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CHAPITRE VII

THÉRAPEUTIQUE MAGNÉTIQUE, OU APPLICATION OU MAGNÉTISMK ANIMAL AU TRAITEMENT DES MALADIES.

S'il est vrai que l'on ait réellement guéri quelques maladies nerveuses ou morales par les pratiques ou les procédés magnétiques, ces sortes de guérisons doivent être attribuées à la puissance de la thérapeutique ordinaire, c'est à dire de la médecine morale, et non à une vertu spéciale, propre et inhérente au magnétisme animal. On sait en effet qu'en exploitant habilement l'influence nerveuse et en frappant à propos l'imagination des malades névropathiques, mélancoliques, hypocondriaques, hrj stériques, etc., on obtient très souvent les plus heureux résultats. Les fastes de la médecine fourmillent de pareilles cures; il serait superflu d'en rapporter ici ; d'ailleurs nous en avons parlé suffisamment au chapitre troisième.

Il n'est donc point de guérison obtenue par les pratiques magnétiques qui n'eût pu être opérée par la véritable médecine, d'une manière et plus convenable et plus sûre sous tous les rapports.

Quels maux, quels accidents ne peuvent pas causer les pratiques perturbatrices du magnétisme animal? Les magnétiseurs en conviennent euxmêmes. M. Bertrand nous dit que « rien n'est si commun que de voir les malades éprouver les acci-

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dents les plus fâcheux par suite des idées qu'ils ont eues en somnambulisme. » M. le docteur Dupau nous apprend que « le résultat trop ordinaires des pratiques du magnétisme animal est de développer les maladies nerveuses et de les faire naître chez, les personnes qui n'y sont que peu disposées. 3 M. Rostan assure que « le magnétisme mal dirigé peut occasionner des accidents graves. Je l'ai vu produire, dit-il, des malaises généraux, des douleurs vives, des céphalalgies opiniâtres, des cardialgies violentes, des paralysies passagères, mais fort incommodes et fort douloureuses, un ébranlement général qui prédispose à toutes les névroses, une fatigue excessive, une grande faiblesse, une maigreur extrême, la suffocation, l'asphyxie; et je ne doute pas que la mort même n'en pût être le résultat si l'on s'avisait de paralyser les muscles de la respiration. L'aliénation mentale, la mélancolie en ont été fréquemment la suite. »

Enfin on cite même des malades qui ont succombé entre les mains des magnétiseurs.

Arrière donc la médecine magnétique! Que les médecins qui exercent leur noble profession avec dignité et quelque élévation philosophique dédaignent et répudient une pareille, auxiliaire, et la renvoient à sa sœur l'homceopathie. Les médecins vraiment dignes de ce nom connaissent et savent .ipprécier leur haute et céjeste mission; ils y ont foi, et cela leur suffit. Et en effet un médecin sage, habile et ami des hommes, qui a la conscience de ses devoirs, sait au besoin employer la médecine morale ou la médecine du cœur; il sait sympathi-

scr et s'identifier en quelque soi te avec ses semblables souffrants, parce qu'il les aime et qu'il es1 sebsible à leurs maux. Une âme est-elle saisie d'une immense douleur, est-elle aux prises avec les transes du désespoir; soudain apparaît calme et serein l'homme qui sait compatir aux angoisses d'autrui. L'homme de la charité distille dans ce cœur ulcéré le baume salutaire de la consolation, environne l'être souffrant de riantes images et peut-être d'innocentes illusions, fait briller à ses yeux la douce espérance, l'aurore d'une sûre et prochaine guérir son, et en attendant des paroles amies, comme une rosée bienfaisante, descendent dans ce cœur affligé, et portent dans l'àme inquiète et agitée la résignation, la sérénité et le calme.

Voilà le magnétisme que les médecins emploient tous les jours avec le plus grand succès. Mais qu'il y a loin de ces procédés d'humanité et de charité, que la nature et la religion nous apprennent, aux pratiques bizarres et souvent indécentes, aux jongleries, aux mystifications, aux déceptions et aux mensonges du magnétisme animal!

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