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L'OBJET DEVIENT UNE VALEUR

ils le font en se plaçant au centre, non de l’intellectualité, mais de l’affectivité. Par suite, à mesure que la piété se précise, ce par quoi elle se précise prend aux yeux de la conscience, non pas une clarté plus grande en tant qu’objet de présentation, mais une force d'attraction plus vive, en tant qu'objet d'affection: c'est ainsi par exemple, que les prières des Vêpres et Bénédictions sont davantage goûtées et par suite plus attirantes, pour conduire de nouveau aux prières liturgiques.

Nous ne sommes donc plus dans ce qui concerne la sensation ou l’intellection proprement dites, mais déjà un peu dans ce que Pascal appelle l’ordre de la charité (bien que, nous ne l’ignorons pas, cette expression aille beaucoup plus loin), ce qui veut dire que le fidèle est invité à ouvrir, non seulement ses yeux, mais encore son « coeur » (toujours au sens de Pascal). Par suite l’objet qu’on lui présente n’est pas seulement un ensemble de thèmes de réflexions, mais un ensemble de valeurs, en donnant à ce mot le sens assez général d’objet, non de représentation pure, mais de représentation affective.

De là cette conséquence: à mesure que la piété se forme intérieurement, son objet se forme extérieurement, au moins dans la connaissance que l’on en a, ou plutôt se détermine comme objet. Il prend une consistance plus ferme, en devenant une valeur, en attendant qu’il prenne une signification plus riche en tant qu'idée.

Au point où nous en sommes, nous pouvons donc établir ceci: l’action de la société religieuse a consisté à présenter à ses membres et à leur faire accepter certains thèmes, qui sont devenus, à mesure de leur acceptation, des valeurs, lesquelles constituent ce que nous pouvons désigner comme l’objet de la piété. Sans doute l'individu doit apporter une part d'activité personnelle, pour qu’il y ait réellement valorisation de cet objet — et nous aurons à voir en quel sens se fera dans la suite cette valorisation —; mais de plus cet objet, que nous avons vu jusqu'ici en tant que placé devant le sujet, est destiné à devenir non seulement objet, mais principe de piété — et nous aurons à voir aussi en quel sens. Toutefois cette activité n'est jusqu'ici que fort élémentaire. Il faut que ce qui est commencé se déve-

loppe. Comment l'Eglise va-t-elle assurer cette continuation? Dans quelle mesure sera-ce l’objet tel qu’il est présenté qui l’assurera? et dans quellé mesure sera-ce la présentation ellemême en tant que venant de l'Eglise?

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