DISCOURS SUR LA V||C
toutes les écoles , esclaves d'Aristote, étoieat plon-j gées dans les téaèbreft du péripatétisme; «t <m né pou voit espérer d'y introduire la lumière qu eu tenversant d*aiN>rd les autels c[ae la superstition 6t l'ignorance avoient élevés depuis deux mille ànsau philosophe çfec. Si Descartes ^eàt été plus modéré, les qualités occultes auroâeat irésisté plus long-temps : et du moins son idée d expliquer les effets physiques , pat la matière et le mouveoMof , «st très belle et très vraie en général. Mais dans u& temps où les esprit» se porteroienat à la r^cherche de la vérité par la voie de lobservation et de I expériem» , il faudroit soigneusement réprima ou contenir Tesprit de système, parce qu'il substitue .trop souvent les réponses précipitées d «ne imagination ardente à celle de la nature,* qu'il deviroit attendre.
Les recherches de Pascal sur la pesanteur de l'air le 4)l>nduisirent insensiblement à lexamen des lois générales auxquelles l'équilibre des liqueurs est assujetti. Archimède avoit déterminé la perte de poids que font les corps solides plpngés dans un fluide , et la position que ces corps doivent prendre relativement à leur masse et s leur figure^ Stévin, mathématicien flamand, aToil remarqué que la prMsion d un fluide sur sa base est comme le produit de cette base par la bauteui do fluide ; enfin on «savoit que les liqueurs pres^ sent en tous sens les parois des vases oùell^s sont contenues : mais il restoit encore à connoitre isxac-
lèmeut la mesune de oetie pression pour eu dé-
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ànire les conditions générales de l'éc^uilibre des
Pascal établit pour fondement de la théorie 'dont il 8*agit, que m, Ton fait à un Tase plein de liqueur et fermé de tous côtés deux ouyerturet différentes , et qu on y applique deux pistons poussés par des forces proportionnelles k ces ouvertures , la liqueur- demeurera en équilibre. Il prouve ce théorème de deux manières non moi us ingénieuses que convaincantes. Dans la première démonstration^ il observe que la pression d w piston se communique à toute la liqueur, de mfiL^ nièie qn*il ne ponrroit s enfoncer sans que Tantre piston se soulevât. Or, le volume du fluide deineunmt le même, on voit que les espaces pavoou<i» rus par les deux pistons seroient réciproquement proportionnels k leurs bases, on aux forces qui les poussent : d'oii il résulte , par les lois connues de la mécanique, que les deux pistons se contror balancent mutuellement» La seconde démojQStra* tien est appuj^ée sur ce principe évident par lui-» utème , que jamais nn corps ne peut se monvott par son poids sans que son centre de gravité desr cende. Ce principe posé , l'autenr foit voir facile» meut que , si les deux pistons , considérés comme on même poids , venoient à se mouvoir, le oentre de gravité de leur sj^stème demeureroit néanmoiM immobile : d'où 11 conclut que les pistons n*ont ' aucun mouvement, ^ que par conséquent le fluide est aussi en repos» Les différents cas d'éqnilibire des liqueur* , et les phénomènea qui en dé^*
aft DISCOQBS tua VIE
pendent ne sont pins que des eovoUaives du théo*
rème que je viens d^indiquer : Pascal entre à ce. sujet dans des détails fort cnrienx.
L état permanent de l'atmosphère s^explique par les m4uurs moyens. Paseal nmarqfne iei de plus que Tair est un fluide compressiJ>le et élastique. Cette* Térité , déjà connue depuis longtemps » ayoit été confirmée , au Pttj-de*dôme, par la voie de lexpérience. Un ballon à demi plein d air , transporté du pied au sommet de cette mon« tagne, s enfla peu à peu en montant , c est-à-dire ^ k mesure que le poids de la colonne d*air dont il étoit chargé diminuoit; puis se désenflai ou se rcdmsit en un moindre volume , suivant Tordre' inverse , en descendant y c est-à-dire y à mesure qu*il ^it plus chargé.
On doit rapporter à peu prés au même temps les premières observations qu^ois ait faites snr les efaangements. de hauteur auxquels la colonne mer» cnrielle est sujette en un même lieu par le^divers changements de temps. C*est de là que le tube de Torricelli et les autres instruments destinés au même usage, ont été appelés batomiires* M. Perler observa ces variations à Ciermont, pendant les années 1649» t65o , et les trois premiers mom de Tannée i65i. liavoit eagagé M. Chanut, am- Irassadenr de France en Snede , à faire de semblables expériences à Stockholm. Descartes , qui se fronvoit dans In même ville snr la fin de Tannée i649i prit part à ce travail; et cest à cette occasion )n'il indiqua Tidée d*nnJ>arMM^re donblos
ST LES OVTftA^Et DE PASCAl*. 2Q
contenmt du meroiife et de l'eau , afin de reodre
plus sensililes les variations du poids de Tair , en les mesurant par teelles de la celomie d*eaQ, Pascal 8e hâta d avancer, d après que>lqucs.observalionê tnformes, on d'après Bne théorie yagve et précaire, que Tair devient plus pesant à mesure qu il t9t plus cbarf^é de vapeurs : mais si eetfte proposi^ tioa étoit vraie , Pascal se seroît trompé eu attri- Ihiant la suspension du mercure dans le tube de Torricelli immédiatemeat à la pesanteur de rais; ^ar le plus souvent le mercure baisse dans les temps ]duvieux. Quoi qu il en soity les premières explications qu'on a données des variations du mercure dans le baromètre méritent d*autant plus d indul^ gence, qu'aujourd'hui même la cause de ces variations est encore asses peu connue , et qu*c41es sont sujettes à plusieurs irrégularités qui troublent quelquefois les conséquences qu'on veut tirer de letat du baromètre*
II paroit que les deux truites de Pascal sur Te^^fiii- Ubrt des liqueurs et sur la pesanteur de ta masse de Tair, furent achevés en Tannée i653; mais ils n ont été imprimés pour la première ibis qu*en i663 , un an après la more de Tauteur.
A la théorie des fitrides Pascal fit succéder différents traités sur la géométrie. Dans lun, qui avoit pour titre : PranMus t^pottonius GeUusy il étendoit ia théorie des sections coniques , et il eli déeouvroit plusieurs propriétés entièrement inconnues aux anciens ; dans d'autres , intitulés : Taciianes sphcuncœ} Tactiones rouictfe,- Loci ptani
ac soUdi ; PerspecUvœ MeUiodus , etc., il s'étoit pareillement ouvert des routes nouvelles* Il y a apparence qjje tous ces ouvrages sont perdus } du moins je n ai pu parvenir à me les procurer : je n'en parle que sur une indication générale que Tauteur en donne lui-même, et sur une lettre de M. Leibnitz à I'uq des ûIb de M. Périeri en date du 3o août iG^G.
laes héritiers des manuscrits de Paseal sont treâ lilumables de n avoir pas publié ces recherches géométriques en même temps que les traités sur réquilihro des liqueurs, et la pesanteur de Tair^ car elles auraient alors contribué au progrès de la géoméU'ie, et nous connoitrions le point précis où Pascal les avoit portées. D*ailleurs les productions d'un homme de génie, en cessant même d*étre nouvelles par ie fond cles choses , peuvent toujouca être instructives par Tordre des idées et des rai* sonnements. Mais n*exagérons pas des pertes , on déjà réparées , ou aisément réparables quant à Tobfet essentiel , c est-à-dire , quant aux connoissauces qu'on pourroit espérer de puiser dans ces ouvrages. Considérons que, si on les retrouvoit aujourd hui, ils ne nous ofiiiroient tout au plus que des vérités de détail , et nou pas des secours pour avancer la science. En ^et » depuis le temps où ils furent écrits ^Jies mathématiques se sont enrichies d*une foule de décottve^es ; les méthodes sont devenues plus simples, plus faciles et plu3 fécondes. Les gr^ds géomètres de notre temps ne Usent pas Archiméde, ni même Kcwton, pour y
ET LBi OCVaAOEâ BS PASCAL. 3|
rapprendre de nouyeaux sectets de VasU llf-m dans ces recherches un progrès coaûnuel de con^ iioissances qui , aux anciens ouvrages , en ùit soc* céder d autres plus profonds et plus complets. On étadie ces derniers, parce qa*ils représentent Tétaft actuel de la science ; mais ils auront à leur tour la mime destinée que ceux dont ils ont pris la plaee. Il n'en est pas ainsi dans les arts qui dépendent de 1 imagination^. Une tragédie telle que Zaïre sera lue dai^ tous les temps avec le même plaisir , tant que la langue françoise durera, parce qu'il ac teste rien à découvrir ni à peindre dans la jalousie d*Orosmane et la tendresse de Zaïre. Le poète et I orat<ettr ont un autre avantage : leurs noms , répé^ tc&sans cesse par la multitude , parviennent très promptettent à la célébrité. Cependant la gloire Jes inventeurs dans les sciences semble avoir un éclat plus 6xe , plus imposant. Les vérités qu'ils ont découvertes circulent de siècle en siècle poux latilité de tous les hommes , sans être assujetties la vicissitude des langues. Si leurs ouvrages ces^ ^ut de servir immédiatement à linstruction de la poêtéirité , ils subsistent comme des monuments destinés à marquer ^ pour ainsi dire , la borne de i ssptit humain k Tépoque on ils ont pam*
11 reste de Pascal plusieurs morceaux qui font ceanoitre son génie pour les -sciences , et qui 1 ont pUcé parmi les plus grands mathématiciens* Je veux dire son triangle arithmétique , ses recherches sur les propriétés des nombres , sou traité de la roulette, etc. Mous parlevons de tous «es on*
S-m DISCOURS Sun la vie
vrages- suivant Tordre des temps où ils ont «te éerîts». Coimençate par le tmngle arithmét^iiSr ^ui se présente le premier.
Si on v^ut se Âiie quelque idée de ee famum triangle , qu on se représente deux lignes perpen- 1 éicttlaiiM entre elles; quon les divise en partiel 1 égales , et qu on leur mène des paralielies qui partent de les peints de division. H es^ évi^kat | quen formera, par cette construction , deux espèces de bandes eu rangées , les unes horizontales, ' les autres verticales , que chaque rangée horiafto»* I taie ou verticaU; contiendra plusieurs carrés ou eellules ; que chaque cellule sera commune à une { rangée horizontale et à une rangée verticale. Cela , posé , Pascal écrit daua la première cellule qui est à l'angle droit , un. nombre qu'on appelle génént Hur, et d*où dépend le reste du triangle. €e nombre générateur est arbitraire ; mais étant une fois fixé , lei Mtfes iHMBibres destinés à rempKr les mitres cellules sont Ibrcés } et en général le nombre dune cellule quelconque est égal à celui de la cellule qui la précède dans une rangée horizontalci plus à celui de la cellule qui la précède dans une rangée^rtioale. De là lautew tire plnsieun con* séquences intéressantes : il trouve le rapport des ttombteS' écrits dmis deux cellules dcmuées ; ii somme la suite des nombres contenus dans uns langée quelconque ; il détermine let^comlihiaisotti éfcent plusieurs quantités sont ausceptiblea, etc. On voit M^fe ici , seus eflfort et tout naturelle*» meni, touchant les n€mibrea,.une feule de thée*^
Cr LES OUVRAGES DE PASCAL. 33
rimes qn'on démontreroit difficilement par toute aotre méthode.
l7nyeotion du triangle arithmétique est vraiment originale, et notre aatear n*en partage la gloire avec personne. Dans le temps q^u'il étoit oc< copé de ces recherekeê , Fermât , conseiller au par* Icment de Toulouse , et Tnn d^^s plus célèbres mathématicîeiia du siècle passé , trou?a une trèa belle propriété des nombres figurés, laquelle n'est qu'on corollaire du triangle aritlmiétiqne : Pascal u'ouLiia pas de ic citer à cette occasion , en lui donnant les plus grands éiogei. On v^it , par les lettres cjui nous restent de ces deux grands hommes, me <|ael plaisir ils se rendoieat récipKXjueaieiit justice. '
Parmi les propriélus du triangle aritlimétîque il y en a une très remarcjuabie : oelle de doaoevr les eocfficients des 'différents termes d'un binôme élevé à une puissance entière et positive» Newton ^généralisé depuis celte idée de Pascal ; et en sub- «titoant max eSLpresstons radicales la notation des exposants, imaginée par Wallis, il a trouvé la ft>rmale ponr élever un binôme à une puissance <lUelconc[ue , entière ou rompue , positive ou négttive.
Les mêmes principes donnèrent naissance à une t^onvelle branclle de l'analyse , qui a été trèefteonde <laas la suite; et c'est encore àPascal qu on en doit le« éléments. Cette branche est le calenl des pr^ habilités dans la théorie des jeux de hasard. Le Acvalier de Mcré , grand joueur , nullement gc6-
34 «sisccrvHs fkvm Iià Vffi
nètre , àvoit prOf>o§é sur ce sujiet deu& pi ob léme s S Pascal. L un consistoit à trouver en coiobieii> di^ coups ùn peut eftpéver d amener sonnet avec dettsc dés; 1 autre, à déterminer le sort de deux joueurs, après* vEa Certain nombre de conps i c*est4i-dire , à> fixer la proportion suivant lacjuelle ils doivent partager Tenjen ^ supposé qulls consentent à se séparer sans achever la partie. Pascal eut bientôt résoin ces deux qnestions. Il n*a pas donné l*anaK Ijfse de la première i on voit seulement , par Tuae de ses lettres à Fermât , que , suivant le résultat de sou calcul, il j auroit du désavantage à entreprendve d^ionener^ en ^ingt-quatre eoups , sonnes avec deux dés f c^ qui est- vrai en effet , comme il est également vrai qu'il y auroit de Tavantage h tenter la même chose en vingt-cinq coups* Mais il no-us a laissé , relativement à la seconde question. Un écrit pour déterminer en général les partis qu'on doit faire entre deux joueurs qui jouent eu plusieurs parties ; et il a encore traité la même, matière dans ses lettres à Fermât. Le chevalier de Meré, qni avoit sésoLn , avec le secours do la logique naturelle, quelques cas particuliers et faciles de ces problèmes, incapable d*apprécier les recherelles de Pascal , mais enorgueilli d y avoir donné occasion, «e crut en droit de les rabaisser; et poussant à l excès la risible liberté que la plupart des gen» du monde s*arvogent de tout juger ^ de tout improuver, sans avoir rien approfondi ^ il osa dire à Pascal que les dénumstraêions de la ^éoméirie sont ie plus souvent fousses} quelles empêchent
EX L£S OVVUAGM 1>« «AtCAL. 35
d cnirer dans des conêioissances plus hautes (jui né tfùmpeni jamais ; qu'elles Ibnt perdre dUint lemondki 1 Avantage dê remarquer à la mine et à l'air de$ pen^ amne» qu'on vali,' quantité dé ohaeee qui peu^oni beaucoup servir, elc%.Si wtte lettre ridicule a quel* que sens , on entreroit que Tauteur regarde Tart de saisir les fbiblessea des hommea , et d'en profiter^
comme la suprême science : opinion d'une âme aride et dépravée , que personne n oseroit énonoer ou%'ertement , mais qui a toujours été la croyance ti la régie des intrigants et des unLitieux , parée (|u'en eÛct , dans un gouvernement corrompu , les riehesses et les dignités ne sont , pour l'ordinaire , (|ue des usurpations de Tadrtsse sur le mérite et sur la sottise.
On sent que le jugement du chevaBer de Mcré sur les découyertes de Pateal ne pouiroit exeiter que la pitié y et non pas l indignation. Fermât , Robenral » et les autres grands géomètres du temps, applaudirent à ces mêmes découvertes ^ et leur toftuge eût eonsolé Tautenr, s*il avoit eu besoin de l'être. 11 ne se borna pas à traiter la question ter les partis pour deux joueurs seulement : il étendit ses recherehes à un nombre quelconque de joueurs. Roberval , frappé de la beauté de ces problèmes , essaya ^ mais en vain , de les résoudre* Fermât y réussit, en faisant usage de la théorie des combinaisons. Pascal , qui avoit employé une mé» thode diflerente , crut d'abord que celle des coxHh ktuaisons étoit défectueuse pour le cas où il y duloit plus de deux joueurs , mais il revint bientôt
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de cette légère méprise , et il reconnut que la solution de Fermât y d'ailleurs eonlorme k la ftiennei quant au résultat, étoit aussi exacte dans les principes qu*élé gante par la simplicité du calcul.
Toute la xhéorie du problème des partis est fcudéewirdeux principe» fortmaf^es. Le premier, que si Tun des joueurs setrouTe dans «m positioa telle , que dans tous les cas de gain ou -de perte il lui appartienne une certaine somme sur l'^jeu^ii doit prendre cette somme entière , et n*en faire an-l eun parta^ a¥ec4 autre joueur. Le secoad , qucftij Venjeu doit appartenir tout entier k celui des dcui joueurs qui gagnera , en aorte qu*aTant la partie; ils jr aient Tun et Tautre un droit égal^ ils doivent prendre chacun la moitié de len jeu , en cas qu'ib yeuîUent se séparer sans jouer. De ces deux priaeipes combinés ensemble , résultent Mutes les règles qui sont nécessaires pour détermiuer le sort, de plusieurs joueurs , ou pour calculer les probabilités 4e gain «ou de perte qui leur rMteM» ^ moment que la partie est interrompue. 11 ne s agit point ici d examiner si, reUtÎTement à In W lune des joueurs , ou par d autres considératioait soit physiques 9 soit morales ces riglee ne dei*i vent pas être modiUées dans la pratique. M. Pa-, niel BemooUi a discuté le premier objet < , eti IL d*Alembert a propose sur le second un gnijacl ,
* Voyez les anciens mémoires de racadéniîc de Pcters faourgf ano^ x jSo et 178 1 ^ tome Y, pa^^e q5.
£T L^S OUVRAGES DE PA#GÂLm ?gr
MOïbre 4e réflexion» qui ipéritent toute i 4(t#p<r
tiou des géomètres ' *
Le TraUé du ifiangh ariihméliifufi , et les alitres qui y sont relatifs , furent trouves tout ipiprimés , <pioîque non publiés « parmi les papiiers de P^cal , ^près sa mort» ârfrÂyée e^ iGÙ2, Mais ils avoiaat €té composés ei| Tannée i654 , comme on le roll par les d^te$ d^s lettres de Pascal et d^ f ^rm^t.
Quelques auteurs pnt écrit que Hughens avoit donné y eu inême tepips que Pascal , et d'une mar oière encore plws rigoureuse , la théorie des j<'u$ de hasard, Miais la yérité est que r^ouyrAge de U^iigliens, de Ratiociniis in ludo aleae^ irc parut qu'en |€57, et que sa méthode n'est autre dans le fond que celle de Pascal , déjà répandue parmi les géor piètres dès Tajanée 1 6^4 ^ Vpjcji comine9t Hughens s'exprime lui-ipénie daj^s sa préface , ayeç ijine candeur bien digne d'un si grand homme, « )1 fiii^t a cju'on sache que toutes ces questions ont déjà
été- agitées parmi les plus grands |géomètre» de «la France, afin qu'on ne m attribue pas pial à « propos la gloire de la premiiire rnrention^. y> En effet , celui qui a trouvé le tautocUroi^ismie de la cjcloide ^ la théprie des développées , celle deS
* Voyez ses Mélanges de littéraluie, tomeVi et ses
Opuscules mathématiques , tomes U et Y.
^ «Sdendum veiro quod jam pridem inter praAtanlisr • ic siinos tota Qallia gcometras calci^lus hic agitatus fueriti K ne quis tndebitam mîlii prinme invendonis gloriam bas u in re trihuat. »
33 Discouns sun la vib
forces centrales , etc. , n'a pas besoin qn*on Ini fasse des présents.
Ce fut encore li peu près dans ce temps-là que Pascal fit la découverte de deux machines trèssîmpies et très usuelles : Tune est cette espèce ds chaise roulante , traînée à bras d*homme, que Ton appelle vulgairemwt brouette ou vinaigrette ' j l'autre est cette charrette à longs brancards^ , connue sous le nom de hac/uet
Tous ees ouvrages ruinoient insensiblement la santé de Pascal. La foiblesse de son corps ne pouvoit snflire à Tactirité de son esprit. Dès la fti d«
* La suspension de la brouette est ingénieuse, relativement à son objet. Ceux ressorts de fer attachés solide^ ment chacun par Tune de leurs extrémités au bas de It partie antérieure de la caisse , portent à l'autre extrémits qiu est libre, et qui va en relevant , deux espèces d'étriers; ces ctriers soutiennent deux plateaux qui sont eniilës par Tessien, et qni ont la liberté de monter ou de^descendit le long de deux coulisses verticales, ce qui empêche ou diminue les secousses que prodniroien^ les inégalités du terrain.
^ Le haqnet sert, comme on sait, k transporter des ballots pesants, Hes tonneaux pleins de liqueur, etc. Les deux brancards £;)rment bascule et deviennent des plans inclinés quand on veut faire monter ou descendre les &r* deaux : un moulinet place à lavant du baquet reçoit un câble qui soutient le poids ascendant ou descendant. 11 y a V autres espèces de baquets : celle-là est la principale i die contient, comme on voit, une combinaisoii hefueiiia du tour et du plan incliné.
SX LES OUYAAGES D£ PASCAL. 89
Tajinée iii4y ii avoit été atitaqué, pendant trois mois, cl*tme paralysie qui lui ô'toit .presque entiè* remeat i'usa^ de ses jaml>es. Quelque temps après ii Tint demeurer k Paris avec son père et sa sœur .Jacqueline*. Tant qu'il fut environné de sa famille , ilmettoit quelque relâche à ses études; on l'obligeoit à prendre de la dissipation; on lui £t £BUre quelques voyages en Auvergne et eu d autres piovinces. Mais il eut le malhenr de perdre son père en 1 G5i ; et sa sœur Jacqueline , occupée depuis long-temps du désir de se consacrer toute entière à Dieu, embrassa letat de religieuse, à Port-Uojaldes*Champs , en i$53. Il étoit d*ailleurs éloigne de monsieur et de madame Périer , que la charge de M. Périer retenoit à Clermont. Ainsi resté seul de sa famille à Paris , sans avoir personne qui put le contenir , il se livra à des excès de travail qui i'auroient conduit en peu de temps au tombeau , s il ue se iàt eutiu arrêté. La déiaiiiance de la nature, plus puissante que les conseils des médecins , le lori^a de s interdire absolument toute ét^e, toute contention d esprit. Aux méditations du ca* binet il substitua la promenade et d'autres semblables exercices modérés et salutaires. Il vit le monde ; et quoiqu'il y portât qucàquc^ois une humeur un peu mélancolique , il y plaisoit par une raison supérieure, toujours accommodée à la portée de ceux qui Técoutoient. Cette espèce d*empire s établit avec plus de lenteur que celui des agréments ; mais il est plus respecté et plus durable. Pascal prit à son tour du goût pour la société :
4b btâcdbftâ ètn iA vit
il libngea même à. s y attacher par lesiiens àn Ma^ .liage, espérant que les soins d'une compagne ai-* inable et sensible adouciroient ses souffrances, augmentées encore par 1 ennui de la solitude; mais lin éirénelhent imprévu changea tl>ùs séS projets.
Un jour du mois d'octobre iG54 » étant allé se prômenef^sCtivant sa'conttlmé^ aii pontdeNeuillj, dans un carrosse à quatre cbeyaux y les deux pre^ miers prirent le mors aiiii dentë yis-à^vis d'un^en» droit où il p'y avoit point de parapet » et se préd* pitèrent dans la Seine. Heureusement la première secousse de leur poids rompit les traits qui les at^ taclioieiit îln train de derrière , et le carrosse de*meura sur le bord du précipice' s àiais on se représente sans peine la commotion que dut recevoir la machine frêle .et languissante de PasCaL 11 eut beaucoup de peine à revenir d un long évanouie senfent} sôn Ceryeati fiit tellement ébranlé, que, dans la suite , au milieu de ses insomnies et de ses exténuâticmà , il crojoit voir de temps en temps , à côté de sOn lit. Un précipice prêt à lengloutir* On attribue h la mème'càtlse une' espèce de vision du d extase qU il eut peu de temps après, et dont il cdnsêrVa la mémoire le reste de sa vie , dans un liapier qu'il portoit toujours surlui , entre 1 etoffs et la doublure de son habit.
Son père lui aVoit inspiré dès lenfance TamoUr et la croyance intime de la religion. Cessentimcnti, gravés âu fond de son cœur , mais nn peu assoupis par l'étude des sciences^ se réveillèrent en ce mettent, et reprirent tonte leUr force. Il regarda l é^
£T I£S OUVRAGES BC PASCAL. <^ l
irénement dont nous venons de parler comme un avis que le ciel lui donnoit de rompre tous les euga|;ements humains , et de ne vivre k 1 avenir que pour Dieu. Sa sœur Jacqueline Tavoit déjà pré> paré ^ par son exemple et par ses discours , à ce pieux dessein. 11 renonça donc entièrement au monde , et ne conserva de liaison qu'avec quelques amis remplis des mêmes principes. La vie réglée qu'il menoit daus sa retraite apporta quelques adoucissements à ses maux : elle lui procura même d'assez longs intervalles de santé; et c'est alors qu*il composa plusieurs ouvrages d un genre bien opposé aux mathématiques et à la physique : nouveaux prodiges de son génie, et de la facilité incroyable avec laquelle il saisissoit tous les objets qu*on lui présentoit»
L^abbaye de Port-Royal, après un long état de langueur et de relâchement, sëtoit élevée en peu de temps à la plus haute réputation de vertu et de régularité , sous le gouvernement de la mère Angélique Amauld. Cette fille célèbre, soigneuse d'augmenter la gloire de son petit empire, par tous les moyens que ponvoit avouer la religion , avoit attiré^ dans une maison particulière attenante au monastère des champs, plusieurs hommes émiuents en savoir et en piété , qui , dégoûtés du monde, venoient cheroher au désert le recueillement et la tranquillité chrétienne : tels étoient ses deQ^ frères, Amauld d*AndiIli et Antoine Amauld ; ses neveux , Le Maitre , et Saci , le tra4ucteur de la Bible ; Nicole , Lancelot , Hermant , eto« 14. prin*