I.— LE SUICIDE EST UN CRIME CONTRE DIEU
Le meurtrier de soi-même usurpe les droits de Dieu , méprise ouvertement ses lois saintes , refuse de remplir ses devoirs sacrés envers Dieu , enfin il quitte de son propre mouvement, comme un lâche déserteur , le poste honorable de la vie.
i* Il usurpe les droits de Dieu, du souverain arbitre de la vie et de la mort. C’est lui qui a donné la vie, le mouvement et l’être (i) à tout ce qui respire sous le soleil. L’homme ne peut donc regarder la vie comme un bien dont il puisse disposer à son gré : c’est un dépôt qui lui est confié ; il n’appartient donc qu’au maître du dépôt de le retirer, lorsqu’il le jugera convenable.
3 ° Il méprise la loi de Dieu. Cette loi , c’est la loi
(I) In ipso vivimus, et movemur, cl sumus. (Aci. 17, 28.;
283 PENSÉES d’on croyant.
naturelle , gravée dans le cœur de tous les hommes, qui les porte invinciblement tous à fuir la mort et toutes les causes destructives de teor être. Or , c’est cette loi de ta nature, cette loi universelle et immuable qui est de tous les temps et de tous les Ireux, qui domine tous les hommes, c’est cette loi sainte que le suicide méprise et contre laquelle il •se révolte autant qu’il est en lui.
3° Il refuse de remplir ses devoirs sacrés envers Dieu. A tous les jours de la vie de l’homme , Dieu a attaché des devoirs à remplir, soit envers lui-même, par la religion , l’adoration et le culte , soit envers ses semblables , par les divers rapports sociaux. L’homme ne peut donc diminuer le nombre de ses jours, sans par là même diminuer la mesure et l’étendue des devoirs que Dieu demande de lui. Donc le suicide refuse à Dieu ce qu’il lui doit.
4° Enfin le suicide quitte de son propre mouvement comme un lâche déserteur le poste honorable de la vie.
La vie présente n’est qu’une épreuve pour en mériter une meilleure; d’est 'une courte période de jours remplis de misères, de peines et de travaux; un temps de passage pour nous disposer à entrer dans notre véritable patrie. C’est donc un crime de renoncer absolument à celle espérance, de nous révolter contre un ordre sage, et de supposer
que la providence ne veut mettre aucun terme à nos peines et à nos douleurs : or , c’est ce que l'ait le suicide.