Sans cela, une des 5 deux parties seroit seule juge d'un engagement mutuel; ce qui en détruiroit la nature. D'ailleurs, cet engagement mutuel étant fait pour toujours durer, la punition d'un crime contre cet engagement n'en doit pas être la destruction.
io c238* (1744. III, 1° 56 v°). — Idée juste de quelques Gouvernements. — Qu'elle est donc la constitution d'Angleterre? C'est une monarchie mêlée, comme Lacédémone [, surtout avant la création des éphores, fut une aristocratie mêlée; comme Rome2, quelque
i5 temps après l'expulsion des Roix, fut une démocratie mêlée.
L'Angleterre, comme on a vu, incline plus vers la
1. Les éphores furent établis pour ôter au Roi (sic) et au Sénat, en grande partie, les jugements; comme il paroît par l'apophtegme d'Euripide dans Plutarque.Ces éphores étoient pris dans le bas peuple. On transporta par là les jugements et la plus grande magistrature de la République. Par l'institution de Lycurge, le Sénat tint en bride les Roix et le Peuple; par l'institution de Théopompe, les éphores tinrent en bride le Sénat et les Roix. Cléomène abolit le Sénat et les éphores, et l'on vit d'abord naître la tyrannie.
2. Il faut considérer les divers temps de Rome. D'abord, après l'expulsion des Roix, elle fut .une aristocratie mêlée. Elle fut, ensuite, une démocratie mêlée : les charges et les honneurs furent communiqués aux Plébéiens. Dans le commencement, les décisions du Peuple dévoient être confirmées par le Sénat. Il fut, au contraire, établi dans la suite que les arrêts du Sénat n'auroient de force que quand ils seroient confirmés par le Peuple.
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monarchie. Rome, où le Peuple décidoit et discutoit les affaires, inclina plus vers la démocratie. Lacédémone, où le Peuple n'eut que la décision, inclina plus vers l'aristocratie.
A Rome, on créa des dictateurs; on nomma des 5 censeurs; on fit des guerres pour ramener la démocratie vers l'aristocratie. A Lacédémone, on créa des éphores, pour ramener l'aristocratie vers la démocratie.
239* (1899. III, f° 134). — Du Gouvernement mili- 10 taire. — Le gouvernement militaire s'établit de deux manières : ou par la conquête faite par une armée qui veut toujours rester en corps d'armée, tel qu'est aujourd'hui le gouvernement d'Alger; ou bien il est l'excès de l'abus du gouvernement despotique et, i5 pour ainsi dire, la corruption de ce gouvernement.
Le gouvernement est encore toujours militaire dans l'intervalle qu'il y a entre le renversement du gouvernement civil et l'établissement d'un autre gouvernement civil, comme fut le gouvernement de 20 Rome depuis l'usurpation de Sylla jusqu'à son abdication, et depuis le Triumvirat jusqu'à l'établissement d'Auguste. Et, enfin, depuis la subversion de cet établissement, Rome devint un empire qui détruisoit ses propres villes, en donnoit le saccage- ^5 ment et la destruction pour la solde de ses soldats. Comment la payer dans la suite? C'est ainsi qu'en
agirent C'est ainsi qu'on agit dans la guerre
civile entre Vespasien et Vitellius, lorsqu'on donna le saccagement de Vérone aux soldats. Dans lç 3o
Triumvirat, ne promit -on pas le saccagement de trois villes T ?
240* (1768. III, f° 68 v°). — IIe volume Politica : — Différentes sortes de gouvernements par rapport à 5 la différente sorte de milice2.
241* (1771. III, f° 69). — Gouvernement militaire. — Il faut que le Prince soit son propre général, comme le Mogol.
242* (1772. III, f°69). — Du gouvernement despo-
10 tique militaire : Le Mogol, les Tartares. — Du
gouvernement aristocratique militaire : Alger. — Du
gouvernement démocratique militaire: Y en a-t-il?
243*(i70Ç). III, f°42v°). — Ce que j'ai dit des despotes qui ont une armée à eux pour contenir les 15 Timariots se peut dire de Rome, qui avoit une armée dans son sein, qui étoit son peuple, pour contenir les troupes des villes alliées.
244*(i857.III, p. 108). — L'art s'établit et prend la place du bon sens et de la prudence, qui doivent 20 conduire les citoyens. Les jurisconsultes sont bien aise de voir que l'on soit obligé de recourir à eux à chaque pas que l'on fait dans ses affaires, et les juges ne sont pas fâchés d'exercer leur autorité sur ceux que les jurisconsultes leur envoyent.