Comme on dit : la morale et le dogme
6. « Puisque le monde avec sa sagesse n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. » (I Cor., i, 21.)
8. Non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus- Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par Jésus-Christ. Nous ne connaissons la vie, la mort, que par Jésus- Christ. Hors de Jésus-Christ, nous ne savons ce que c'est que notre vie, ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes.
Ainsi, sans l'Écriture qui n'a que Jésus-Christ pour objet, nous ne connaissons rien, et ne voyons qu'obscurité et confusion dans la nature de Dieu et dans la propre nature '.
9. Sans Jésus-Christ, il faut que l'homme soit dans le vice et dans la misère; avec Jésus-Christ, l'homme est exempt de vices et de misère. En lui est toute notre vertu et toute notre félicité. Hors de lui, il n'y a que vice, misère, erreurs, ténèbres, mort, désespoir '.
10. Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisterait pas; car il faudrait, ou qu'il fût détruit, ou qu'il fût comme un enfer ',
^ 11. Les conditions les plus aisées à vivre* selon le monde sont les plus difficiles à vivre selon Dieu: et au contraire '. Rien n'est si difficile selon le monde que la vie religieuse ; rien n'est plus facile que de la passer selon Dieu. Rien n'est plus aisé que d'être dans une grande charge et dans de grands biens selon le monde; rien n'est plus difficile que d'y vivre selon Dieu, et sans y prendre de part et dégoût. (XXIV, 27.)
12. Une personne me disait un jour qu'il avait grande joie et confiance en sortant de confession ; l'autre me disait qu'il restait en crainte. Je pensai sur cela que de ces deux on ferait un bon, et que chacun manquait en ce qu'il n'avait pas le sentiment de l'autre. Cela arrive de même souvent en d'autres choses. (XXIV, 30.)
13. Contre ceui qui, sur la conGance de la oiiséricorde ^ de Dieu, demeurent dans la mnehalance «ans faire de bonnes œuvres. Comme les deux sources de nos péchés sont l'orgueil et la paresse, Dieu nous a découvert deux qua-
1. Ent. : dans la propre nature humaine. Commentaire ému du mot de l'Évangile : « Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. » (Joan., VIII, 12.)
2. Tandis que, d'après saint Augustin, la nature ne peut par ellemême et sans J.-C. réparer ses ruines, c'est au contraire la prétention des païens que chacun peut se donner la vertu par soi-même: «Jamais personne ne s'est tenu pour redevable à Dieu de sa vertu », dit Cicéron ; et Horace :
« Que Jupiter me donne la vie et ce qu'il faut pour la soutenir, j'attends de moi seul l'égalité d'àme, je me charge de me donner la vertu. »
3. Ent. : sans J.-C. et par conséquent, sans amour, le monde serait un enfer. On a ici comme l'analogue de l'admirable mot de sainte Thérèse disant de Satan : « Le malheureux, il n'aime pas I »