‹ Pensées (volume 2)Chapitre 131 sur 306 · Qui ne hait en soi son amour-propre, et cet instinct · texte numérisé non relu

Qui ne hait en soi son amour-propre, et cet instinct

qui le porte à se faire Dieu', est bien aveuglé. Qui ne voit que rien n'est si opposé à la justice et à la vérité ? Car il est faux que nous méritions cela; et il est injuste et impossible d'y arriver, puisque tous demandent la même chose. C'est donc une manifeste injustice où nous sommes nés, dont nous ne pouvons nous défaire, et dont il faut nous défaire.

Cependant aucune religion n'a remarqué que ce fût un péché, ni que nous y fussions nés, ni que nous fussions obligés d'v résister, ni n'a pensé à nous en donner les remèdes 4. (XXIV, 56 bis.)

35. Guerre intestine de l'homme entre la raison et les passions. S'il n'avait que la raison sans passions 5... S'il n'avait que les passions sans raison"^... Mais ayant l'un et l'autre, il ne peut être sans guerre, ne pouvant avoir la paix avec l'un

1. Autre preuve toute familière du péché originel : c'est le point fondamental de sa théologie ; jamais il ne le trouvera assez clairement démontré.

2. L'inclination vers le bien propre, si contraire aux intérêts généraux de la société, est ainsi une preuve de la dépravation originelle.

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