Il s'agit ici de la nature morale
mais on peut appliquer cette admirable maxime à tout objet, quel qu'il soit, des connaissances humaines et en faire la devise même de la science.
6. Au monastère de Port-Royal des Champs, dans la vallée de Chevreuse, étaient annexées de Pdita Ecoles où enseignaient Lancelot et Nicole et où furent élevés Tillemont, Racine, les Bignon, etc. A la différence d'un Quintilien par exemple qui voulait un eniint épris de la gloire et pleurant d^ètre vaincu, les éducateurs de Port-Royal avaient adopté la règle quelque peu austère d'étouffer dans le secret tout le bien qu'ils trouvaient dans leurs élèves.
ARTICLE III Les puissances trompeuses.
Les puissances trompeuses : l'imagination, maîtresse d'erreur (/, j, 14^ 2j); les illusions des sens {2^''); la coutume, première nature (4, ijy 29, 30). Vérité en deçà, erreur au delà; plaisante Justice (5, 9). La croyance et la volonté (lo). L'ignorance savante et la fausse science' (18). Inconstance et bizarrerie (ip, J2, 33).
1. Ce qui m'étonne' le plus est de voir que tout le monde n'est pas étonné de sa faiblesse. On agit sérieusement, et chacun suit sa condition, non pas parce qu'il est bon en efFet de la suivre, puisque la mode en est^ ; mais comme si chacun savait certainement où est la raison et la justice. On se trouve déçu à toute heure; et, par une plaisante humilité, on croit que k-'est si faute, et non pas celle de l'art 3, qu'on se vante toujours d'avoir. Mais il est bon qu'il y ait tant de ces genslà au monde, qui ne soient pas pyrrhoniens, pour la gloire du pyrrhonisme4 afin de montrer que l'homme est bien capable* des plus extravagantes opinions, puisqu'il est capable de croire qu'il n'est pas dans cette faiblesse naturelle et inévitable, et de croire qu'il est, au contraire, dans la sagesse naturelle.
Rien ne fortifie plus le pyrrhonisme que ce qu'il y en a qui ne sont point pyrrhoniens : si tous 1 étaient, ils auraient torts.
1. L'étonnement est, au témoignage d'Aristote, le commencement de la science (Métaph., 1,2); il en peut être aussi l'achèvement, puisque c'est la dernière surprise du savant de voir que le vulgaire n'est pas étonné de ce qui Vétonne,
2. 11 faut suivre les lois, dit constammentPa3cal(III, 8; VI, 40; etc.), non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois.
}. L'art de bien vivre, selon les règles de la sagesse humaine.