I. IDÉES RELIGIEUSES
2110 (825. 1, p. 532). — Ce qui me prouve la nécessité d'une révélation, c'est l'insuffisance de la Religion naturelle, vu la crainte et la superstition des
3 hommes : car, si vous aviez mis aujourd'hui les hommes dans le pur état de la Religion naturelle, demain ils tomberoient dans quelque superstition grossière.
2111 (452. 1, p. 391). — Un jeune homme qui, par 10 ses raisonnements, n'est capable de prouver sa
religion, ni de la détruire, se donne l'air d'en faire des railleries. Je dis qu'il se donne un air : car les railleries semblent supposer qu'il a raisonné, qu'il a examiné, qu'il a jugé; enfin, qu'il est sûr de son fait.
i5 2112(481. 1, p. 402). — On dispute sur le Dogme,
et on ne pratique point la Morale. C'est qu*il est difficile de pratiquer la Morale et très aisé de disputer sur le Dogme.
2113 (Sp., f*» 472 V*»). — Sur la Religion.— Quand je crois ce que je pense, je cours risque de me trom- ^ per. Mais, quand je crois ce qu'on me dit, j'ai deux craintes: Tune, que celui qui me parle se trompe; l'autre, qu'il ne veuille me tromper.
2114(956. II, f^ 22). — Nous n'avons pas la R[eligion] de la première main, mais peut-être de la 10 dixième.
2115* (981 . II, fo 28). — Prophéties. — Si elles sont obscures, on dit qu'elles ne s'appliquent pas. Si elles sont claires, on dit qu'elles ont été faites après coup.
2116*(ioio.II, f*37). — Dans les points peuimpor- tS tants de controverse, querelles où la Religion se fait la guerre à elle-même.
2117* (1454. II, f>2i3 v°). — Dieu est comme ce monarque qui a plusieurs nations sous son empire: elles viennent toutes lui porter le tribut, et chacune 20 lui parle sa langue. (Religions diverses.)
2118 (Sp., p. 322). — L'argument de M. Pascal : « Vous gagnez tout à croire et ne gagnez rien à ne pas croire», très bon contre les athées. Mais il n'établit pas une religion plutôt qu'une autre. 25