Condition de l'homme : inconstance, ennui, inquiétude
43 bis. Qui voudra connaître à plein la vanité* de l'homme n'a qu'à considérer les causes et les effets de l'amour. La
1. Pascal, on levoit, avait beaucoup réfléchi sur les moyens de conjurer les révolutions. II n'est pas nécessaire d'en conclure avec l'un de ses éditeurs, qu'il se préparait à remplir la charge de précepteur auprès d'un prince.
2. La supériorité des sciences morales sur cette « altière et sublime géométrie » qui l'avait jadis si fort passionné, c'est ce qu'il a encore à cœur d'établir dans sa belle lettre au mathématicien Fermât : « Pour vous parler franchement de la géométrie, je la trouve le plus haut exercice de l'esprit; mais en même temps je le connais pour si inutile, que je fais
peu de différence entre un homme qui n'est que géomètre et un habile artisan. Aussi je l'appelle le plus beau métier du monde ; mais enfin ce n'est qu'un métier ; et j'ai dit souvent et qu'elle est bonne pour faire l'essai non l'emploi de ses forces. » (10 avril 1660.)
j. Sous la royauté paisible de Louis XIV, on estimait les Français aussi profondément monarchistes et conservateurs qu'on jugeait les Anglais par exemple factieux et révolutionnaires. Pascal n'avait pas oublié la Fronde et savait ce que pouvait réserver l'avenir a.vrés cUux générations^
cause en est « un je ne sais quoi » (Corkeille) ' ; et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si peu de chose qu'on ne peut le reconnaître, remue toute la terre, les princes, les armées, le monde entier. Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ^.
44. César était trop vieil, ce me semble, pour s'aller amuser à conquérir le monde. Cet amusement était bon à Auguste ou à Alexandre ;' c'étaient des jeunes gens, qu'il est difficile d'arrêter; mais César devait être plus mûr 5.