SECTION PREMIERE
De la méthode des démonstrations géométriques, c'est-à-dire méthodiques et parfaites.
Je ne puis faire mieux entendre la conduite qu'on doit garder pour rendre les démonstrations convaincantes, qu'en expliquant celle que la géométrie observe.
[Mon objet] est bien plus de réussir à l'une qu'à l'autre ^, et je n'ai choisi cette science pour y arriver que parce qu'elle seule sait les véritables règles du raisonnement, et, sans s'arrêter aux règles des syllogismes, qui sont tellement naturelles qu'on ne peut les ignorer, s arrête et se fonde sur la véritable méthode de conduire le raisonnement en toutes choses, que presque tout le monde ignore, et qu'il est si avantageux "de savoir, que nous voyons par expérience qu'entre esprits égaux et toutes choses pareilles, celui qui a de la géométrie l'emporte et acquiert une vigueur toute nouvelle J.
Je veux donc faire entendre ce que c'est que démonstration par l'exemple de celles de géométrie, qui est presque la seule des sciences humaines qui en produise d'infaillibles, parce qu'elle seule observe la véritable méthode, au lieu que toutes les autres sont, par une nécessité naturelle, dans quelque sorte de confusion, que les seuls géomètres savent extrêmement connaître.
Mais il faut auparavant que je donne l'idée d'une méthode encore plus éminente et accomplie, mais où les hommes ne
1. On regrette vivement que Pascal n'ait pas traité ce second point.
2. Ent : dans la méthode démonstrative en général plus que dans la méthode de la géométrie en particulier.