‹ Pensées (volume 2)Chapitre 228 sur 306 · V. Gr · texte numérisé non relu

V. Gr

4. « Les rois des nations commandent en maîtres ; qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous. » {Luc. , XXII, 26.)

5. « S'il en est qui aient le don des langues, qu'on n'en entende que deux ou trois au plus. » (I Cor., XÎV, 27.) — « Qu'ils soient un, comme nous sommes un. » (Joan., XVII, 22.)

6. Pascal parle le langage des gallicans qui faisaient alors autorité en France et traitaient d'ultramontain ou de papiste quiconque semblait diminuer l'autorité des évèques au profit du pouvoir pontifical.

7. « Buvez-en tous. » ent. : tous ceux qui sont en état de grâce.

8. « Le péché est entré dans le monde par un homme en qui (ou parce que, 'so 'tjj) tous ont péché. » {Rom., V, 12.) Certains sociniens expliquent tous, en disant que les enfants des fidèles sont exempts du péché originel.

9. Cri d'indignation contre les incrédules à la fois et contre les mauvais chrétiens qui obligent l'apologiste à porter une main toujours quelque peu indiscrète sur le fondement mvstique de toute autorité. (Cf.

charité, tous les chrétiens sans la grâce de Jésus-Christ, Dieu sans pouvoir sur la volonté des hommes, une prédestination sans mystère, une rédemption sans certitude'. (XXIV, 83.)

64. ...Ces malheureux, qui nous ont obligé de parler des miracles ! (XXIV, 83 bis.)

65. Église, Pape. Unité, multitude ^ En considérant l'Église comme unité, le pape quelconque est le chef, est comme tout. En la considérant comme multitude, le pape n'en est qu'une partie. Les Pères l'ont considérée, tantôt en une manière, tantôt en l'autre. El ainsi ont parlé diversement du pape. Saint Cyprien : Sacerdos Dei'i. Mais en établissant une de ces deux vérités, ils n'ont pas exclu l'autre. La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie. Il n'y a presque plus que la France où il soit permis de dire que le concile est au-dessus du pape*. (XXIV, 84.)

66.^ Dieu ne fait point de miracles dans la conduite ordinaire de son Église. C'en serait un étrange, si l'infaillibilité était dans un; mais d'être dans la multitude, cela paraît si naturel, que 5 la conduite de Dieu est cachée sous la nature, comme en tous ses autres ouvrages. (XXIV, 85.)

67. Est fait prêtre qui veut l'être, comme sous Jéroboam*. C'est une chose horrible qu'on nous propose la discipline de l'Église d'aujourd'hui pour tellement bonne, qu'on fait un crime de la vouloir changer. Autrefois elle était bonne infailliblement, et on trouve qu'on a pu la changer sans péché ; et maintenant, telle qu'elle est, on ne la pourra souhaiter changée ! Il a bien été permis de changer la coutume de ne faire des prêtres qu'avec tant de circonspection.

1. C'est, en un résumé nerveux, le réquisitoire le plus complet de l'auteur des Provinciales contre la théologie de ses adversaires.

2. Pascal se propose de concilier ces deux notions fondamentales de l'Église : « L'Église est le gouvernement des pasteurs et principalement de l'unique vicaire de J.-C. sur la terre, le Pontife romain. » (Bellarmin, O/). II, col. 109, B.) — « L'Église est la société des saints dans laquelle l'évangile est bien enseigné et les sacrements sont bien administrés. »

(Saint Aug., Apol. 4, de Ecc, 5 f.)

3. Mot qui résume la doctrine de saint Cyprien : « Rome est l'Église

principale d'où l'unité sacerdotale est sortie et le pape est ainsi par excellence le prêtre de Dieu. » (£/)., 59.)

4. Témoignage véridique en faveur des doctrines romaines et de leur universalité.

5. Suppl. ; qu'on peut dire ici que... Pascal essaie de justifier par des arguments rationnels la doctrine gallicane que Bossuet, dans sa Gallia orthodoxa, devait chercher surtout à défendre par des arguments historiques.

6. K Jéroboam créa des prêtres pris parmi tout le peuple et n'appartenant point à la tribu de Lévi. » (III Reg., XII, 31.)

qu'il n'y en avait presque point qui en fussent dignes ' ; et il ne sera pas permis de se plaindre de la coutume, qui en fait tant d'indignes ! (XXIV, 9j.)

68. Deux sortes de gens* égalent les choses, comme les fêtes aux jours ouvriers, les chrétiens aux prêtres, tous les péchés entre eux, etc. Et de là les uns concluent que ce qui est donc mal aux prêtres l'est aussi aux chrétiens; et les autres, que ce qui n'est pas mal aux chrétiens est permis aux prêtres '. (XXV, 64.)

69. Universel. Morale et langage sont des sciences particulières mais universelles 4. (XXV, 77.)

70. ...Mais il est impossible que Dieu soit jamais la fin, s'il n'est le principe. On dirige sa vue en haut, mais on s'appuie sur le sable; st la terre fondra, et on tombera en regardant le ciels. (XXV, 78.)

71. Injustice. La juridiction ne se donne pas pour le juridiciant mais pour le juridicié. Il est dangereux de le dire au peuple : mais le peuple a trop de croyance en vous ; cela ne lui nuira pas, et peut vous servir. Il faut donc le publier. Pasce o-i'es vieas^ non tuas. Vous me devez pâture 7. (XXV, 85.)

72. Si ne marque pas l'indifférence : Malachie, Isaïe *. Is. Si volumus, etc. In qiiacuniqnc die. (XXV, 98.)

1. Ent. : qu'il n'y avait presque point de chrétiens qui fussent dignes d'être prêtres. Idées visiblement inspirées du Traité de Saint-Cyran sur le Sacerdoce. On connaît son mot terrible sur les périls de la dignité sacerdotale : « De mille dmes, il n'en revient pas une, de dix mille prêtres pas un 1 »

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