‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 172 sur 263 · I . Voyez la page 3 de ce volume · texte numérisé non relu

I . Voyez la page 3 de ce volume

J'ai remarqué que, de dix personnes condamnées à la question, il y en a neuf qui la souffrent. Si tant d'innocents ont été condamnés à une si grande peine, quelle cruauté ! Si tant de criminels ont échappé à la mort, quelle injustice ! 3

Mais on ne peut pas (dira-t-on) rejeter une pratique autorisée par tant de loix. — Mais, par la même raison, il n'auroit pas fallu abolir la preuve tirée du fer chaud, de l'eau froide, des duels, ni l'absurde et infâme congrès. Il faudroit encore punir comme lo sorciers tous les gens maigres ou qui ont un poumon fait de manière à les tenir sur l'eau.

Menochius (livre P^, question 89) traite des indices pour la torture. Il en met d'absurdes, comme ceux tirés de la mauvaise physionomie, ex nomine turpi^ i5 de ce que l'accusé a fait couler le sang d'un cadavre.

La question vient de l'esclavage : servi torquebanturin caput dominorum; et cela n'est pas étonnant. On les fouettoit et tourmentoit en cette occasion 20 comme on faisoit en toutes les autres, et pour les moindres fautes. Comme ils n'étoient pas citoyens, on ne les traitoit pas comme hommes. Cela n'étoit pas plus extraordinaire que la loi qui mettoit à mort tous les esclaves de celui qui avoit été assassiné, 25 quoique Ton connût le coupable.

1955(1207. II, f*^ gS). — Les préceptes de Lycurgue et de Socrate sur l'amour pour les garçons, nous font voir le penchant déterminé des Grecs pour ce vice, puisque les législateurs songèrent à faire usage 3o

de ce penchant, en le réglant, à peu près comme Mad^ de Lambert et les moraux d'aujourd'hui ont pensé à faire usage de l'amour pour les femmes et de celui des femmes pour les hommes, en purifiant 5 cet amour et en le réglant. Quand un législateur employé un mobile, il faut qu'il le juge très fort.

1956 (iSSg. II, f' 187). — Il faut que le crime de la sodomie ne fût pas autrefois si ridicule qu'il [i'Jest. L'ordonnance d'un grand-duc de Florence : poi che, 10 nei tempi di dietro, nostri fidelissimi sudditi non si sono punto guardati de la sodomia, il établit les peines qui sont (je crois) : 25 écus d'amende pour l'agent; moins, pour le patient. On ne feroit plus une loi pareille.

i5 4957* (1539. II, f*^ 240 v<>). — A Rome, l'injuste accusateur étoit condamné au talion et à l'infamie, avec la lettre K sur le front, par la Loi Remmia. D'où il suit que le K se prononçoit comme le C.

4958 (3 16. I, p. 332). — Je voudrois faire cette loi 20 en Espagne :

€ Défendu à ceux qui auront été repris de justice d'exercer le labourage, les arts libéraux ; mais leur permettons de vivre d'aumône. »

« Tout homme qui en appellera un Siutre fainéant , 23 paresseux, sera condamné à une amende et poursuivi criminellement. »

4959(480. 1, p. 402). — «Il y a (disois je) en Europe

trop d'intolérance et trop de tolérance: Espagne, Angleterre. >

1960 (3o6. I, p. 327). — Il est dangereux de faire sortir de l'humiliation ceux qu'un consentement unanime y a condamnés. 5

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