La raison ne prescrit rien, elle éclaire
371. — L'homme qui connaît la doctrine de la vérité ne peut contribuer à apaiser les besoins les moins impérieux des hommes qu'après avoir
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satisfait leur premier besoin, c'est-à-dire après avoir contribué à les nourrir, après leur avoir épargné la mort qui provient de la lutte contre la misère.
372. — La première et la plus pressante des œuvres que doit accomplir Tamour consiste à rassasier celui qui a faim, à désaltérer celui qui a soif, à vêtir celui qui est nu, à secourir les malades et les prisonniers.
373. — Avant de faire une bonne action, on doit se mettre en dehors du mal et dans les conditions pour pouvoir Téviter.
374. — Celui qui fait de mauvaises actions déteste la lumière et ne marche pas dans la lumière pour ne pas dénoncer ses actions.
375. — Les hommes préfèrent robscurité à la lumière quand leurs actions sont mauvaises.
376. — L'acceptation d'une vérité nouvelle ou, mieux, le rejet de Terreur s'achète toujours au prix d'une lutte entre le témoignage de la conscience et la force d'inertie.
377. — Les actes de vérité, en introduisant la lumière dans la conscience de chaque homme, dissolvent l'homogénéité de Terreur, détachant un à un de la masse les hommes soudés entre eux par la force de Terreur.
378. — De même que Tincendie allumé dans la steppe ou dans la forêt ne s'éteint pas avant d'avoir consumé toutes les matières sèches, mortes et partant combustibles, de même la vérité, quand une fois elle s'est exprimée par des mots, poursuit son œuvre jusqu'à ce qu'elle
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anéantisise tout ce qu'elle doit anéantir — le mensonge qui, de toutes parts, Tenserre et la cache. Le feu couve longtemps ; mais, dès que la première étincelle a jailli, il brûle très vite toutes les matières combustibles. De même, la vérité cherche longtemps l'expression qui la manifestera au dehors ; mais qu^elle trouve seulement le mot qui l'exprime clairement : le mensonge et le mal seront tôt anéantis.
379. — La sagesse de la vie consiste à considérer sa vie comme procédant de Tesprit infini.
380. — Puisque Thomme ne voit et ne comprend pas le fantôme du fini, il faut qu'il croie à l'infini.
381. — L'idéal n'est pas le surnaturel. Au contraire, l'idéal est tout ce qu'il y a de plus naturel et de plus certain pour l'homme. En géométrie, l'idéal, c'est la ligne droite et le cercle dont tous les rayons sont égaux; en science,
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c'est la vérité pure; en morale, c'est la vertu parfaite.
382. — Rabaisser l'idéal, c'est non seulement diminuer nos chances d'arriver à la perfection, mais encore détruire l'idéal lui-même. L'idéal qui nous attire n'est pas inventé par quelqu'un ; chaque homme le porte en son cœur ! Seul cet idéal de perfection absolue et infinie nous séduit et nous attire. Une perfection possible perdrait toute l'influence sur Tâme humaine.