SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES 49I
causes iiiaturelles et physiques, jusques à ce que Socrate coupa racine à tout, en soumettant la nécessité des causes naturelles à un principe divin et intelligent. La doctrine d^un être intelligent n'a 3 donc été trouvée par Platon que comme un préservatif et une arme défensive contre les calomnies des Payens zélés.
2098(711. 1, p. 480). — Pensée de Plutarque, dans la Vie de Nicias : que Platon, en admettant un 10 esprit supérieur qui gouverne le Monde, fit taire la calomnie, qui regardoit comme athées tous ceux qui soutenoient le mouvement régulier des astres et expliquoient physiquement les phénomènes célestes, qu'on appeloit météorologues,
.3 2099* (1557. II, f> 249 v<>).— Platon nous dit que l'opinion des Enfers est très propre à amollir le cou* rage. Cela peut en ôter; cela peut en donner.
2100* (2 T. I, p. i5). — La secte d'Épicure a beaucoup contribué à l'établissement du Christianisme :
20 car, en faisant voir la stupidité du Paganisme et les artifices des prêtres, elle laissoit sans religion des gens accoutumés à un culte. Quoique les Chrétiens fussent ennemis mortels (témoin Lucien, qui, épicurien ou à peu près, invective cruellement les
33 Chrétiens), cependant, les uns et les autres étoient traités par les prêtres payens comme ennemis, comme profanes, comme athées. Ils y mettoient seulement cette difiérence qu'ils ne persécutoient
pas les Épicuriens, parce qu'ils ne brisoient point les statues, et qu'ils n'avoient que du mépris, non pas de la haine, pour la religion dominante.
Lors donc que les Chrétiens attaquèrent les erreurs payennes, ce fut un grand avantage pour eux de b parler la langue de la secte d'Épicure, et, lorsqu'ils établirent leurs dogmes, c'en fut encore un très grand de parler celle de la secte de Platon. Mais c'est gratuitement que nous avons pris le jargon d'Aristote, et je ne sache pas que nous y ayons lo jamais rien gagné.
2401* (72. 1, p. 66). — Les Stoïciens croyoient que le Monde devoit périr par le feu. Ainsi les esprits furent préparés à écouter cette prophétie de Jésus- Christ, qui a prédit que la fin du Monde arriveroit i5 de cette façon.
2102 (924. II, f* 1 5 y^), — Les cas de conscience que les philosophes payens se sont proposés marquent une si grande candeur d'âme et tant de délicatesse qu'il y a peu de Chrétiens qui osent se juger ao sur leurs principes. Voyez le cas du marchand de bled dans les Offices de Cicéron". On voit avec plaisir que la charité chrétienne n'exige guère de nous que ce que les Payens sentoient que l'humanité et l'amour du bien commun exigeoit (sic) d'eux. 25
2103* (147 1. II, f" 217). — Je crois que ce qui fit