‹ Pensée constructive et réalités spirituelles: Essai de psychologie formelle à propos de l'ascétisme religieuxChapitre 40 sur 165 · I. — Remarquons d’abord ceci: l'influence de la Messe · texte numérisé non relu

I. — Remarquons d’abord ceci: l'influence de la Messe

est ex parte objecti très complexe, mais l’action fournie par le sujet est très une et très simple. La preuve en est que la très grande partie des fidèles ignorent et n’éprouvent nul besoin de connaître en détail l’histoire ou la signification précise des différents éléments de la Messe. Ce qu'ils en retirent c’est une impression d'ensemble, au travers de laquelle chaque détail prend pour eux une portée, qui peut du reste fort bien n'être pas la même pour tous. Qui plus est, c’est ce qui leur est expressément recommandé: ce ne serait pas faire oeuvre de piété que de faire de l’histoire ou de la théologie à la Messe. I1 faut au contraire suivre les « mouvements de la grâce », c’està-dire pratiquement s'attacher à ce qui frappe et impressionne.

Or nous avons vu précisément que le résultat des pratiques pieuses plus élémentaires a été la préparation d’une unité morale plus accentuée dans la vie religieuse. Il semble qu’à la Messe cette unité descend petit à petit dans le fond de la conscience religieuse, attirant à elle pour les fondre ensemble des éléments de plus en plus nombreux, si bien que les idées et sentiments prennent une coloration de plus en plus nette, venant de ce fond de la conscience.

L'activité du fidèle consiste donc à rendre conscients d’euxmêmes ces éléments de vie qui lui sont présentés par son milieu éducatif. Ce qu’on lui fait faire ou penser, il le fait ou il le pense de lui-même, parce qu’il prend conscience qu’il le fait ou le pense. Mais cette prise de conscience n'est pas simplement le fait de projeter plus de lumière sur les actes ou les pensées : elle est leur organisation en un tout unique. Plus exactement cette conscience est le résultat d’une activité qui se détermine: mieux encore, elle est la détermination elle-même de cette activité. Le fidèle n’a cette conscience que dans la mesure où d’agi il devient agissant, et cette conscience, c’est l'essence même de sa subjectivité.

I nous faut donc distinguer de la formation d'ensemble de la piété qui est l'oeuvre de l'Eglise, une information du sujet par lui-même dans cette piété, laquelle n’est pas moins nécessaire pour qu’il y ait vraiment piété. Faute de cette distinction, ou bien négligeant l’apport individuel, on ne verra que l'extérieur de la piété, et alors on ne considérera que l'oeuvre et on

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