‹ Pensée des jardinsChapitre 19 sur 55 · DE LA. TRANSMISSION ET DE LA (( COMPREHEN- SIOX » UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

DE LA. TRANSMISSION ET DE LA (( COMPREHEN- SIOX » UNIVERSELLE

Tout est transmission. De même que l'on retrouve effectivement, dans le chant de l'oiseau, le bruit des eaux qu'il a bues, des brises qu'il a respirées, on pourrait, en décomposant le fracas des machines, y reconnaître le choc des marteaux, les halètements du feu, des ordres brefs jetés çà et là, en un mot toute la rumeur de la forge où elles furent construites. Pas une cellule d'acier qui ne soit sensible, qui n'ait été brutalement réceptrice, et qui n'émette à son tour mathématiquement.

Par le fil conducteur qui relie « la houille blanche » à l'exploitation, s'écoulent, mêlés à la force motrice, le bruit des torrents, des avalanches, du vent dans les sapins, les chansons des pâtres, les bêlements des agneaux. Et la musique n'est que l'art d'isoler, au bout d'un archet, certaines phrases du lang"age total proféré par la nature et touiours en puissance dans l'espace.

Gela conduit à penser qu'un parfumeur, qu'un peintre, qu'un sculpteur ou qu'un cuisinier remplit un ministère aussi noble que celai d'un musicien.

Ils isolent, de l'Univers, où elles sont confondues,et il systématisent — Dieu sait comme ! — l'odeur de l'ylang^-ylang-, la couleur d'un poisson, la forme d'une femme et la saveur du céleri. Mais ici l'archet devient alambic, pinceau, ébauchoir ou cuillère.

Page 1