‹ Pensées (volume 2)Chapitre 37 sur 306 · L'expression est de Montaigne · texte numérisé non relu

L'expression est de Montaigne

« De son autorité privée, à cett' heure le chagrin prédomine en moy, à cett' heure l'allaigresse. » {Ess., II, 12.)

2. Cette protonde et poétique peinture fait penser à la fois à l'auteur sacré {Radix amariti^dinis sursum ger- 'ninans. Heb., 12, 15) et à Lucrèce :

« De la source même des plaisirs surgit je ne sais quelle amertume qui nous saisit a la gorge au milieu des parfums ft de? fleurs. » (IV, 11 27.)

3. On sait comment ce thème de Plutarque {Vie de Pyrrhus) a été développé successivement par Rabelais dans son Gargantua (35), par Montaigne dans ses Essais (I. 42), et par Boileau. dans sa première Épître (65-90);

4. Les éditeurs de Port-Royal qui ont supprimé les mots de balle et de

billard comme trop familiers, se font pardonner cette timidité de goût par une belle réflexion : « Et ses divertissements sont infiniment moins raisonnables que son ennui. »

5. Cette gloire n'était pas indifférente, sinon à Pascal, du moins à son entourage, témoins les démêlés de Port-Royal avec le mathématicien anglais Wallisqui revendiquait contre Pascal la découverte des théorèmes de la roulette.

6. Et non selon l'opinion commune qui estime plus les grandeurs charnelles que les grandeurs de l'esprit. (Cl. XVII.)

7. Les curieux, les rafiniés, comme Montaigne, sont le plus duremeni traités par Pascal ; il n'était peut-être pas sans éprouver le même par'ige que saint Augustin, condamnant et

50 PENSEES DE PASCAL r

ser des autres qu'ils ne le seraient plus s'ils avaient cette con. naissance.

Tel homme ' passe sa vie sans ennui, en jouant tous leS jours peu de chose. Donnez-lui tous les matins l'argent qu'il peut gagner chaque jour, à la charge qu'il ne joue point : vous le rendez malheureux. On dira peut-être que c'est qu'il recherche l'amusement du jeu, et non pas le gain. Faites-le donc jouer pour rien, il ne s'y échauffera pas et s'y ennuiera. Ce n'est donc pas l'amusement seul qu'il recherche : un amusement languissant et sans passion l'ennuiera. Il faut qu'il s'y échauffe et qu'il se pipe lui-même, en imaginant

u'il serait heureux de gagner ce qu'il ne voudrait pas qu'on

ui donnât à condition de ne point jouer, afin qu'il se forme un sujet de passion, et qu'il excite sur cela son désir, sa colère, sa crainte pour l'objet qu'il s'est formé, comme les enfants qui s'effraient du visage qu'ils ont barbouillé -.

D'où vient que cet homme, qui a perdu depuis peu de mois son fils unique 3, et qui, accablé de procès et de querelles, était ce matin si troublé, n'y pense plus maintenant? Ne vous en étonnez pas : il est tout occupé à voir où passera ce sanglier que les chiens poursuivent avec tant d'ardeur depuis six heures. Il n'en faut pas davantage.— L'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit, si l'on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps-là. Et l'homme, quelque heureux qu'il soit, s'il n'est diverti et occupé par quelque passion ou quelque amusement, qui empêche l'ennui de se répandre, sera bientôt chagrin et malheureux 4/ Sans divertissement, il n'y a point de joie ; avec le divertissement, il n'y a point de tristesse. Et c'est aussi ce qui forme le bonheur des personnes de grande condition, qu'ils ont un nombre de personnes qui les divertissent, et qu'ils ont le pouvoir de se maintenir en cet état 5.

chérissant à la fois ces malheureuses l ration, que Louis XIV allait à la

connaissances (infelix cognitio!) et les chasse le jour où il avait perdu un de

maîtres qui les lui avaient enseignées, ses enfants. Pascal, en supposant

1. Nouveau développement de la quelques mois d'intervalle, montre des même théorie : elle est un des fonde- sentiments plus humains et plus ments de V Apologie de Pascal. tendres. (Cf. VI, 55.).

2. Mont.iigne avait déjà emprunté 4. La symétrie exacte de ces deux cette comp.iraison à Sénèque : Pueri, phrases fait ressortir l'opposition des quos amant, si personatos vident , expa- deux tibleaux.

vescunt. (£/»., 24; &S., 2, 12.) 5. On trouve ailleurs dans le ma-

3. Voltaire raconte, non sans admi- 1 nuscrit un développement analogue

Prenez-y garde. Qu'est-ce autre chose d'être surintendant, chancelier, premier président ', sinon d'être en une condition où l'on a dès le matin un grand nombre de gens qu' viennent de tous côtés pour ne leur laisser pas une heure en la journée où ils puissent penser à eux-mêmes? Et quand ils sont dans la disgrâce et qu'on les renvoie à leurs maisons des champs ^ où ils ne manquent ni de biens, ni de domestiques pour les assister dans leur besoin, ils ne laissent pas d'être misérables et abandonnés, parce que personne ne les empêche de songer à eux.

3. i>i\eiiissemeiit. La dignité royale n'est-elle pas assez grande d'elle-même pour celui qui la possède, pour le rendre heureux par la seule vue de ce qu'il est? Faudra-t-il le divertir de cette pensée comme les gens du commun? Je vois bien que c'est rendre un homme heureux de le divertir de la vue de ses misères domestiques pour remplir toutes ses pensées du soin de bien danser. Mais en sera-t-il de même d'un roi, et sera-t-il plus heureux en s'attachant à ces vains amusements qu'à la vue de sa grandeur? Et quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit? Ne serait-ce donc pas faire tort à sa joie, d'occuper son àme à penser à ajuster ses pas à la cadence d'un air, ou à placer adroitement une barre*.

que Pascal a barré : « Cet homme si affligé de la mon de sa femme et de son fils unique, qui a cette grande querelle qui le tourmente, d'où vient qu'à ce moment il n'est pas triste, et qu'on le voit si exempt de toutes ces pensées pénibles et inquiétantes r II ne faut pas s'en étonner ; on vient de lui servir une balle et il faut qu'il la rejette à son compagnon. Il est occupé à la prendre à la chute du toit pour gagner une chasse ; comment voulezvous qu'il pense à ses affaires, ayant cette affaire à manier ? Voilà un soin digne d'occuper cette grande âme et de lui ôter toute autre pensée de l'esprit. Cet homme, né pour connaître l'univers, pour juger de toutes choses, pour régir tout un Etat, le voilà occupé et tout rempli du soin de prendre un lièvre. Et s'il ne s'abaisse à cela et [qu'il] veuille être toujours tendu, il n'en sera que plus

sot, parce qu'il voudra s'élever audessus de l'humanité, et qu'il n'est qu'un homme, au bout du compte, c'est-à-dire capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien. Il n'est ni ange ni béte, mais homme.

— Une seule pensée nous occupe, nous ne pouvons penser à deux choses à la fois. Dont bien nous prend selon le monde, non selon Dieu. »

1. Le surintendant des finances Fouquet, le chancelier de France, L< Tellier, le premier président du Parlement, Bellièvre qu'avait entre autres si fort agité l'Affaire des Prai'inciales, sont en effet d'assez heureux exemples du divertissement, au sens où l'entend Pascal !

2. Tout homme en charge qui perdait sa place était en règle générale exilé dans ses terres par une lettre de cachet.

au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l'environne ' ? Q.u'on en fasse l'épreuve : qu'on laisse un roi tout seul, sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Aussi on évite cela soigneusement, et il ne manque jamais d'y avoir auprès des personnes des rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement à leurs affaires, et qui observent tout le temps de leur loisir pour leur fournir des plaisirs et des jeux, en sorte qu'il n'y ait point de vide ; c'est-à-dire qu'ils sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à soi, sachant bien qu'il sera misérable, tout roi qu'il est, s'il y pense.

Je ne parle point en tout cela des rois chrétiens comme chrétiens, mais seulement comme rois.

A. Misère. La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c'est la plus grande de nos misères. Car c'est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre- insensiblement. Sans cela, nous serions dans l'ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d'en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort 3.

5. Diveriissement. Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser.

6. La nature nous rendant toujours malheureux en tous états, nos désirs nous figurent un état heureux, parce qu'ils joignent à l'état où nous sommes les plaisirs de l'état où nous ne sommes pas; et quand nous arriverions à ces plaisirs,

I. On ne peut s'empêcher de son- I 2. Ent. : qui nous fait nous perdre, ger à Louis XIV en personne, pre- V. Gr., 29.

nant part à quelque ballet noblement I 5. On peut croire que Pascal pense cadencé et déployant son élégance ! non seulement à la mort du corps, majestueuse dans ces exercices du corps \ mais à celle de l'ame. C'est la même où il excellait. On le voit, il n'est j idée que Bossuet a présentée sous pas que La Bruyère et Saint-Simon i une forme si saisissante dans le beau qui aient été au XVII* siècle de grands ! Sermon sur la Vigilance chrétientte peintres de portraits. I (1665).

nous ne serions pas heureux pour cela, parce que nous aurions d'autres désirs conformes à ce nouvel état. II faut particulariser cette proposition générale'...

7. Qu'on s'imagine un nombre d'hommes dans les chaînes, et tous condamnés à la mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et, se regardant les uns les autres avec douleur et sans espérance, attendent leur tour : c'est l'image de la condition des hommes 2.

8. Quelle différence entre un soldat et un chartreux quant à l'obéissance ? Car ils sont également obéissants et dépendants, et dans des exercices également pénibles. Mais le soldat espère toujours devenir maître, et ne le devient jamais (car Ics capitaines et princes mêmes sont toujours esclaves et dépendants); mais il l'espère toujours et travaille toujours à y venir ; au lieu que le chartreux fiiit vœu de n'être jamais que dépendant. Ainsi ils ne diffèrent pas dans la sen-'itude perpétuelle, que tous deux on'' toujours, mais dans l'espérance 3, que l'un a toujours, et l'autre jamais. (XXIV, 38.)

9. Salomon et Job ont le mieux connu et le mieux parlé de la misère de l'homme 4 : l'un le plus heureux, et l'autre le plus malheureux; l'un connaissant la vanité des plaisirs par expérience, l'autre la réalité des maux. (XXIV, 48.)

10. L'homme est visiblement fait pour penser ; c'est toute sa dignité et tout son mérite ; et tout son devoir est de penser comme il faut : et l'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin. Or, à quoi pense le monde? Jamais à cela; mais à danser, à jouer du luth, à

1. Il l'a fait ailleurs en montrant l'illusion qu'il y a, non plus dans le désir en général, mais dans le désir de la sauté ou la crainte d'être malade. (Cf. VI, 16.)

2. Ce n'est pas son imagination seule qui a suggéré à Pascal, en même temps que cette tragique comparaison, cette harmonie si lugubre, ces coupes de phrase si pathétiques.

On reconnait l'accent d'une émotion profonde, le cri d'un cœur débordant

de zèle et de pitié pour ces misérables compagnons de chaînes que sont à ses yeux tous les hommes.

3. Le soldat cherche dans cette espérance un divertissement auquel le chartreux préfère la possession du vrai bien.

4. Salomon dans VEcclcsiaste, et Job, dans le beau poème où le problème du mal est si douloureusement agité.

c'a-nter, à faire des vers, à courir ' i bague ', etc., à se battre, à se fiirt roi, sans pense*- a C2 que c'est qu'êcre roi et qu'être homme. (XXIV, 53.)

11. Les enfants qui s étaient du visage qu'ils ont barbouillé, ce sjni des en^a.if,; mais le moyen que cu qui e:t si faible étmt c ifant, soit bien fort éta.it plus âgé ^î On ne fait que change: de fantal.ie. (XXIV. 96.)

12. Notre nature est dans le mouvement; le repos entier est la mort. (XXV, 7.)

13. Ennni. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans pajsions, sans afiires, Sc-ns divertissement, sans application. Il sent p'or: son néant, son abandon, son insu^saxice, sa dépend ince, son impuissance, son V'ie. Incontinent il sortira du fond de son àme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir 3. (XXV, 2é.)

14. .^giuiion. Quand un soldat se plaint de la peine qu'il a, ou un laboureur, etc., qu'on les mette sans rien faire 4. (XXV, 26 bis.)

15. L'ennui qu'on a de quitter les occupations où l'on s'est attaché. Un homme vit avec plaisir en son ménage : qu'il voie une femme qui lui phise, qu'i' joue cinq ou six jours avec plaisir, le voilà misérable s'il retourne à sa première occupation >. Rien n'est plus ordinaire que cela. (XX\', 79.)

1. Pascal ne se lasse pas de reprendre sous toutes les formes l'antithèse saisissante qu'on a vue plus haut : remplir toutes ses pensées du soin de bien danser (3).

2. Pascal se laisse attendrir par un sentiment de pitié que l'on regrette de ne pas trouver dans un passage analogue des Caractères : « Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, dissimulés... ils ne ve lient point souffrir du mal et ai.nent à en faire. Ce sont déjà des hommes. »

(De l'homme.)

3 . L'abondance des synonymes traduit l'émotion intense, tandis que dans Montaigne elle ne décèle le plus souvent que l'incertitude un peu va-

gabonde de la pensée : « Car de là naist la source principale des maux qui le pressent, péché, maladie, irrésolution, trouble, désespoir. » (£«., II, 12.)

4. Bossuet, dans le sermon du Mauvais riche, se trouve justement expliquer cette pensée : « Celui-là qui se plaint qu'il travaille trop, s'il était dt,jivré de cet embarras ne pourrait souffrit son repos; il aime sa servitude et ce qui pèse lui plaît ! et ce mouvement perpétuel qui t'engage en mille contraintes ne laisse pas de h satisfaire par l'image d'une liberté e-rantt. »

j. Cette première occupation ne le divertit plus assez; le voilà livré à

16. Description de l'homme. Dépendance, désir d'indépendance, besoin. (XXV, 8i.)

ARTICLE V Raison des effets '.

Raison des effets (2, /;, 26, 32). Opinions du peuple saines (;). Raisons de Tiiiitilution sociale {6, 20, 21, 22). Force et opinion (;, .r^, 28). Distinguer les hommes par Textérieur (14). Un sot qui succède par droit de naissance (ij). On naimt que pour des qualités empruntées (ly, ji). Les inventeurs hdtojinés (r^). Nécessité de travailler pour Vincertain (9 bis, 2/). Pensées de derrière (2, 26, 2"/).

1, Pyniioni<iiie. J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein : c'est le véritable ordre, et qui marquera toujours mon objet par le désordre même.

Je ferais trop d'honneur à mon sujet si je le traitais avec ordre, puisque je veux montrer qu'il en est incapable.

2. Raison des effeis. Gradation. Le peuple honore^ les personnes de grande naissance. Les demi-habiles les méprisent, disant que la naissance n'est pas un avantage de la personne, mais du hasard. Les habiles* les honorent, non pai la pensée du peuple, mais par la pensée de derrière'. Les

« cet incurable ennui, qui, selon Bossuet, fait le fond de la vie des hommes, depuis qu'ils ont perdu le govt des choses de Dieu. »

1. Sous ce titre, qui reviendra souvent, Pascal explique certains faits du monde moral que le vulgaire ne comprend pas, mais dont il estime que la philosophie chrétienne est capable de rendre raison.

2 . L Apologie devait donc être composée, au moins en partie, de pensées détichées. Ce désordre, au jugement de Pascal, convenait à la fois et à son objet, qui était Je montrer que tout est désordre et déraison dans l'homme et

à son sujet, c'est à savoir l'esprit humain, incapable d'un véritable ordre de démonstration en quelque matière que ce soit. (Cf. De VEsprit gcométrique.')

3. D un homme à l'autre, la vérité diffère selon le sentiment qu'on en a et le penseur se reconnaît le droit de la concevoir tout autrement que le vulgaire. C'est ce qu'on nomme Vésotérisnie philosophique, et les docteurs mêmes de l'Eglise n'ont pas fait difficulté de l'admettre en distinguant de la croyance du vulgaire ou des charnels la foi des intellectuels ou gnostiques.

5é PENSÉES DE PASCAL

dévots qui ont plus de zèle que de science les méprisent, malgré cette considération qui les fait honorer parles habiles ', parce qu'ils en jugent par une nouvelle lumière que la piété leur donne. Mais les chrétiens parfaits les honorent par une autre lumière supérieure. Ainsi se vont les opinions* succédant du pour au contre, selon qu'on ^ a de lumière.

2 bis. Raisou des effets. Renversement continuel du pour au contre.

Nous avons donc montré que l'homme est vain 3, par l'estime qu'il fait des choses qui ne sont point essentielles4. Et toutes ces opinions sont détruites. Nous avons montré ensuite que toutes ces opinions sont très saines, et qu'ainsi, toutes ces vanités étant très bien fondées, le peuple n'est pas si vain qu'on dit. Et ainsi nous avons détruit l'opinion qui détruisait celle du peuple.

Mais il faut détruire maintenant cette dernière proposition, et montrer qu'il demeure toujours vrai que le peuple est vain, quoique ses opinions soient saines ; parce qu'il n'en sent pas la vérité où elle est, et que, la mettant où elle n'est pas, ses opinions sont toujours très fausses et très mal* saines.

2 ter. Raison des effeis. Il est donc vrai de dire que tout le monde est dans l'illusion : car, encore que les opinions du peuple soient saines, elles ne le sont pas dans sa tète, car il pense que la vérité est où elle n'est pas. La vérité est bien dans leurs opinions, mais non pas au point où ils bc figurent. Par exemple, il est vrai qu'il faut honorer les gentilshommes, mais non pas parce que la naissance est un avantage effectif, etc.

3. Opinions du penple saines. Le plus grand des maux est les guerres civiles. Elles sont sûres si on veut récompenser les mérites, car tous diront qu'ils méritent. Le mal a craindre d'un sot, qui succède par droit de naissance, n'est ni si grand, ni si sûr >.

1. La Fronde avait recruté plus d'un partisan dans le clergé et l'on sait de quelles harangues toutes démocratiques avaient retenti les chaires de Paris au temps de la Ligue.

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