‹ Pensées (volume 2)Chapitre 62 sur 306 · Cf. Gr · texte numérisé non relu

Cf. Gr

4. On ne veut être assujetti qu'à la raison, c'est ce qui fait la grandeur de l'homme ; on n'est de fait assujetti qu'à la coutume, c'est ce qui fait sa misère.

5. Que l'homme cède au plaisir ou à la raison, il n'obéit qu'à lui-même, et par conséquent ne croit pas subir un empire tyrannique, tant ces motifs d'action lui sont inhérents et naturels. En réalité, c'est être esclave que d'obéir à la concupiscence et à la coutume.

est sujet à se révolter dés qu'on lui montre qu'elles ne valent rien; ce qui se peut faire voir de toutes, en les regardant d'un certain côté.

40 bis. Injustice. Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas justes; car il n'y obéit qu'à cause qu'il les croit justes. C'est pourquoi il lui faut dire en même temps qu'il y faut obéir parce qu'elles sont lois, comme il faut obéir aux supérieurs, non pas parce qu'ils sont justes, mais parce qu'ils sont supérieurs. Par là, voilà toute sédition prévenue, si l'on peut faire entendre cela, et [ce] que [c'est] proprement que la définition de la justice '.

41. Vanité des sciences. La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'ignorance de la morale au temps d'affliction ; mais la science des mœurs me consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures 2.

42. Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu'on change, on n'est plus la même personne. Ni l'offensant, ni l'offensé, ne sont plus eux-mêmes. C'est comme un peuple qu'on a irrité, et qu'on reverrait après deux générations. Ce sont encore les Français, mais non les mêmes >.

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