CRITIQUE HISTORIQUE I
genre d'hommes qui exercent journellement et exactement les mêmes cruautés que ces gens-là, et qui croyent faire bien ? — Ce sont les Inquisiteurs d'Espagne et de Portugal.
5 1448 (693. 1, p. 476), — On ne peut pas dire qu'une chose n'a pas été faite, parce qu'elle est extravagante. Séjan ne faisoit-il pas des sacrifices à luimême?
1449 (91 1. II, f^ 1 3). — On ne jugera jamais bien des 10 hommes si on ne leur passe les préjugés de leur temps.
1450* (78. I, p. 68). — Le père Calmet doute de l'existence du (sic) Sanchoniathon, et les raisons qu'il en apporte ne peuvent faire que pitié.
i5 II dit que Porphyre, grand ennemi des Chrétiens, l'a supposé afin de faire rapporter aux Payens tout ce que Moïse attribue aux Juifs. Il est vrai que tout ce qui part des mains de Porphyre doit nous être suspect. Mais, si l'on fait attention au récit du San-
20 choniathon, on le verra si différent, et conforme en de si petites circonstances, et si peu essentielles, qu'on ne peut se servir de cette conformité pour rejeter un auteur vénérable par son antiquité, et le seul qui nous représente tous les auteurs de l'histoire
25 phénicienne.
2^ Si une telle raison de conformité a lieu, il faudra aussi rejeter Phérécide, qui commence son livre comme celui de Moïse. Il faudra rejeter Ésope, dont
saint Paul copie une pensée; cet autre auteur dont saint Paul a pris « Cretenses semper mendacesy ventres pigrii^. Il faudra rejeter toute la secte platonicienne, qui a parlé comme saint Jean. Il faut faire le procès à M. rÉvêque d'Avranches, qui a soutenu que les 5 patriarches n'étoient point différents des héros de l'Antiquité. Il faut foudroyer le père Thomassin comme un homme qui veut avilir le législateur des Juifs, et regarder ces deux grands hommes comme de nouveaux Porphyres. 10
Porphyre n^avoit-il que ces sortes d'avantages à prendre contre les Juifs ?
Ce n'est pas, au moins, comme raisonnoit Appion. Il alloit droit au but : il leur disoit que, dans leur origine, ils étoient une multitude de lépreux; que '^ Moïse étoit un prêtre d'Héliopolis; qu'il leur donna une loi en haine des Égyptiens, qu'ils avoient servis. Il nioit, ensuite, atténuoit ou expliquoit à sa fantaisie tous les miracles de l'Ancienne Loi. Voilà quels coups il portoit, et non pas de ces coups détournés 20 qui sont des coups perdus.
1451*( 142. 1, p. 126). — Contradiction de Marsham » , qui fonde son livre sur un passage de Syncelle, qui est un auteur ancien, et qui, une page après, dit que le Syncelle est un homme sans foi et sans jugement 3. 25
1452 (1378. II, fo 197 vo). — Il faut réfléchir sur la Politique d'Aristote et sur les deux Républiques de