DXSCOUBS SUR LA VIE
que les défenseurs d'un livre inintelligible et destiné à 1 oubli étoient les amis d un archevêquie de Paiîs, qui avoit voulu faire ehasser le premier mi- i nistre du roi de France! Mazarin ne prévit pas sans doute les funestes suites de sa foibiesse à mêler Tantorité dans une guerre théologique dont ii auroit iallu ignorer 1 eidstence; mais sou exemple doit être une grande leçon pou« les souverains et les ministres.
Les solitaires de Port-Royal, et plusieurs autres théologiens , sans défendre le sens littéral des cinq propositions condamnées , pvcteadirent qu'elles n*étoient point contenues^ans ïAugustinus, ou que, si elles s y trouvoient, c'étoit dans un sens catholique. On leur répondit par des asser-* tions contraires. La querelle devint alors plus vive qu elle n*avoit^jamais été : on écrivit , de part et d autre , nue mallitude d'ouvrages où lea passions humaines , étouffant la charité si Ibrt recommandée aux Chrétiens, fournirent aux ennemis de la religion un triste sujet de triomphe.
De tous ceux qui combattirent pour Jansénins, aucun ne montra tant de zcle et de véhémence que le docteur Amauld. Il avoit Tàmc élevée et les mœurs austères. Lorsqu'il s'engagea dans le sacerdoce j il donna presque tout son bien à la maison, de Port-liOyaly disant qu'un ministre de Jésus-. Christ doit être pauvre Son attachement a ce qu'il crojoit la vérité étoit inHexible comme elic« 11 détestoit la morale corrompue des jésuites , et ii étoit encore plus hai d'eux ; tant parce que ses
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seadments leur étoient bien connus, que parce çu'il étoit né d'un père qui avoil plaidé avec clia* leur, au nom de luniversité, pour qnou leur in-* terdît l'enseignement de la jeunesse , et <iu'on les ehassàt même du royaume. On jugera , par le trait suivant, de l'intérêt nu il uxettoit à TaiFaire du jansénisme. Un jour Nicole , son ami et son oom* pagnoQ d'armes pour la même cause , mais né d'ailleurs avec un caractère doux et accommodant, lui représentoit qu'il étoit las de cette guerre, et ^'il vouloit se reposer. Vous reposer, répond Ar-» uauld : eh ! n'aaresMfous pas pour vous reposa té-lernité toute entière?
Dana ces dispositions, Amanld publia, en i655, uue lettre où il disoit qu'il n'avoit pas trouvé dam Jansénius les propositions condamnées; et <ii$cuiaut en général la question de la gruce, il s jouta fjue saint Pierre offroU dans sa chute Vexent pie d'un juste à qui ta grâce, sans laquelle on ne peut rien, awit manqué. La première c!e ces deux assertions parut injurieuse au saint -siège; la seconde fut regardée comme suspecte d'hérésie : cUes excitèrent Tune et lautre une grande xnmeur ^ans la Sorbonne, dont Arnauld étoit membre, lies ennemis de ce docteur mirent tout en usage pour lui attirer une censure humiliante. Ses amis lui représentèrent la nécessité de se défendre. Il étoit né avec une grande éloquence , mais il u en régloit pas assez les mouvements : son style négligé et dogmatique nuisoit quelquefois à la soli^ dite de ses écrits ; car dans les matières qa*on ne
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peut soumettre à la démonstration géométrique , le charme de l'expression est l'uii des principaux mbyens pour persuader. Il composa umo longue apolQjgie de ses sentiments et de sa doctrine ; mais , en rendant justice au tond , on trouva que cet écrit étoit pesant , monotone et peu propre à mettre le public dans ses intérêts* Il en conrint lui-même de sang-lroid, et il fut le premier à indiquer Pascal comme le seul homme capable de traiter le sujet d une manière solide et piquante^ Pascal consentit volontiers à prêter le secours de sa plume pour une cause qui interessoit des savants vertueux, infiniment cliers à son cœur. Le 23 janvier i65G, il publia , sous le nom de
Louis de Montalte, sa preuiière lettre à un Frovin-
cial > , dans laquelle il se moque des assemblées qui se tenoient aiori en Sorhonne, pour Taffaire d Amauld , avec une finesse , une lc;^èreté dont il ny avoit pas encore de modèle. Cette lettre eut un succès prodigieux; elle entraîna tout le public indiiTérent : mais la (Cabale qui vouloit opporimer Amauld avoit si bien pris ses mesures , on fit venir aux assemblées tant de moines et de docteurs mendiants dévoués à Tautorité, que non*
' Les lettres qu*on appelle ( par une expression fort
impropre, mais que Vusage a consacrée), « Lettres pro- %iL viuciales, » parweut d'abord sous ce titre : « Lettres te écrites par Louis de Moutalle 2i un Provincial de sr.s rc amis , ei aux RU. PP. Jésuites , sur la morale et la po-* litiqùe de ces pères* n
ET LtB OVTBAGZS 0£ ^XgCÀL. &J
leulement les deux propositions de ce docteur fbfent condamtiées à la pluralité des yoiic , maïs que lui-même fut exclus pour toujours de la faculté de théologie par un décret du 3i janTier i656*
Le triomphe de ses ennemis fut un peu troublé par la seconde , la troisième et fat quatrième lettre au Vrovlncialj qui suivirent de près le jugement de la Sorbonne- Elles jetèrent un ridicule iiieffarable sur plusieurs théologiens séculiers , et sur les dominicaind^^ quï, pour ménager feur crédit et pour satisfaire de petites haines , sembloi^ent avoir abandonné en cette occasion la doctrine de saint Thomas. Mais les jésuites , en particulier , qui SToient le plus contribué à faire condamner Ap' nauld , expièrent chèrement la joie que ce succès leur avotf carusée t ils furent immolés à la risée et à lindignatifou publique dans les lettres suivantes» C est dans leurs écrfts de théologie morale que Pascal alla chercher les traits qui dévoient les tendre a jamais odieux et ridicules , et prépaircr de loin leur destruction.
On sait que toute la religion cliixtienne roule sur deux pivots : la croyance du dogme et la pratitjue des vertus. L'Eglise a toujours regardé ^mme ses ennemis ceux qui ont osé attaquer ou même interpréter le dogme. Elle a porté la même Tîgilance et la même sévérité dans Tobservation <^<'3 principes généraux de la morale : mais dans i^s applications particulières de ces principes , il peut jr avoir des modiilcatiQns qu elle a permis de
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soumettre à Texamen. En effet, s*il existe des ac« tions humaiaes visiblement crimiaelies, il eu est
d'autres qui paroissent indifférentes, et qui tirent leur vrai caractère de Tintention ou des circonstances. Il a donc fallu <jue la morale eût ses interprètes f chargés de poser la limite entre le crime et | la vertu, d'effrajer le coupable audacieux, et de rassurer quelquefois Tâme timide et ingénue qui s'exagère à elle-mcme ses foiblesses.
Les théologiens , obligés par état d'expliquer la religion au peuple^ ne pouvoient laisser échapper cette occasion de signaler leur science et leur zèle. Toutes les écoles tous les ordres religieux produisirent des docteurs qui ,,sous le nom de casuh* tes , jugeoient les consciences , et mettoient , pou( ainsi dire , un tarif auxi actions humaines. Us fu* rent utiles tant qu'ils prirent eux-mêmes pour guide la morale simple et consolante de l'évangile : ils finirent par semer Je désordre dans la so« ciété chrétienne en voulant subordonner cette morale à leurs opinions systématiques , ou a dd intérêts humains. On se rappelle les questions impertinentes sur les universaux , sur les catégories , etc. , que Ton a agitées , pendant des siècles d*ignorance, dans loisivetéet 1 ennui des cloîtres. Le même esprit s'introduisit dans la théologie morale. On vit des auteurs graves épuiser leur subtilité k tourner une action sur toutes les faces; à faire que , vicieuse par le côté matériel , elle parût | innocente par l'intention , ou dans un certain | point de vue nietaphj^sique ^ ù mettre l'homme qui
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nttloil les consulter , toujwrs dans rincertitudé
sïJ étoit digne de haiue ou d'amour , et a S6 rendre ensuite , par la voie de la confession ^ les arbitres souverains des consciences. Une foule de questions extravaf^antes on scandaleuses furent proposées, et souve^it décidées contre les plus simples lumières du sens commun. Hien n*auroit été MQs doute plus nuisible aux mœurs que de pareilles décisions , si Texcès du ridicule n*avoit écarté le danger»
Le société des îcsuftes ne sVtoft ]>as moins adonnée à la théologie morale qu k la controverse, le De iintrois point, si je voulois seulement rapporter ici les noms dé leurs casuistes. On prétend
ils ont iuvï'uté ou perfcctiouné les llancux systèmes du probabUisme , des reitrictlons menialts , de \^àïrtciiiin d'intention, etc. Tous ceux ([iii ont lu ces auteurs disent qu*on y trouve de Tesprit , une dialectique subtile» et quelquefois méiue une suite de sagacité à proposer et à résoudre des cas de conscience qui surprennent par leur singularité, Par exemple , on cite le traité de Mairimonio, par le jésuite espagnol Sanchcz , coiçme un ouvrage tchevé daiis son genre : on assure que Tauteur a txamiaé la matière à ibnd| prévu tous les cas , et discaté tontes les questions que la nature , excitée par la chaieur du climat, pouvoit offrir à rimagi«> dation errante d*nn solitaire.
Les décisions burlesques ou scandaleuses des' ftorslistes de la société fournissoient donc à Pascal' ^ ample moisson de plaisanteries et de sar^
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casmea. il iiiiioit un géuie tel que le sien
pour employer ces matériaux , et pour en fonner un ouvrage qui put intéresser , non pas seuleiueiii les théologiens , mais le public de tous les étatf. On a tant parlé de ces feoneuses Lettres provineiaUs, que nous pouvons presque nous dispenser deu parler ici. Tout le monde sait ot répète que ce) ouvrage uavoit aucun moidéie chez les ancieus, ni chez les modernes , et qne lauteur a deviné et ûxé la langue û*ançoise.. Voltaire dit en propm termes que les meillenves comédies de Molicn n'ont pas plus de sel qu« les premières Letlns s^inciales y et que Bossuet n*a rien de plus sublimf que les dernières. A ces éloges consacrés par la yoix publique j'ajouterai une observation. L uSj des plus grands mérites des Lettres provinciaUs eOf ÇG me semble , Tart admirable avec lequ.el Pascall su ménager les transitions dans le sujet , qui prér seutoit peut-être à cet égard le plus du difficulté^ par Tincohérence de ses parties. Il passe d un okj jet à un autre tout dUiTérAut sans /]^\i'on s*en aptr«j ' çoive. La destruction des jésuites pourra diminuMl un peu Tompressem^ut jde certains lecteurs poufj cet ouvrage ; mais il subsistera toujours , pariûfl les gens de lettii^s et de ;goùi , comme un .cli4 d œuvre 4e stjle^ jde bonne plaisanterie et d'ilo^
il semble qu'o^ ne pouyoit rien répoudre à 4 livre jfaudrojant ; les jésuites monjbrèreiut un £0^\ rage qu*on n attendoii pas , ils défendirent hardie 9ient leurs casuites. On a écrit qu'ils auroient <U
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lei abandonner y et vire eux-mêmes les premiers des plaisanteries de Pascal , puisque après tout, les gpinions relâchées qu'on leur reprochoit ne leur appartenoient pas exclusivement, et qu'on les au« roit aussi trouvées dans la plupart des autres théologiens* Mais la socléié , accoutumée h se conduira parles principes d'une Uerté inflexible et d'une politique conséquente, ne put se résoudre a condamner des auteurs qu elle-même avoit autorisés , et qui travailloient à Tagrandissemcnt de sa domiaation ^ car , dans cet ordre singulier , tous les membres éluient conduits par une même impiillion qui dirîgeoit les talents et les occupations de chacun deux vers une lin unique, la gloire de rinstitut. Jamais les jésuites n*eurcnt Tintentiou Je corrompre les mœurs; mais ils vouloieiit •guu*> Temer les consciences des rois et des grands. Pour J parveuir , ils s tloieut fait une espèce de tliéolo-» gie, moitié chrétienne, moitié mondaine ; mélange adroit de rigorisme et de condesccudancc aux foi-* blesses des hommes : sans détruire le péché , elle bciiitoit le moyca de réviter, ou au moins d'eu Hériter le pardon. Ce système combiné avec art , ^ui a eu peudaut cent cinquante ans le plus grand •accès dans toute l'Europe , maintiendroit peutitre encore les jésuites dans leur premier éclat ^ t ils se fussent toujours conduits avec la sagesse et la réserve de leurs fondateurs.
Malheureusement pour eux, dans le temps que les Lellres proitinciales parjurent , ils n avoient au«* ^Qnbon écrivuiu. Les rcpoubcs qu ils opposèrent
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Il cet ouvrage étoient aussi dépourvues ide style | ^ue lepréliensibles du côté des choses. Elles ne pouvoient donc avoir, et n'eurent en effet aucun succès , tandis qu au contraire toute la France dcyoroit les Lettres provinciales, et que les jansénistes, pour les répandre encure davantage, s'cmpvessoien't de les traduire en plusieurs tangua. Bientôt une clameur universelle s éleva contre les jésuites. On ne voulut point se prêter aux raisons q^u ils avoient eues d adoucir la morale : ils en fu* rent regardés comme les corrupteurs. Parmi Its différents ouvrages qu'ils firent paroitre pour la défense de leurs cnsuistes , il y en eut ua qui rt- ■ volta généralement le public; il étoit intitulée Apologie des nouveaux casuisles contre les calomnies [ des jansénistes. Les curés de Paris , et , peu de temps après , ceux de plusieurs autres villes considéra* bles , attaquèrent ce livre pernicieux par des écrits solides , véhément», et d'une éloquence semblable à celle de Démosthène. Ces écrits étoient composés ! par Arnauld , Nicole et Pascal : les deux premiers fournissoient lés matériaux, et Pascal tenoit la {>lume. Ils produisirent dans le monde une sensa* tien très désagréable pour les jésuites ; et maigre tout le crédit que ces pères avoient dans le clergé, plusieurs évéqucs d'une grande science et d'une haute vertu, publièrent des mandements exprès contre VApolocjie des casuistes.
Après tant d'humiliations et tant de revers dans les combats de plume, le seul parti raisonnable que les jésuites eussent à prendre » étoit de dévo*
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xet dans le fond du cœur des chagrins passagers ,
et de n'opposer à leuii> adversaires d autres armes qu on profond silence. On eût regardé cette conduite prudente et dictée par l'intérêt, comme l'eifet de la modération* Il est yrai qu en ce mo« meut les dispositions du peuple ne leur étoient pas favorables : on se sourenoit encore confusément des troubles qu'ils ay oient excités autrclbis daos le rojaume , au temps de la Ligue ; la morale de leurs casuistes scandalisoit et éloiguoit d eux les âmes timorées. Mais la nation françoise ouhlie tout avec le temps. Bientôt elle n eut considéré dans les jésuites , ou que des victimes de l'o^j^ires-
sion , dignes de sa pitié et de son appui , ou que
des hommes supérieurs ùTinjure, dignes de son estime. Les jansénistes auroient perdu insensiblement les avantages de leur^s victoires passées j et jamais ils n*eussent obtenu , au milieu d une vie tranquille , lexistence et la célébrité que la persé- <!tatioii leUK donna dans la suite. Lorgueil et la haine en ordonnèrent autrement. Aveuglée par ces deux sentiments et par son crédit à la cour^ la iociéié saisit les moyens les plus prompts et les plus violents de nuire à ses ennemis. Les jansénistes ne fiirent pas le seul objet de sa vengeance. Tous les particuliers, tous les corps même qui ne lui étoient pas entièrement dé voués , furent ex])0' sés à des vexations qu elle leur suscitoit. Elle abusa sans honte et sans mesure, pendant un siècle entier, dun pouvoir usurpé et précaire, mobile comme lopinion qui Tavoit fait naître j
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mais enfin elle en a trouvé le terme et la ptmitioA
dans ces derniers temps. La plupart des princes chrétiens, et le pape lui-même, fatigués de ses intrigues , et de servir d instruments à son intolérance , ont été forcés de la proscrire dans tous les pa^s de leur domination. Quelquefois la simple reforme a suffi pour ramener à Idurs principes et i leur première ferveur des monastères corrompus »par roisiveté et la mollesse. Mais quand un ordre nombreux , sous les étendards de la religion , n*est réellement qu'un corps politique , livré par système à une ambition toute mondaine ; quand il cabale dans les cours, trouble les gouvernements, se rend même redoutable aux souverains ; la ré* forme n'oiiriroit qu'un remède inutile : elle laissetoit subsister la racine du mal , et on ne peut Textirper que par la destruction de l institut.
La guerre que Pascal fit aux jésuites dura environ trois ans. Elle lempècha de travailler, aussi-' tôt qu'il l'auroit dciiré, à un grand ouvrage qu'il méditoit depuis plusieurs années pour prouver la vérité de la religion. En différents temps , il avoit jeté* sur le papier quelques pensées qui dévoient entrer dans son plan : il songeoit tout de bon , en i£58 , à exécuter cet ouvrage ; mais ses infirmités augmentèrent dès-lors au point qu'il n'a jamais pu Tachever, et qull ne nous en reste que des fragments.
L'accroissement de ses maux commença par un homble mal de dents , qui lui ôtoit presque entièrement le sommeil. Durant l'une de ses longues
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veilles , le souvenir de quelques problèmes tou-*' chant la roulette vint travailler son génie mathématique. 11 avoit renoncé depuis long-temps aux sciences purement humaines ; mais la beauté da CCS problèmes , et la nécessité de làire quelque diversion h ses douleurs par une forte application , le plongèrent dans une recherche qu'il poussa si loin, qu*aujourd*hni même les découvertes qu*il j iu sont comptées,parmi les plus grands efforts de 1 esprit humain*.
La courbe , nommée vulgairement roulette oa cijcloidey est très connue des géomètres. Elle se décrit en Tair par le mouvement d un clou attaché à la circonférence d'une roue de voiture. On ne sait pas au juste, et cette oonnoissance seroit d'ailleurs fort indifférente en elle-même, quel est celui qui a remarqué d*abord la génération de cette courbe dans la nature ; mais il est certain que les François sont les premiers qui aient commencé i découvrir ses propriétés. En Roberval dé-
montra que Taire delà roulette oïdinaire est triple de celle de sou cercle générateur. Il détermina aussi , peu de temps après , le solide que la roulette décrit en tournant autour de sa base; et même , ce qui étott beaucoup plus difficile pour la géométrie de ce temps-là , le solide que la même courbe décrit en tournant autour du diamètre dè ton cerçle générateur, TorriceiU publia la plupart de CCS problèmes , comme de son invention , dans un hvre imprimé en i644 î >n&i& on prétendit en t rancti que Torricelli avoit trouvé les solutions de
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Bobei val parmi les papiers de Galilée, à qmBefttt^ grand les avoit envoyées quelques années auparavant : et Pascal , dans son Histoire de ta touleîie, traita sans détour Totricelli de plagiaire. J ai lu iivec beaucoup de soin les pièces du procès , et j avoue que l'accusation de Pascal me paroit un peu hasardée* 11 y a appaience qucTorricelli avoit réelleittent découvert les propositions qu'il s at- Uibuoit, ignorant que Roberval Teût précédé de plusieurs années. Descartes , Fermât et Roberval résolurent un problème d'uu autre genre , au sujet de la même oourbe ; ils donnèrent des. ihéthodes pour en mener les iangeales. .
Roberval et TorricelU avolcnt détermine la * mesure de la cjcloîde et de ses solides par des mojens très ingénieux, mais sujets à Tînconvenient d'être trop bornés et de ne pouvoir s étendre au-delà des cas qulls avoient considérés. 11 falloit traiter les^ mêmes questions d une manière gcnérale et uniforme : il falloit aller plus loin et s'en proposer d'autres ; il restoit & trouver la longueur et le centre de gravité de la roulette, le* centres de gravité des solides, demi-»solides,quarU de solides, etc., de la même courbe, tant autour de la base qu'autour de Taxe , etc. Ces recherches demandoÂent une nouvelle géométrie « ou du moins un usage tout nouveau des principes déjà connus* Pascal ttouva en moii^s de huit jours , au milieu des plus cruelles souffrances, une méthode qui embrasseit tous les problèmes que je viens d indiijuer t méthode fondée sur la soinmalioêi de ceriai-