‹ Pensées (volume 2)Chapitre 213 sur 306 · Suppl. : et qu'on ne pût être induit en erreur · texte numérisé non relu

Suppl. : et qu'on ne pût être induit en erreur

7. Puisqu'on n'avait pas été mis en garde contre ses miracles.

8. « Le Seigneur ton Dieu t'enverra un prophète sorti comme moi de ta race et d'entre tes frères ; écoutele. » {Deut., XVIII, 15.)

20. Ou Dieu a confondu les faux miracles', ou il les a prédits; et par l'un et par l'autre il s'est élevé au-dessus de ce qui est surnaturel à notre égard ^, et nous y a élevés nous-mêmes.

21. Les miracles ont une telle force, qu'il a fallu que Dieu ait averti qu'on n'y pense point contre lui', tout clair qu'il soit qu'il y a un Diôu; sans quoi, ils eussent été capables de troubler*.

Et ainsi tant s'en faut que ces passages, Dent., xiiis, fassent* contre l'autorité des miracles, que rien n'en marque davantage la force. Et de même pour l'Antéchrist : « Jusqu'à séduire les élus, s'il était possible ».

22. Raisons pourquoi on ne croit pas. Judcei signa petunt et Graci sapientiam quanint, nos autem Jesinn crudfixiini^ . — Sed plénum signis, sed plénum sapientia; vos autem Christum non crucifixum, et religionem sine miraculis et sine sapientia.

Ce qui fait qu'on ne croit pas les vrais miracles, c'est le manque de charité. Joh. [x, 26] : Sed vos noncrcditis quia non estis exovïbusi. Ce qui fait croire les faux est le manque de charité. II Tbess., 11^.

23. Tili"«. D'où vient qu'on croit tant de menteurs qui disent qu'ils ont vn des miracles, et qu'on ne croit aucun de ceux qui disent qu'ils ont des secrets pour rendre l'homme immorUl «n pour rajeunir. Ayant considéré d'où vient qu'on ajoute tant de foi à tant d'imposteurs qui disent qu'ils ont des remèdes, jusqu'à mettre souvent sa vie entre leurs mains, il m'a paru que la véritable cause est qu'il y en a de vrais; car il ne serait pas possible qu'il y en etit tant de faux, et qu'on y donnât tant de créance, s'il n'y en avait de véritables. Si jamais il n'y eîit eu remède à aucun mal, et que tous les maux eussent été incurables, il est impossible que les hommes se fussent imaginé qu'ils en pourraient donner; et encore plus que tant d'autres eussent donné créance à ceux qui se fussent vantés d'en

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