‹ Pensées (volume 2)Chapitre 112 sur 306 · Ent. : dans une persuasion certaine. V. Gr · texte numérisé non relu

Ent. : dans une persuasion certaine. V. Gr

4. C'est le ton ému de l'apôtre, ''accent même de certaines épitres de saint Paul.

5. Ent. : qu'il y a égalité de chance et de perte. V. parti au Vocabulaire.

6. Tout cela, à savoir l'ensemble de la révélation chrétienne.

5. Pit'faee. Les preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes, et si impliquées, qu'elles frappent peu ; et, quand cela servkait à quelquesuns, cela ne servirait que pendant l'instant qu'iis voient cette démonstration, mais une heure après ils craignent de s'être trompés.

Quod curiositate cognoveri [n]/ superbia amiserunt ' .

C'est ce que produit la connaissance de Dieu qui se tire sans Jésus-Christ, qui est de communiquer^ sans médiateur' avec le Dieu qu'on a connu sans médiateur. Au lieu que ceux qui ont connu Dieu par médiateur connaissent leur misére4.

(Jésus-Christ est l'objet de tout et le centre où tout tend. Qui le connaît, connaît la raison de toutes choses s.)

Ceux qui s'égarent ne s'égarent aue manque de voir une de ces deux choses 6. On peut donc oien connaître Dieu sans sa misère, et sa misère sans Dieu ; mais on ne peut connaître Jésus-Christ sans connaître tout ensemble et Dieu et sa misère.

Et c'est pourquoi je n'entreprendrai pas ici de prouver par des raisons naturelles ou l'existence de Dieu, ou la trinité 7, ou l'immortalité de l'âme, ni aucune des choses de cette nature ; non seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis ; mais encore parce que cette connaissance, sans Jésus-Chbist, est inutile et stérile. Quand un homme serait oersuadé que les proportions des nombres sont des vérités immatérielles, éternelles, et dépendantes d'une première vérité en qui elles subsistent, et qu'on appelle Dieu, je ne le trouverai pas beaucoup avancé pour son salut 8.

1. « Ce que leur esprit curieux leur avait fait trouver, leur orgueil le leur a fait perdre. » (Saint Aug., t. V, p. 685.) Bossuet, commentant le même texte, dit de la philosophie qui n'est pas soumise à la sagesse de Dieu : « Elle n'engendre que des superbes et des incrédules. »

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