‹ Pensée des jardinsChapitre 17 sur 55 · SUR DES TOMBES CELESP..ES · texte numérisé non relu

SUR DES TOMBES CELESP..ES

Je reçois, de gens qui m'admirent, des souvenirs qui touchent à Jean-Jacques. La photographie de son tombeau à Fîle des Peupliers m'a ravi. Quelle fraîcheur I II semble que des enfants y vont venir couper des branches, les écorcer, en faire des sifflets. C'est bien ce qui doit orner une telle tombe : une petite fille du peuple, assise, des larmes aux yeux, et tenant dans ses mains un pipeau de bois vert et une pomme à demi rong-ée, la pomme de la neuvième Rêverie...

De cet autre écrivain, mais étranger et

noderne, j'ai songé à ce que pourrait être a tombe d'après une photographie intime. 1 tourne le dos à un lit monumental sur quoi !st étendue, de tout son long*, une belle emme — non point une femme pour poète )arnassien, travestie en muse, ou décolletée, »u nue, — mais une femme du monde, 'êtue sévèrement, et dont la splendeur s'haraonise avec cet autel funéraire.

Et le lieu où chaque homme souhaiterait [ue fût son tombeau, rocher que le flot og-ne, lac où le cyg-ne se dédouble, piereuse bastide provençale, brume ouatée des »ég"uinag-es. Panthéon où se puisse arrêter 3 poonpier formidable et la bonne d'enfant : l'est-il point aussi d'une suprême sig-nifica- Lon?

Sur mon tombeau, je voudrais la jeune lie de France la plus passionnéç, réservée t farouche.

Page 1