Cf. Gr
6. Construction brisée. On attendrait : mais qu'elles sont incapables de lui donner. Cf. Gr., 47.
serpents, fièvre, peste, guerre, famine, vice, adultère, inceste Et depuis qu'il a perdu le vrai bien, tout également peut lui paraître tel, jusqu'à sa destruction propre, quoique si contraire à Dieu, à la raison et à la nature tout ensemble.
Les uns le cherchent dans l'autorité, les autres dans les curiosités et dans les sciences, les autres dans les voluptés 2. D'autres, qui en ont en eft'et plus approché 3, ont considéré qu'il est nécessaire que le bien universel, que tous les hommes désirent, ne soit dans aucune des choses particulières qui ne peuvent être possédées que par un seul, et qui, étant partagées, affligent plus leur possesseur, par le manque de la partie qu'ils n'ont pas, qu'elles ne le contentent par la jouissance de celle qui lui appartient. Ils ont compris que le vrai bien devait être tel, que tous pussent le posséder à la fois, sans diminution et sans envie, et que personne ne le pût perdre contre son gré.
Et leur raison est que ce désir étant naturel à l'homme, puisqu'il est nécessairement dans tous, et qu'il ne peut pas ne le pas avoir, ils en concluent 4...
3. Pliilosophes. Nous sommes pleins de choses qui nous jettent au dehors s.
Notre instinct* nous fait sentir qu'il laut chercher notre bonheur hors de nous. Nos passions nous poussent au dehors, quand même les objets ne s'offriraient pas pour les exciter. Les objets du dehors nous tentent d'eux-mêmes et nous appellent, quand même nous n'y pensons pas. Et ainsi les philosophes ont beau dire : Rentrez en vous-mêmes, vous y
1. Cette énumération des faux dieux est tirée de Montaigne, qui luimême n'a d'autre but que d'accumuler, sans nulle critique, les preuves les plus grossières de notre déraison.
(Cf. Cic, de Kat. deor. ; Boss., Disc, II, 3 ; Corn., Polyeude, V, 3.)
2. Ent. : cherchent le vrai bien dans l'autorité (libido dominandt), dans la curiosité (libido sciettdt) ou dans la volupté {libido sentiendi).
3. Les stoïciens prétendaient en effet que le souverain bien doit être universel, équitablement réparti et qu'il ne peut être qu'en Dieu. Cf.