XI. ANGLETERRE
1657 (SyS. I, p. 358). — Un historien anglois a dit de Henri VIII, ce que nous pouvons fort attribuer à Louis XI, que, si Ton avoit perdu la mémoire des Denys, des Néron, des Caligula, ce règne pourroit 3 en retracer Tidée. Henri VIII pendoit les Catholiques, qui ne le croyoient pas chef de TÉglise ; il brûloit les Protestants, qui s'éloignoient du sentiment des Catholiques. Pour (Sous) Louis XI, aucun seigneur n^étoit sûr d'être en vie le lendemain. lo
4658(583. I, fo 445).— Je voyois dans V Histoire de Burnet que Henry VIII, dans une loi qu^il fit,
ordonnoit à tous ses sujets de croire que La
vie de Néron ne fait pas voir un tyran si cruel que celle de Henry VIIL Le peuple étoit gouverné, i5 sous les formes de la justice, de la fi^çon la plus injuste.
1659 (626. 1, f* 452). — C'est une cruelle histoire que celle de Henry VIIL Pas un honnête homme dans tout son règne! Il en faut peut-être excepter 20 Cranmer et sûrement More. C'est là que Ton voit que les tyrans qui veulent se servir des loix sont aussi tyrans que ceux qui les foulent aux pieds. Ce roi faisoit faire à son parlement les choses qu'il n^auroit jamais osé entreprendre lui-mêfne. Quelles 25
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loiz quMl fît faire, qui obligeoient une fille qu^un roi épouseroit de déclarer si elle n'étoit pas vierge, à peine de trahison. Idem, aux mères et parents qui Tauroient su, de faire pareille déclaration, à peine
5 de ntisprision et de trahison. On n'osa pas lui annoncer sa mort prochaine, de peur qu'il ne punît par le statut fait contre ceux qui auroient prédit la mort du Roi, qui étoit devenu trahison ^
En i33g, sous ce règne, on commença à faire le
10 procès aux gens sans les entendre, et les condamner. Peut-être cela a-t-il pris son origine dans des temps plus barbares, comme (je crois) les bills dC attainder .
1660 (65 1. 1, f0 458 v^). — Henry VIII, homme coni3 tradictoire! II faisoit pendre les Catholiques et
brûler les Protestants. Il demandoit à son parle- . ment des subsides pour la guerre; ensuite, il en
demandoit pour la paix: laquelle (disoit-il) lui avoit
coûté plus que la guerre la plus onéreuse. Il fit 20 déclarer son mariage nul avec Anne de Boulen, et
la fit, en même temps, condamner comme adultère.
Tout le reste de sa vie est de même pièce. Il fit
Cromwel pair et chevalier de la Jaretière, et, ensuite,
lui fit couper la tête pour cela.
25 1661 (787. I, p. 5ro). — Je ne suis pas étonné que Henry VIII eût une puissance tyrannique; c'étoit dans le moment où la puissance de la Noblesse
I . Voyez les deux roix Philippe III et IV, dans l'extrait de Sidney : ce qui est dit sur eux.
venoit d'être abolie, et où celle du Peuple commença à prendre le dessus. Dans cet intervalle, le Roi devint tyran.
1662 (648. 1, f* 457 V**). — Dans les différents changements de religion en Angleterre, les ecclésias- 5 tiques des différents partis se brûloient tour à tour.
4663*(75. 1, p. 66). — Quand Elisabeth donna des juges à Marie Stuart, elle affoiblit, dans l'esprit des Anglois, ridée de la grandeur souveraine.
Il y a apparence que Cromwell n'auroit jamais 10 imaginé de faire couper la tête à l'un (sic), si on n'avoit fait couper la tête à l'autre.
d664 (1142. II, f* 78 v<>). — Mare liberum sive de Jure quod Batavis competit ad Anglicana Conh mercia'. — Ils ne demandoient, d'abord, que la i3 liberté; à présent ils demandent l'empire.
d665 (681. 1, p. 470). — Si Charles I*^ si Jacques II, avoient vécu dans une religion qui leur eût permis de se tuer, auroient-ils reçu tant d'outrages de la Fortune? — Quelle mort que celle de l'un! et quelle 20 vie que celle de l'autre 2!
d666(i5i4. II, f* 229 v^). — De nos jours, ceux qui jugèrent Charles P^ eurent presque tous une fin tragique. Il est impossible de faire des actions pa-