Il y a des hommes que le mot de poésie
fait rire, ils. rappliquent comme une sorte de reproche railleur ; ils n'admetlent lamour de la poésie que chez les enfants et les jeunes filles sottes, tout en se moquant de leur faiblesse. Pour eux le positif suffit. Mais ce sont précisément les enfants qui jugent sainement la vie ; ils aiment et savent ce que doit aimer l'homme pour connaître le bonheur. Tandis que ceux que la vie a désorientés raillent ce qu'ils aiment et recherchent ce qu'ils haïssent : d'où leur malheur.
260. — Nous croyons voir le bonheur de notre vie dans la puissance, la domination et l'abondance des biens. Erreur !
261. — Le bonheur, c'est de vivre avec la nature, de la voir, de la sentir, de lui parler.
VIlï
LA SCIENCE. — l'art
262. — La science et Fart sont inséparables comme les poumons et le coeur ; de sorte que si Fun de ces organes est dénaturé, Tautre ne peut pas fonctionner régulièrement.
263. — L'objet de la science, c'est de servir les hommes. Nous avons inventé le télégraphe, le téléphone, le phonographe, mais dans la vie, dans le travail du peuple, qu'avons-nous amélioré ?
264. — La classe des savants et des artistes qui, s'appuyant sur une fausse distribution de travail,
Ossip-LouRiÉ. PeAsées de Tolstoï. 7
réclame le droit d'usurper le travail d'autrui, ne peut pas assurer l'épanouissement de la véritable science et de l'art véritable, parce que le mensonge ne peut pas produire la vérité.
265. — Dans quelques siècles, l'histoire de ce qu'on appelle l'activité scientifique de nos fameux progrès sera un sujet fécond d'hilarité et de pitié pour les générations futures.