CHAPITRE PREMIER
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Quatre grandes lois primordiales, indépendamment de l’action des fluides impondérables, régissent en ce monde tous les êtres créés. Ces quatre lois qui dominent toute la création, sont : la force intelligente, la force vitale sensitive, la force vitale végétative, et la force attractive ou l’attraction.
A cette dernière obéit toute la matière brute et inorganique.
Le règne végétal est sous l’empire immédiat de la force vitale végétative.
La force vitale sensitive anime tout le règne zoblogique, et préside à la vie de tous les animaux , hors l’homme.
Ces forces, comme causes secondes, donnent à la matière inerte et passive le mouvement et la vie. Or, ce qui donne le mouvement et la vie est actif, et ce qui est actif n’a rien de commun avec ce qui est passif, comme la matière ; donc ces forces vitales sont indépendantes de la matière, c’est-à-dire immatérielles.
PENSÉES d’(JN CROYXNT.
Voici une preuve d’observation qui établit invinciblement celte indépendance de la force vitale. On sait qu’un œuf non fécondé est une sorte d’organisation au moins rudimentaire; on y découvre, a l’aide du microscope, tous les linéaments de l’étre qui doit en éclore. Eh bien! soumettez cet œuf à l’incubation et à l’influence de la chaleur animale, qu’en obtiendrez-vous? Rien autre chose que la putréfaction. Que si, persuadé que le fluide électrique est le principe vital, vous faites psser sur cet œuf un courant électrique ou galvanique, au lieu d’en soutirer l’étincelle de la vie, vous ne ferez qu’en hâter le travail de la fermentation putride. Que manquet-il donc à cet œuf? L’excitation, la force vitale, cette puissance plastique de la vie, sans laquelle toute organisation tombe nécessairement sous l’empire des lois physiques. Nous ajouterons qu’au rapport de M. le docteur Vircy, des œufs fécondés ne se congèlent pas au même degré de froid qui glace les œufs non fécondés.
Il résulte donc de ces faits que l’organisation peut naître sans posséder le principe vital, et que la chaleur animale et le fluide électrique ne sont pas la force vitale.
Nous ne pouvons constater l’existence de ces forces vitale et attractive, que par leurs effets ou leurs manifestations phénoménales ; leur mode d’action nous est inconnu. Ces forces, dans la rigueur philo-
M.VTKRI VLISME MODERNE .
sophique , ne doivent être considérées que comme des lois secondaires émanées de la volonté de Dieu, ou comme des moyens d’action de la toute-puissance divine plus accessibles et plus saisissables à la faiblesse de l’intelligence humaine.
Enfin apparaît radieux de splendeur et de lumière le Roi de la création , l’être raisonnable , l’homme. Celte noble créature, faite à l’image de son divin auteur, est un être double, parce qu’il est régi par la double puissance de l’àmc, la faculté intelligente et la faculté sensitive. L’homme réunit donc la vie intellectuelle à la vie matérielle. L’âme humaine, par sa faculté intelligente, régit le cerveau pour l’accomplissement des fonctions intellectuelles et morales; et par sa faculté sensitive, elle préside à tout le reste du système nerveux, pour régler, par son action immédiate et prochaine, les opérations d’un ordre inférieur, comme les fonctions sensoriales, la sensibilité externe et générale et la motilité; et par son action éloignée, la sensibilité interne, élective, organique, nutritive, l’irritabilité, la contractilité de tissu, etc.
La faculté sensitive de l’âme agit souvent seule indépendamment de la faculté intelligente, soit par son action prochaine et immédiate ; par exemple, lorsque l'homme éprouve des sensations, se meut, inarche, boit, mange, en un mot quand il fait physiquement tout ce que font les êtres privés d’intelli-
PENSÉES Il’üN CROYANT.
gence, comme les idiots et les animaux; soit par son action éloignée sur les fonctions organiques internes, comme la digestion, la circulation, l’absorption, la nutrition, etc. , qui s’exécutent en tout temps, même pendant le sommeil, alors que les facultés intcllectuellcssont sans action. Mais aussi il arrive souvent <juc l’âme fait concourir à ses fins ces deux facultés à la fois , comme lorsque l’homme fait des actions qui nous révèlent quelque combinaison intellectuelle dont les êtres sans intelligence sont incapables : par exemple, dans l’action d’exprimer la pensée par l’écriture, ou d’exécuter un tableau historique, etc. Dans tous ces cas il y a concours nécessaire des deux facultés de i'ànie. Les membres sont mis en mouvement par l’ordre du principe spirituel ; les organes servent l’intelligence ; la faculté sensitive obéit à la faculté intelligente, ou la servante à la maîtresse. On voit par là que cette théorie n’a rien de commun avec le slhalismc. Cette faculté sensitive de l’àme est représentée dans les animaux par la force vitale sensitive que l’on appelle dans les écoles lYt/ne des bétes. Celte force vitale, par sa qualité sensitive et sensoriale, gouverne le cerveau et règle par lui tous les phénomènes de l’instinct des animaux; et par sa qualité purement sensitive, elle préside à la sensibilité générale et externe, et à la sensibilité interne, organique, nutritive, à l’irritabilité et à la contractilité. Nous croyons que, sans ces principes
matérialisme moderne.
mctaphvsico-phvsiologiqucs, il est impossible d’expliquer philosophiquement et rationnellement, nonseulement l’homme, mais même les animaux , comme nous le verrons dans le cours de oet ouvrage. Si peut-être quelques médecins ou quelques physiologistes n approuvent pas ces principes , il faudra se rappeler qu un grand nombre de médecins et de physiologistes modernes sont matérialistes , ou du moins sensualistcs , et que peut-être ceux qui se croient spiritualistes ne laissent pas que de subir plus ou moins, et à leur insu , l’influence matérialiste du dix-huitième siècle (i).
(t) ORDRE HIÉRARCHIQUE DE l'UHIVERSALlTÉ DES ÊTRES
i.R Rünre MINERA LOGI- QUE,
qui croit ( par Juxtâ-posilion Inorganique.)