‹ Pensées d'un croyant catholique, ou considérations philosophiques, morales et religieuses sur le matérialisme moderne, et sur divers autres sujets, tels que l'ame des betes, la phrénologie, le suicide, le duel et le magnétisme animal ouvrage généralement destiné a la jeunesse lettréeChapitre 43 sur 49 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

PHENOMENES PHYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES Dll MAGNÉTISME ANIMAL.

Il faut se rappeler que les sujets magnétiques sont généralement pris tlans la classe des individus nerveux , valétudinaires, faibles de corps, d’esprit, de raison et de caractère, très-mobiles, très-affectibles et dominnbles. En un mot ce sont ordinairement des femmes, de jeunes filles, très-impressionnables, vaporeuses , hystériques, etc. il n’est donc pas étonnant qu’un homme doué d’un physique plus ou moins imposant, d’un regard vif et dominateur, armé d’ailleurs de tous les charmes les plus prestigieux , d’une physionomie expressive , d’une mobile et étonnante mimique, d’une parole mystérieuse et grave, d’un air composé et mystique, il n’est pas étonnant, dis-je, qu’un tel homme, à l’aide de cet extérieur magique, subjugue, fascine et captive ces êtres délicats, faibles, timides et crédules; les

4o4 l’ESSÉES Il’lJN CROYANT.

slu|)éfic, les paralyse ou les jette dans des crises nerveuses, des spasmes , des crispations, des convulsions, ou dans un engourdissement, une torpeur somnolente, ou un véritable et profond assoupissement, en un mot dans le somnambulisme artificiel et magnétique. Chez d’autres sujets, comme les filles hystériques , l’habile magnétiseur produira les mômes phénomènes nerveux avec bien d’autres encore par des procédés différents, un extérieur moins grave , un regard moins sévère et plus sympathique , une parole plus douce , quelques gestes , quelque attouchement magnétique adroitement ménagé; enfin il n’y a presque pas d’anomalie ou caprice du système nerveux que ne puisse faire naître un homme du caractère physique et moral tel que l’exigent pour réussir les docteurs du magnétisme. Quels effets merveilleux ne produira-t-on pas encore sur des sujets névropathiques, mélancoliques, hypocondriaques, cataleptiques, souffrant en un mot tous les maux? Un magnétiseur habile, surtout s’il est médecin ou physiologiste, connaissant l’immense étendue de la puissance nerveuse , frappera vivement , pathétiquement l’imagination de ces esprits malades, et obtiendra quelquefois, il faut l’avouer , des effets merveilleux. Il est impossible de rendre le ton , l’accent affectueux , l’air magique des magnétiseurs et surtout leurs manières douces et enchanteresses; en voici un faible extrait : <c Ras-

MAGNÉTISME ANIMAL. /\o5

surez-vous , mon enfant , ne vous troublez aucunement ; vous allez bientôt ressentir la bénigne et douce influence que le ciel vous envoie ; vous allez être plongé dans un océan d’idées dont les délices opéreront en vous une révolution salutaire. La santé la plus parfaite sera l’heureux résultat des inexprimables ravissements de votre àme. Ne vous occupez que du bonheur ineffable dont vous allez jouir. Bien , très-bien, ma chère amie , continuez à vous élever intérieurement vers le bienfait de votre guérison. Je vous le promets , rien ne peut l’empécher etc..» (Citation de M. le docteur Dupau , Lettres physiologiques et morales ^ur le magnétisme animal). Jugez de l’effet que doivent produire ces discours pathéticoemphatiqurs sur ces cerveaux faibles , malades , sur des êtres souffrants qui croient tout et se soumettent à tout dans l'espoir d’étre soulagés. Il faudrait des volumes pour dire toutes les merveilles, les cures subites et prodigieuses qu’on a opérées en exploitant habilement l’influence nerveuse ou en faisant la médecine morale.

Une personne très-nerveuse souffre horriblement d’une névralgie dentaire qu’aucun moyen matériel n’a pu calmer; on la magnétise, et soudaiu la douleur est mise en fuite par les fiasses magnétiques. Il est probable qu’une impression subite et très-vive , un événement imprévu , la vue de l’instrument du dentiste ou de tout autre objet de terreur aurait

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produit le même prodige. Voilà donc l’effet de l 'influence nerveuse. L’instinct maternel inspire quelquefois aussi une espèce de magnétisme. Une mère caresse son enfant souffrant; elle frotte doucement l’endroit douloureux , et souffle dessus ; elle le regarde avec une inquiète tendresse , lui dit que la douleur cesse , et l’enfant se calme et s’endort.

C’est dans la sympathie et l’antipathie que l’on trouve la source des effets les plus extraordinaires produits par la vue d’un objet sur le système nerveux. « L’homme doué d’une plus grande force ou d’un courage plus audacieux en impose souvent à son adversaire par un regard lier et une attitude menaçante : les animaux féroces frappent de terreur la proie qui ne peut plus leur échapper ; la perdrix et la caille ne peuvent plus s’envoler à la vue d’un chien de chasse (i); le lièvre se tapit dans son gîte ; et le crapaud , agité de mouvements convulsifs par la vue d’un serpent , arrive comme malgré lui jusque dans la gueule du reptile, qui , les veux étincelants, l’attend pour le dévorer ; le crapaud lui-même , par un regard affreux et le dégoût qu’il inspire, fait tomber quelques personnes en syncope. Enfin , que d’exemples de femmes nerveuses et délicates qui ont des convulsions ou se trouvent niai à la vue d’une

(I) Non pas à la vue du chasseur, quelque grand magnétiseur qu’il Soil •

araignée , d’une souris , etc. , ou de tout autre objet de terreur! Ces phénomènes ont-ils d’autre cause que l’impression instantanée et lâcheuse qui a été produite sur une imagination vive et sur un système nerveux très-mobile? Ces animaux ont-ils aussi un fluide qu’ils lancent avec une volonté ferme sur la personne qu’ils fascinent et épouvantent (1) ? »

Une terreur subite et profonde peut arrêter instantanément des accidents nerveux produits par une sorte d’imitation contagieuse. A l'hôpital de Harlem, une petite fille ayant été prise de convulsions, plusieurs autres en furent également atteintes : alors Boërhaave fit apporter un réchaud avec des fers rouges et menaça de brûler à la plante des pieds la première qui aurait une attaque de convulsions : à l’instant même toutes furent guéries. Des exemples semblables ne sont pas rares. Les commissaires chargés de l’examen du magnétisme rapportent qu’à une cérémonie de la première communion , à l’église de Saint-Roch de Paris , une jeune fille ayant eu des convulsions , cinquante à soixante en eurent de semblables dans l’espace d’une demi-heure : on ne put arrêter cette contagion nerveuse qu’eri les séparant les unes des autres. Ils citent encore le maréchal de Villars qui , dans ses mémoires , dit avoir vu dans

(I) Lettres physiologiques rl morales sur te magnétisme animal, far le docteur Uupau.

4«8 PENSÉES d’un CROYANT,

les Cévennes une ville entière dont toutes les femmes et les filles sans exception paraissaient possédées du diable : elles tremblaient et prophétisaient publiquement dans les rues. Voici encore un fait qui prouve le pouvoir d’une imagination fortement frappée : il v a une vingtaine d’années environ , une femme de la campagne, fort simple, crédule et superstitieuse (sujet magnétique) vint nous consulter. Elle se croyait et se disait possédée du démon. Nous nous bornâmes à lui prescrire un traitement purement hygiénique et moral. Après la consultation , quelques-uns de nos élèves, des plus avisés et des plus farceurs, voulant s’égayer un peu, se chargèrent à mon insu de mettre sur-le-champ h exécution le point moral de notre ordonnance. On veut chasser le diable en frappant vivement et soudainement par un appareil de terreur l’imagination malade de la monomane. On la conduit mystérieusement dans une chambre obscure où il n’entrait de jour précisément que pour voir des objets capables de produire sur l’esprit de la malade une impression de surprise et d’épouvante , tels que apparence de spectres , ossements, tètes de morts, etc., etc. C’est à l’aide de cette scène fantasmagorique jointe à la parodie burlesque des cérémonies de l’exorcisme (ce que nous n’avons point approuvé), et surtout en administrant à la patiente d’amples aspersions d’eau lustrale qu’ils l’ont parfaitement guérie.

L’attente d’une heureuse médication peut aussi vivement frapper l’imagination d’un malade et produire réellement chez lui des effets sensibles et matériels, indépendamment de tout agent thérapeutique. Un paysan alla consulter un médecin qui lui prescrivit une purgation. En lui remettant l’ordonnance , le médecin lui dit : Prenez cela et vous serez purgé. Le malade exécutant un peu trop à la lettre la prescription de son docteur, avala le papier, et il ne laissa pas que d’être largement purgé. Ce papier était-il magnétisé? Il l’était comme une tasse non magnétisée que l’on présenta à une femme ; celle-ci entra en crise à l’attouchement de cette tasse , qu’elle croyait magnétisée.

« Oubliez momentanément , dit M. Deleuze , toutes vos connaissances de physique et de métaphysique ; éloignez de votre esprit les objections qui peuvent se présenter; ne songez qu’à faire du bien au malade que vous traitez. Non , la foi dont on a tant parlé n’est point essentielle en elle-même ; elle n’est point le principe d’action du magnétisme ; elle est seulement nécessaire au magnétiseur comme un motif qui le détermine à faire usage d’une

faculté Imaginez qu’il est en votre pouvoir de

prendre le mal avec la main et de lejeterdecôté(t).»

Cet auteur ajoute ailleurs : « Ne magnétisez pas

(I) Histoire critique du magnétisme, t. i, p. 57.

4lO PENSÉES D’UN CROYANT.

devant des curieux, mais seulement devant des personnes qui prennent intérêt au malade et ne vous gênent pas. » M Deleuze assure qu’il est plus facile de faire des expériences dans les hameaux et les villages que dans les grandes villes, sur de simples villageois. « U est si facile, dit-il, de persuader à de pauvres gens qu’on désire les guérir et qu’on en a les moyens, que vous n’éprouverez pas beaucoup de difficulté. Si vous n’avez rien produit, cherchez d’autres sujets pour vos expériences. Vous en trouverez au moins un sur dix sensible au magnétisme » (page 55 ).

<( La foi , continue M. Deleuze , est nécessaire au magnétiseur , n’est point nécessaire au magnétisé ; cependant l’incrédulité absolue du magnétisé peut repousser l’action du magnétisme , la retarder, s’opposer à scs effets plus ou moins long-temps. Enfin les trois qualités qui donnent de l’énergie au magnétisme sont foi , espérance et charité » (tome i", page 240).

» Les magnétiseurs sont différents pour la force ou l’ascendant; le robuste a plus d’cffel que celui d’une constitution faible ou un vieillard (page 1 27-179). » Donc l’ascendant du physique ou la supériorité de la force opère sur l’esprit. Il faut donc admettre en définitive que beaucoup de miracles magnétiques que nous avouons être réels sont la dépendance de la reine du système nerveux, de celte grande en-

chanteresse , cette habile magicienne qui domine , dans son vaste empire , toutes les puissances de la sensibilité; vous l’avez compris, c’est l’imagination, c’est la folle de la maison , comme dit un ingénieux auteur. Les phénomènes magnétiques appartiennent donc à la physiologie, et ils ont été connus dans tous les temps. Une circonstance assez remarquable , c’est que le magnétisme ne produit aucun effet sur les aliénés, apparemment parce que l’empire de l’imagination est nul chez eux.

M. Virey rapporte l’aveu suivant d’un célèbre magnétiseur : « Ma théorie est toute simple, avouait un magnétiseur très-connu à un médecin de beaucoup d’esprit ; vous êtes plus fort que moi , et d’un coup de poing vous me renverseriez. De môme , il y a des personnes plus puissantes que d’autres en esprit , en imagination , en intelligence. Si je veux dominer de plus forts que moi au moral et môme au physique , je ne pourrai point magnétiser, à moins que ces individus ne me cèdent, qu’ils ne se baissent sous moi, pour ainsi dire, par la confiance et la croyance.

» Il faut donc que je cherche mes inférieurs en esprit, en caractère. Alors, prenant hardiment l’ascendant sur ces êtres qui me regardent comme doué d’une puissance énergique , je les frappe d’un coüp d’imagination; si l’idée seule ne suffit pas, j’emploie des gestes , des appareils, une voix élevée qui les maîtrisent , qui domptent les esprits rebelles; je

4 I 3 pensée» d’un croyant.

leur commande , et ils dorment sous ma volonté ou se réveillent à mon gré. Agissant alors par celte haute confiance que leur inspire ma supériorité, ils se trouvent en effet soulagés , et mémo guéris ; je triomphe surtout chez les malades imaginaires , les hypocondriaques, les hystériques , tous les êtres languissants, valétudinaires, énervés; et, en secouant fortement leur moral, je ranime l’énergie vitale de leur économie; je soulève et j’exalte ces esprits faibles, comme on voit des soldats peureux devenir braves, par la seule opinion qu’ils sont soutenus d’une grande force armée, ou de l’habileté de leur général. » Ailleurs le même auteur ajoute : « Mais, dira-t-on , le magnétisme animal dépend d’un fluide moral ; c’est par là qu’il exerce scs influences. Que ne s’expliquaiton plus tôtl Nous voilà d’accord, et pour rendre plus intelligibles ces termes un peu bizarres de J luide moral, nous les traduirons par une expression mieux connue , l’imagination ; alors , loin de nier sa puissance , nous lui concéderons beaucoup plus même que les magnétiseurs ne croient pouvoir obtenir.

» On sait que les influences magnétiques , désormais mieux appréciées sous le nom d’imagination , peuvent s’étendre à plus ou moins de distance , et même hors de la présence du magnétiseur ; il suffit pour cela de la croyance ferme , grand principe qu’il ne faut jamais perdre de vue. Voici des expériences connues, sur lesquelle» les magnétiseurs

magnétisme animal. 4'3

ne s’empressent pas extrêmement de fournir leurs explications ordinaires.

» Une magnétisée (notez toujours que les femmes, les personnes faibles et simples, ou crédules, les enfants, tiènnent les premiers rangs parmi les sujets magnétiques , et pour d’excellentes raisons), une magnétisée entrait en crise, même derrière un paravent, ou dans une autre chambre, quand on la magnétisait sans qu’elle le vit, mais pourvu qu’elle le sut ou le crût ; preuve de la merveilleuse puissance du magnétisme, s’écrie-t-on. Cependant, au lieu du magnétiseur accoutumé, et sans que la patiente s’en doutât le moins du monde, se substitue un de ces incrédules examinateurs, qui n'exécute aucune des simagrées tant recommandées pour opérer le charme; néanmoins la pauvre magnétisée, dans la chambre voisine, poussait les hauts cris, gémissait, hurlait, comme si l’on eut donné les plus épouvantables commotions à ses nerfs. Combien d’autres personnes n’at-on pas magnétisées à deux ou trois lieues de distance, et, notez bien, à telle heure convenue? Les magnétiseurs s’en vantent. De plus, on a des sujets sensibles qui se croient magnétisés sans qu’on songe à eux; il suffit qu’ils se persuadent qu’on travaille sur eux, et qu’on a une puissance pire que le démon. »

Enfin, on ne saurait trop le répéter, la puis-

sancc nerveuse est un levier d’une force presque infinie et incommensurable à l’esprit humain.

De tous les instruments que nous pouvons employer pour connaître les agents imperceptibles de la nature, dit le célèbre Dclaplace, les plus sensibles sont les nerfs, surtout lorsque des causes particulières exaltent leur sensibilité. Ce sont les phénomènes produits par l'extrême susceptibilité du système nerveux dans quelques individus, qui ont donné naissance à diverses opinions sur l’existence d’un nouvel agent que l’on a nommé magnétisme animal (i).

On serait infini si l'on voulait faire l’histoire des exaltations et des aberrations, des jeux et des caprices du système nerveux ou de la sensibilité humaine. On connaît les exaltations sensitives. Dans certains états morbides, la sensibilité optique s’exalte au point que certaines personnes distinguent parfaitement les objets dans l’obscurité de la nuit et se conduisent au milieu des plus épaisses ténèbres. On sait que les animaux nocturnes jouissent naturellement de cette propriété. Il en est de même des autres sens, et surtout de celui de l’odorat. Des émanations animales miasmatiques peuvent produire entre les corps vivants, sans contact, des impressions plus ou moins fortes sur le système nerveux. Certains nègres en poursuivent d’autres en se conduisant d’après le seul

(1) Essai philosophique sur les probabilités.

jS.

odorat. On cite des femmes qui ont reconnu la présence de certaines personnes quoiqu’elles ne les eussent pas aperçues et qu’elles les crussent absentes. On connaît les faits de certains animaux qui reconnaissent et retrouvent les traces de leurs maîtres, leur maison, et distinguent au milieu de mille objets ceux qui leur appartiennent. Mais ce qui est plus étonnant encore, c’est de voir des chiens qu’on a transportés à une distance de quelques centaines de lieues, par mer ou dans des voitures fermées, revenir à la maison de leur maître. De même des pigeons emportés dans un sac à des distances considérables et lâchés ensuite retournent droit à leur colombier.

Ainsi les lois physiologiques et pathologiques nous prouvent que la sensibilité générale ou locale peut s’exalter ou s’éteindre, ou du moins se suspendre, se répandre, ou se concentrer sur certains points intérieurs ou extérieurs de l’économie et présenter alors les anomalies et les aberrations les plus singulières et les plus bizarres.

11 est facile chez les personnes susceptibles, irritables, et d’une imagination vive de faire naître, presque à volonté, des accidents nerveux. Vous n’avez pour cela qu’à leur parler de convulsions, de spasmes, de crampes, de paralysie, d’étouffements, de sommeil, de somnambulisme. Ne craignez rien, diton, vous allez ressentir des coliques, des maux de tête, des tensions de nerfs ; n’importe : c’est un bien,

4 I 6 PENSÉES d’un CROYANT,

et Ja marque du triomphe du remède sur vos maux; quand môme vous perdriez connaissance, ne vous découragez pas, cela est momentané. Alors , qu’on juge si une femme faible, délicate, nerveuse, vaporeuse ne changera pas de couleur, n’éprouvera pas des étouffements, des spasmes, etc. Au contraire les hommes sains, fermes et résolus demeureront inébranlables et impassibles et se moqueront du magnétisme.

« Si les magnétiseurs, dit de Montègre, se fussent contentés de dire : On peut avec des gestes, avec quelques paroles, avec l’expression d’une volonté forte, maîtriser rimagination de la plupart des hommes, et s’en servir ensuite comme d’une manivelle pour leur faire exécuter des mouvements plus ou moins bizarres, plus ou moins étrangers au tours ordinaire des choses, et qui pourraient quelquefois donner lieu à d’heureux résultats, les magnétiseurs auraient satisfait les esprits droits et éclairés; personne n’eût contesté la vérité d’une doctrine reconnue de tout temps et qu’il pouvait être curieux d’examiner ; mais en parlant ainsi, les magnétiseurs n’auraient produit aucune merveille, ils n’auraient séduit personne, car on ne se laisse point surprendre quand on est averti, et par conséquent il n’v aurait pas eu de magnétiseurs. »

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