V. Gr
2. Entendez : tandis que la comparaison avec d'autres créatures nous afflige, la comparaison avec l'infini met toutes choses sur le même plan que nous et nous console. V. Gr., j.
j. Entendez : il n'est rien qui n'ait
avec l'homme un rapport d'alliance ou de liaison, tant sa nature est complexe.
4. Ou, comme on dit encore en philosophie : conditionnées ou inconditionnées, dépendantes ou indépendantes.
de si inconcevable que de dire que la matière se connaît soimême. Il ne nous est pas possible de connaître comment elle se connaîtrait ^
Et ainsi si nous sommes simplement matériels, nous ne pouvons rien du tout connaître, et si nous sommes composés u'esprit et de matière, nous ne pouvons connaître parfaitement les choses simples, spirituelles ou corporelles ^.
De là vient que presque tous les philosophes confondent les idées des choses, et parlent des choses corporelles spirituellement et des spirituelles corporellement 5. Car ils disent hardiment que les corps tendent en bas, qu'ils aspirent à leur centre, qu'ils fuient leur destruction, qu'elle craint le vide, qu'elle a des inclinations, des sympathies, des antipathies, qui sont toutes choses qui n'appartiennent qu'aux esprits. Et en parlant des esprits, ils les considèrent comme en un lieu, et leur attribuent le mouvement d'une place à une autre, qui sont choses qui n'appartiennent qu'aux corps.
Au lieu de recevoir les idées de ces choses pures 4 nous les teignons* de nos qualités, et empreignons* [de] notre être composé toutes les choses simples que nous contemplons.
Qui ne croirait, à nous voir composer toutes choses d'esprit et de corps, que ce mélange-là nous serait bien compréhensible? C'est réann.oins la chose qu'on comprend le moins. L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature ; car il ne peut concevoir ce que c'est que corps, et encore moins ce que c'est qu'esprit, et moins qu'aucune chose comme un corps peut être uni avec un esprit ; c'est là le comble de ses difficultés, et cependant c'est son propre être : Modus quo corporibus adhureiit spiritus comprcheudi ah hominihiis non poiest, et hoc iamcn honio est 5. Enfin, pour con-
1. Pourquoi, demande sans cesse Voltaire, Dieu n'aurait-il pu donner à un amas de matières la faculté d'apercevoir et de pensjr ? Pascal, on le voit, avait répondu d'avance que c'était demanJer à Dieu de réaliser l'absurde et de rc.idre par exemple un rond carré ou un composé simple.
2. Dans une pr-nnère réd.iction, Pascal avait conclu ce raisonnement par un trait énergique qui rappelle le titre même de ce fragment. <t Concevons donc que ce mélange d'esprit et de boue nous disproportionne. »