LA CONTRIBUTION ET LA PÉNITENCE
3. Reste la satisfaction ou pénitence. Nous n'avons pas à nous occuper ici de la satisfaction proprement dite, restitution de biens mal acquis, réparation de dommages causés, que le confesseur doit toujours exiger lorsque l’aveu a comporté des fautes graves, puisque nous examinons moins le sacrement de Pénitence que la pratique annuelle de la confession en tant que telle et comme acte de religion. Dans ce cas, comme le plus fréquemment les fautes accusées sont relativement légères, la pénitence imposée n'est alors qu'un acte de piété, récitation d’une prière ou autre, plus ou moins en proportion avec ce que l'on a accusé. Cela ne peut apparaître aux yeux du pénitent que comme une satisfaction envers Dieu.
Mais l'important est que cette satisfaction est fixée par le confesseur ; et c’est comme telle que l’acte demandé possède une efficacité plus grande qu’une prière dite spontanément. De plus le fidèle, la plupart du temps, ne tient aucun compte des distinctions théologiques relatives à cette efficacité sur le reatus culpae et sur le reatus poenae, de telle sorte que l’accomplissement de sa pénitence revêt toujours plus ou moins un caractère quelque peu magique. Et surtout il accomplit, en la faisant, un acte d’obéissance et de foi en l’autorité religieuse de l'Eglise. La volonté est orientée sans doute vers son amélioration morale, puisque l'on doit prendre la résolution de ne plus retomber dans les mêmes fautes; mais elle est orientée surtout vers une amélioration, dont c’est l'Eglise qui est la directrice.
T1 apparaît donc que le degré de piété qui consiste à ajouter la confession annuelle à la pratique de la Messe dominicale, a pour objet et pour résultat de renouveler et de fortifier l’adhésion de la volonté et de la conscience à l'Eglise. C’est moins une piété envers Dieu qu’une piété envers l'Eglise. Plus exactement celle-là se développe par celle-ci Nous voyons ainsi que le sentiment religieux pénètre de l'extérieur vers l’intérieur et essaie de transformer les consciences en commençant par les conformiser, si l’on peut dire, aux principes et aux directions de l'Eglise. La Messe affermit la foi en elle, la confession affermit l’obéissance et la soumission de la volonté,
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La communion annuelle, ce qu'on appelle « les Pâques », est un acte encore plus ecclésiastique et c'est surtout comme tel que l’envisagent ceux qui s’y soumettent.
Théoriquement en effet, la plupart, sinon tous, savent que « faire ses Pâques », c’est recevoir le sacrement de l’Eucharistie et que ce sacrement contient le corps et le sang de Jésus- Christ. Mais, sauf pour les fidèles dont le degré de formation à la piété est assez élevé, cette connaissance n'’éveille d’abord aucune émotion à proprement parler. Elle tient dans leur conscience religieuse la place que tiendrait une explication technique d’un fait quelconque: elle est ce qu’ils doivent savoir, elle ne correspond qu’en partie à la conscience qu'ils ont de ce qu'ils font. |
Là encore, plus que pour la confession, il est extrêmement difficile de se rendre compte de ce qu'est cette conscience. La confession demande un effort de réflexion et il y a nécessairement une part plus ou moins grande, mais toujours réelle, d’activité personnelle. Dans la communion, au contraire, quoiqu'il en soit, des conditions nécessaires pour qu’elle se fasse bien, il est beaucoup plus facile d’y apporter davantage de mécanisme ou d’automatisme. L'acte accompli par le fidèle peut se réduire à une démarche purement matérielle, sans que rien ne lui fasse sentir l'insuffisance de ce qu’il fait. Dans ce cas, il n’éprouve aucun besoin d’en rendre compte. Si on l’interroge, on n’aura donc que des réponses inspirées par ce qu’il sait de catéchisme, non une expérience personnelle. Le seul fait précis dont nous puissions disposer est celui de la fréquence des communions purement machinales. Il est vrai que, dès qu’il y a une certaine piété, nous avons pour nous renseigner les instructions des prédicateurs, qui, évidemment, s’inspirent de ce qui se fait pour recommander ce qui doit se faire.
La principale raison pour laquelle les fidèles ordinaires font leurs Pâques, et même pour beaucoup la seule, c’est le
précepte religieux de l'Eglise. C'est un acte religieux parce que c'est un acte commandé.