LE CONTACT AVEC L'OBJET
des apports de l’éducation, comme le veut Bergson à propos des données immédiates de la conscience, il faut le trouver au-delà de ces apports, en les utilisant, en les fécondant, en les dépassant.
Ceci se fait déjà lorsqu'il s’agit de saisir la réalité de cet objet, mais plus encore lorsqu'il faut en comprendre la valeur. C'est un troisième pas à faire pour la formation de la piété. Nous allons l’étudier à propos de l’influence des prières liturgiques.
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La VALORISATION de l'objet de la piété par les PRIÈRES LITURGIQUES.
Nous ne sommes encore qu'au début de la formation de la piété. Le fidèle se trouve maintenant placé devant un objet et la première action de l'Eglise a été de l’amener à regarder cet objet, volontairement accepté comme présent devant lui. Mais de quelle façon doit-il le regarder?
Nous allons nous en rendre compte en poursuivant notre examen par l'étude des pratiques qui viennent s'ajouter immédiatement après celles qui sont de stricte obligation, c’est-à-dire l'assistance aux réunions liturgiques des dimanches et des fêtes. Sans doute cette assistance peut se faire très souvent d’une manière assez passive, mais dans ce cas il ÿ a arrêt dans le développement de la piété et nous n'avons pas à nous en occuper. Voyons au contraire ce qui se passe pour le fidèle qui s’astreint à ces pratiques par religion et qui par suite se soumet à leur influence.
: Ces prières liturgiques, pour les fidèles d'aujourd'hui, sont de deux sortes: les Vêpres et les Bénédictions du Saint-Sacrement. Observons d’abord les unes et les autres.
Un trait leur est commun: elles n'ont ni l’une ni l’autre un caractère sacramentel56), Ce sont des prières, mais elles n'ont pas pour objet de réaliser une grâce déterminée, comme la Messe qui apporte aux assistants jes fruits de la Rédemption. Pour mieux dire, ce ne sont pas même des prières de demande, ou bien les demandes qu'on y fait ne sont que très générales et dans ce que l’on demande et dans ceux pour qui on le demande. Ce sont bien plutôt des expression de respect, des
56) Il faut noter Cependant que si elles ne sont pas des sacrements, elles sont aux yeux de la théologie des « Sacramentaux », produisant la grâce, non PàaS ex opere operato, mais ex opere operantis.