‹ Pensées (volume 2)Chapitre 78 sur 306 · Pascal, comme Méié et comme · texte numérisé non relu

Pascal, comme Méié et comme

Montaigne, trouve sans doute Cicé-

j rorf trop long et trop orné : « Ce qu'il

a de vif et de mouelle est étoufie par

ces iongueries d'apprêts. » (£«., II,

3 . Cf. Rabelais et son voyage « en l'isle d'Odes en laquelle les chemins cheminent. » (V, 26.) On sait en effet que ce sont les rivières qui, en divers pays, ont véritablement porté la richesse et la civilisation.

4. Il s'agit de certains casuistes et de leur doctrine de la probabilité morale : Toute opinion professée par un auteur de marque est probable, et peut en conscience être suivie.

5. M"° de Gournay, dans la préface des Essais, avait essayé de justifier sur ce point son père adoptif, et Bayle, dans son Dictionnaire, a repriscette thèse.

lor

dule (gens sans yeux) ; ignorant (quadrature du cercle, monde plus grand) '. Ses sentiments sur .''homicide volontaire-, sur la mort. Il inspire une nonchalance du salut, « sans crainte et sans repentir » 3. Son livre n'étant pas fait pour porter à la piété, il n'3' était pas obligé : mais on est toujours obligé de n'en point détourner. On peu'- excuser ses sentiments un peu libres et voluptueux en quelques rencontres de la vie (730, 231)4, mais on ne peui excuser ses sentiments tout païens sur la mort ; car il faut renoncer à toute piété, si on ne veui au moins mourir chrétiennement; or il ne pense qu'à mourir lâchement et mollement par tout son livre 5. (XXIV, 24.)

41. Tous les grands divertissements sont dangereux pour la vie chrétienne ; mais, entre tous ceux que le monde a inventés, il n'y en a point qu' soit plus à craindre que la comédie. C'est une représentation si naturelle et si délicate

1. Montaigne semble croire sur la foi de Pline et d'Hérodote qu'il y a des contrées où les hommes naissent sans tête, ou avec un oeil au milieu du front. {Ess., II, 12.) I! paraît admettre également que la quadrature du cercle n'est pas une chimère (£«., II, 114), malgré les démonstrations des mathématiciens qui prouvent qu'il ne saurait y avoir de rapport exact entre la surface du cercle et la surf.ice du carré qui y est inscrit. Il semble affirmer enfin que même après Christophe Colomb les bornes de la terre ne sont pas encore connues (£«., Il, 12), bien qu'on en ait déterminé exactement la forme et les dimensions. Nicole n'avait peut-être pas tort de croire que Montaigne n'était ni si ignorant ni si crédule, et qu'il n'avait rapporté que pour humilier les hommes ces contes ridicules dont il connaissait l'extravagance mieux que personne. (Lo^., III, 19, 9.)

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