Elles := les grandeurs de charité
6. Ent. : car les grandeurs de chair ou d'esprit n'ajoutent ni n'ôtent rien aux grandeurs de charité.
7. Même sans l'éclat qu'il devait a sa parenté avec le roi Hiéron. (V.
Plut,, Marcellus, 14.)
8. Archimède personnifie aux yeux de Pascal ces hautes études qui avaient passionné sa jeunesse et dont il ne peut se défendre encore, on le sent, de parler avec transport.
saint, saint à Dieu % terrible aux démons, sans aucun péché. Oh ! qu'il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence, aux yeux du cœur, qui voient la Sagesse ^ !
Il eût été inutile à Archiméde de faire le prince dans ses livres de géométrie, quoiqu'il le fût. Il eût été inutile à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour éclater dans son régne de sainteté, de venir en roi : mais il y est bien venu avec l'éckt de son ordre.
Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ, comme si cette bassesse est du même ordre duquel est la grandeur qu'il venait de faire paraître 3. Qu'on considère cette grandeur-là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l'élection des siens, dans leur abandon*, dans sa secrète résurrection, et dans le reste, on la verra si grande, qu'on n'aura pas sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est pas. Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles, comme s'il n'y en avait pas de spirituelles; et d'autres qui n'admirent que les spirituelles, comme s'il n'}' en avait pas d'infiniment plus hautes dans la Sagesse.
Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pa^ le moindre de ses esprits; car i] connaît tout cela, et soi; et les corps, rien 4. Tour le; corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leur'' productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité; cela est d'un ordre infiniment plus élevé s.
1. C'est la même émotion intense qui anime le prophète, lorsqu'il est transporté en esprit devant l'Étemel :
i Des Séraphins se tenaient au-dessus de lui, et criaient l'un à l'autre :
Saint, saint, saint est l'Étemei des armées. » (Is., 6, 3.)
2. L'idéal de pureté morale, de sainteté absolue que réalise J.-C, c'est la ce qu- arrache à Pascal ses plus beaux cris de passion , et lui faitgoûter les mêmes ravissements d'âme qu'ont connus les saints : « Ohl quand donc habiterai-je une terre où fl n'y aura plus de péché 1 »
3. Bossuet n'a pas réfuté autrement ceux qui de l'obscurité de Jésus pré- I tendent tirer un argument contre sa divinité {Nativ.) : c S'il est méprisable, J
s'il est sans éclat, s'il est bas aux yeux des mortek, c'est le Jésus-Christ que je cherche. Il me faut un sauveur qui fasse honte aux superbes, qui fasse peur aux délicats de la terre, que le monde ne puisse goûter, que la -.agesse humaine ne puisse comprendre, .^ui ne puisse être connu que des humbles de cœur. »
4. Pascal reprend ici la hauf doctrine du Roseau pensant (I, 6), mais c'est pour la complète- par une doc trine plus sublime encore : les corps n'étaien* rien au pri-' de la pensée , la pensée à son tour n'est plus rien ai»
pnx de ia f-harité.