‹ Pensées (volume 2)Chapitre 91 sur 306 · L'homme, ce monstre étrange · texte numérisé non relu

L'homme, ce monstre étrange

Cf. I et 13.

5 . Pascal n'a pas assez de sarcasmes pour réfuter la prétention des philosophes dogmaiiques et en particulier des disciples d'Aristote ou de Zenon qui professent que par la pensée l'homme s'égale à ÎDieu, qu'il est Dieu même.

6. Ent. : Délibérer sur la manière de passer cette vie si courte, sans se préoccuper de l'autre vie, c'est délibérer sur la manière de passer une heure de temps.

7. Non seulement la lecture de Platon est bonne pour disposer l'esprit à la foi, mais le platonisme a préparé

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hommes, et ils ne connaissent pas leur corruption. S'ils se sentent pleins de sentiments pour l'aimer et l'adorer, et qu'ils y trouvent leur joie principale, qu'ils s'estiment bons, à la bonne heure. Mais s'ils s'y' trouvent répugnants*, s'ils n'ont aucune pente qu'à se vouloir établir dans l'estime des hommes, et que pour toute perfection ils fassent seulement que, sans forcer les hommes, ils leur fassent trouver leur bonheur à les aimer, je dirai que cette perfection est horrible. Quoi! ils ont connu Dieu, et n'ont pas désiré uniquement que les hommes l'aimassent, mais que les hommes s'arrêtassent à eux ; ils ont voulu être l'objet du bonheur volontaire des hommes^. (XXIV, 6i bis.)

21. La machine d'arithmétique' fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux ; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu'elle a de la volonté, comme les animaux 4, (XXIV, 6j.)

22. La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours, elle a ses allées et venues >. La fièvre a ses frissons et ses ardeurs, et le froid montre aussi bien la grandeur de l'ardeur de la fièvre que le chaud même. Les inventions des hommes de siècle en siècle vont de même. La bonté et la malice du monde en général en est de même : Pleriimque grata principibusvices^. (XXIV, 89.)

dans le monde le règne de l'Évangile : c'est ce qui lui a fait trouver grâce devant les Pères de l'Eolise et dicté à saint Augustin le plus bel hommage que Platon ait jamais reçu. (De vera relig. p. 1208, 9.)

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