SUR LE LAMIER POURPRE
Ilappartient à la série des plantes clei'sfogames : c'est-à-dire que certaines de ses fleurs ne s'ouvrent jamais, et que c'est dans une prison de pourpre, la corolle toujours close, que se passe, de la naissance à la mort, l'existence du pistil et des quatre étamines. Quel m^tère enveloppe les amours de cette épouse en proie à quatre époux dont deux sont plus petits? (Tétradynamie.) Lorsque l'ovaire est fécondé, la fleur ne s'ouvre pas davantage au soleil, mais elle se détache et ce n'est qu'enfouie dans le sol, c'est dans la tombe, qu'elle accouche de ses g^raines.
PENSEE DES JAUDINS
SUR LA FLEUR DE L OPHRYS-ÂBEILLE
Cette fleur a un corselet velu, des pattes velues aussi, un abdomen tig-ré et des ailes étendues. Elle représente l'insecte même qu'elle veut séduire. N'est-ce point là une suprême hypocrisie? J'ai vu, un jour que je tenais cette fleur à la main, des frelons furieux la harceler. Sans doute, ils avaient reconnu le subterfuge de la corolle sur laquelle ils s'étaient posés à peine, mais assez pour la rendre mère. Ainsi la beauté parfois nous trompe. Nous la faisons semblable à nousmêmes. Et, comme l'un de ces frelons,
rhomme qui s'aperçoit qu'il a été learré par l'apparence harcèle et parfois poig-narde la femme qui l'a tenu entre ses bras.