Pyrrhon, philosophe grec du
m* siècle av. J.-C, avait pour maxime : OjSÈv [i.àXXov, pas plus une chose qu'une autre, et faisait consister la sagesse dans la suspension du jugement ou époque (£7io-/rj) ; de là l'emploi si fréquent du mot pyrrhonisme, pour désigner le scepticisme, dont le nom ne se trouve ni dans Pascal ni dans Montaigne.
5. 11 serait par là démontré eu effet que la raison peut aueindrî cette vérité qu'il n'y a point de vérité, et ainsi le scepticisme se trouverait réfuté.
PEXSEES DE PASCAL
2. Cette secte I se fortifie par ses ennemis plus que par ses amis : car la faiblesse de l'homme paraît bien davantage en ::eux qui ne la connaissent pas qu'en ceux qui la connaissent.
2 bis. Si on est trop jeune, on ne juge pas bien ; trop ■vieil, de même; si on n'y songe pas assez... 2; si on y songe ■trop, on s'entête et on s'en coiffe*. Si on considère son ouvrage incontinent* après l'avoir fait, on en est encore trop prévenu ; si trop longtemps après, on n'y entre plus. Ainsi les tableaux, vus de trop loin et de trop près ; et il n'y a qu'un point indivisible qui soit le véritable lieu : les autres sont trop près, trop loin, trop haut ou trop bas. La perspective l'assigne dans l'art de la peinture. Mais dans la vérité et dans la morale, qui l'assignera 3 ?
r 3. Imagination. C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus foijrbe qu'elle ne l'est pas toujours ; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge. Mais étant le plus" souvent fausse, elle ne donne aucune Biârque de sa qualité, marquant du même cara'ctére le vrai et lefaux4.
Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages ; et c'est parmi eux que l'imagin'àtion a le grand don de persuader les hommes 5. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le "prix ^ aux choses.
, Cette superbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaît