T LES OUVAAGES DE PASCAL
avoit Testomac et le foie flétris , les intestins gan-^ gtenés : on remarqua avec étonnement que son crâne contenoit une quantité énorme de cervelle , dont la substance étoit fort solide et fort condensée.
Tel fut cet homme extraordinaire , qui reçut en partage de la natuife tous les dons de lesprit : géométré du premier ordre; dialecticien profond, écriyain éloquent et sublime. Si on se rappelle que dans une vie très courte , accablée de souilranees presque continuelles , il a inventé la machine arithmétique , les principes du calcul des probabilités, la méthode pour résoudre les problèmes delà roulette; qu*il a fixé dune manière irrévo-^ cable les opinions encore flottantes des savants par rapport aux effets du poids de Tair ; qu*il a établi le premier , sur des démonstrations géomé* triques , les lois générales de 1 équilibre des li-
filius. Post aliquot annos in severiori secessu et divioae legis meditatione transados, feliciter et religiose in pace Cbiisti vita functus anoo 1GG2, aetatis 6g ^ die iq au* gustL Optasset iUe quidem prae paupcrtatis et bumilitatis studio etiam his sepulchri houoribus carere, mortuusque etiamnum latere, qui vivus semper latere voluerat. Yerum ejus hac in parte votis cum cedere non posset Florinus Perier in eadem Subsidiorum Curia Crasiliarius , ac Gilbertac Pascal , Blasii Pascal sororis, coojux amantissimus, banc tabulam posuit, qua et suam ia ilkun jnetatem si-
gnifiraret, et Clu istianos ad christiana precum ofllcia si])i
et «kfoDoèo pcofiuura cobortaretur*
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queurs ; qu*il a écrit un des oayrages les plus par^ £BÛts qui ait paru dans la langue irauçoise» qoe dans ses Pensées il y a des morceaux d une pro* foudeur et d une éloquence tncomparables : oa
seia poitc a croire que chez aucun peuple , dans aucun teMps , il n a existé de plus ^and génie.
Tous ceux qui i 'approchoieut , dans le commerce ordinaire de la vie /reconnoissoieut sa supériorité : on la lui pardonuoit , parce qu il ne la soit jamais sentir. Sa conversatiou instruisoit sans qu'on s'en aperçût et qu*on pût en être humilié* j 11 étoit d'une iadulgence extrême pour les défauts | d*autrui. Seulement , par une suite de TatteatioD qu*il avoit de réprimer en lui-même les uu)U¥ements de Tamour^propre , il en auroit souflTert dif* < ficilemeut dans les autres 1 expression trop mar> I quéc. Il disoit a ce sujet qu'un honnête homme ' doit éviter de se nommer; que la piété chrétienne anéantit le moi humain, et que la civilité humaine le cache et le su pprime. On voit par les lettres pro- \ viaciales, et par plusieurs autres ouvrages, quil ctoit né avec un grand fonds de galté : ses maux même n avoient pu parvenir à la détruire entièrement. Il se pcrmettoit volontiers dans la société ces railleries douces et ingénieuses qui n'offensent points et qui réveillent la langueur des couver&a- ^ tions : elles avoient ordinairement un but moral; ainsi , par exemple , il se moquoit avec plaisir de ces auteurs qui disent sans ceiifse : Mon livre , mon commentaire f mon histoire; ils feroieni mieux, ajoiitoit-il plaisamment, de dire : Notre livre j noWe