CHAPITRE IV
EXTRAIT ANALYTIQUE ET RAISONNÉ Dl SYSTEME PHILOSOPHAI R DE M I.AROMIUL'IERE SUR LES (AISES ET LES ORIGINES DES IDEES.
Je prends lame humaine comme un fait constaté; je vois en elle deux attributs inséparables de son être, la sensibilité et l'activité. Par la sensibilité l'âme est susceptible d être modiiiée ; par l'activité elle peut se modifier elle-même. L'activité est puissance, faculté ; la sensibilité n'est ni faculté ni puissance, elle est simple capacité.
M. Jouffroy et d'autres philosophes disent que l'on doit entendre par le mot facultés les différentes capacités naturelles de l'âme humaine. Selon ces philosophes la mémoire est une faculté, pareeque naturellement nous avons la capacité de nous souvenir. La sensibilité en est une aussi, parce que
nous avons naturellement la capacité de sentir.
La matière a des capacités naturelles : ainsi le feu a la capacité de brûler, les arbres ont celle de produire des fruits. Cependant les capacités de l'homme et celles des choses ne portent pas le même nom : celles de l'homme sont facultés, et celles des choses sont propriétés. Cette différence vient de ce que l'homme peut gouverner ses capacités, tandis que les choses n'ont pas le même pouvoir.
M. Laromiguière n'admet pas de facultés sans
activité, et ce qui est passif dans l'âme humaine ne peut avoir, selon cet auteur, que des capacités.
Pour nous, nous disons qu'il n'y a point de facultés sans liberté. Qui dit faculté dit activité ou eniendement et volonté (1). Les facultés supposent donc la liberté. C'est la liberté qui les applique à leur objet ou les en détourne ; elle les gouverne et les dirige. Qui dit sensibilité dit capacité. L'homme intellectuel seule a des facultés. L'homme considéré comme être purement sensible, c'est à dire régi par la seul faculté sensible de son âme, n'a que des capacités ainsi que les animaux. La matière en général a seulement des propriétés. Cependant, quand nous n'aurons pas besoin d'une grande précision, nous emploierons quelquefois le mot faculté dans le sens que M. Jouffroy l'emploie.
La sensibilité de l'âme offre à l'observation des phénomènes digne de toute notre attention. Des ravons de lumière frappent nos yeux; l'impression qu'ils font sur la rétine est communiquée au cervtau; le mouvement du cerveau est suivi aussitôt d'un sentiment de l'âme, et ce sentiment est ce qu'on appelle sensation de couleur. Jusqu'ici lame est passive, elle est modifiée, elle voit ; mais elle ne regarde pas, parce qu'elle n'agit pas. 11 en est de même des autres sens.
Dès que l'âme sent, elle est bien ou mal; elle éprouve du plaisir ou de la douleur, elle est modifiée; mais elle ne peut demeurer oisive : elle veut retenir le sentiment-plaisir ou éloigner le senti-
(1) Le mot faculté vient de facere idtro.
BlTÉRfALlSHi MODEI'.NE. H{
ment-douleur; elle est active, elle se modifie ellemême : il y a plus, elle eom ni unique un mouvement au cerveau, celui-ci le transmet à l'organe, qui se porte vers l'objet extérieur ou tend à s'en éloigner.
Nous distinguerons donc deux séries de faits en sens inverse : i° action de l'objet extérieur sur l'organe, de l'organe sur le cerveau et du cerveau sur l'âme ; 2° action ou réaction de l'âme sur le cerveau, action de celui-ci sur l'organe qui fuit l'objet ou tend à s'en rapprocher. (Voyez plus loin notre aperçu de physiologie idéologique.)
L'âme humaineest douée d'activité, comme nous le prouve l'expérience; elle est active, parce qu'elle pense ; elle pense, parce qu'elle entend et qu'elle veut. Si l'on s'arrête ici aux seules idées qui ont leur principe incontestable dans les sensations (et nous établirons qu'il y en a un bien plus grand nombre qui désirent d'autres principes), tout dans l'âme humaine se ramène à trois choses : aux sensations, au travail de l'esprit sur les sensations, et aux idées ou connaissances résultant de ce travail.
Le premier développement de l'intelligence, les premières idées qui se manifestent sont le produit d'une action de l'âme, qui s'exerce immédiatement sur les sensations. Pour obtenir un second développement de l'intelligence ou de nouvelles connaissances, il faut trois conditions : idées acquises par un premier travail, nouveau travail sur ces premières idées, nouvelles idées résultant de ce nouveau travail : en sorte qu'il s'agit toujours de partir d'un senti ou d'un connu, et d'opérer sur ce senti
ou ce connu pour arriver aux premières iûées ou en acquérir de nouvelles.
Toutes nos connaissances sont le produit d'un travail de l'esprit et le produit de l'action de ses facultés. Mais combien l'homme doit-il faire agir de facultés pour s'élever d'un état purement sensitif aux plus sublimes connaissances !
Trois conditions suffisent à toutes nos connaissances, à la plus vaste des sciences comme au plus simple des systèmes. D'abord il faut se faire des idées exactes de toutes les qualités de l'objet que l'on étudie; c'est l'attention qui nous donnera ces idées ; mais elles ne formeront jamais une science si nous n'apercevons leurs rapports ; nous les verrons ces rapports en rapprochant et en comparant les faits : la comparaison nous seja donc indispensable. Mais la science n'existe pas encore ; il faut auparavant saisir le rapport par où tout commence; et après avoir atteint le principe descendre par degrés ou de conséquence en conséquence jusqu'à la plus éloignée. C'est le raisonnement qui exécutera ce travail; c'est lui qui réduira les faits en système. Attention, comparaison, raisonnement : voilà donc les trois facultés que la plus intelligente des créatures a reçues de la munificence infinie de l'auteur de son être. Une de moins, tt ce ne pourrait être que le raisonnement, et nous cesserions d'être ce que nous sommes, c'e^t à dire des êtres raisonnables Une de plus, on ne saurait l'imaginer. Voilà donc les trois facultés que comprend l'entendement humain. Mais, disons-le et ne l'oublions jamais, les mots qui désignent les facultés de l'âme s'emploient
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en même temps pour désigner le produit de ces facultés, et ainsi ils ont une double acception. Dominés par une longue habitude, prenons donc garde de ne voir, comme plusieurs philosophes, dans l'entendement humain que l'ensemble des idées acquises ou la simple capacité de les recevoir; car, dans celte opinion, ce système, malgré sa simplicité, deviendrait inintelligible.
L'homme ne se contente pas de connaître, il veut être heureux ; il est impossible de ne pas le vouloir. Naguère il était dans !a jouissance, et maintenant il éprouve le malheur; c'est d'abord un malaise qui l'avertit vaguement de changer d'état: bientôt l'inquiétude le tourmente, l'attention se concentre sur son idée, la comparaison de son état primitif avec sa privation actuelle le rend plus malheureux encore; il veut se procurer l'objet qu'ilregrette, et le raisonnement cherche les moyens de se l'assurer; voilà le désir. Le désir n'est donc que la direction des facultés de l'entendement vers l'objet dont nous sentons le besoin. Dans le malaise il n'y a que sentiment, dans l'inquiétude l'activité commence à se montrer; déjà elle fait effort; mais dans le désir tel que nouslc prenons et que la nature nous autorise à l'entendre elle se déploie avec énergie.
Quand l'âme désire elle juge qu'un seul ou plusieurs objets peuvent la satisfaire. Dans le dernier cas souvent elle se détermine, et l'action des facultés de l'entendement qui se partageaient entre plusieurs objets se porte vers un seul ; elle le préfère. Voilà la préférence; elle naît d<»nc du désir, et à son tour elle donne naissance à la liberté. L'homme
préfère certaines sensations à d'autres sensations. De plusieurs manières d'être qu'il connaît , il recherche les unes et écarte les autres ; souvent il préfère ou il choisit mal, c'est à dire qu'en comparant ce qu'il a choisi à ce qu'il a rejeté, il souffre d'avoir agi de la sorte, et il se repent. Ainsi l'homme a le pouvoir de préférer, de choisir ou de se déterminer, et il lui arrive quelquefois de se repentir.
Le repentir étant un état pénible, l'homme naturellement fera effort pour ne pas s'y exposer. Instruit par l'expérience, il se souvient qu'il s'est repenti quelquefois de s'être déterminé de telle manière. Une jouissance lui est offerte, il se sent attiré vers elle ; il voudrait se déterminera la saisir ; mais, devenu plus prudent par l'expérience, il concentre son attention sur l'objet, il compare les deux états, celui de la jouissance et celui de la privation; il tâche d'en prévoir les suites, il délibère, il raisonne ; il ne suffit plus, comme autrefois, qu'un état lui paraisse agiéable, il faut qu'il le soit longtemps et qu'il ne puisse point être suivi de repentir. Si cet état doit être suivi d'une peine vive et longue, il arrivera souvent que l'homme se déterminera pour l'état opposé parce qu'il a la conscience intime qu'il peut choisir celui-ci plutôt que celui-là. Une sage expérience luiferadonc sacrifier le présent à l'avenir; mais se déterminer ainsi après délibération est une manière de préférer qui prend le nom de liberté. Ainsi, dans la volonté, il y a désir, préférence et liberté.
« Par le désir l'âme dirige l'emploi de toutes ses forces vers un seul objet; par la préférence elle se
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modère pour faire un choix entre plusieurs, et par la liberté elle suspend en quelque sorte l'action de ses forces pour s'éclairer, afin de mieux choisir encore lorsqu'elle aura tout examiné, tout pesé, tout balancé. » (1)
Nous venons de considérer l'âme humaine dans ses facultés ; nous les avons considérées en ellesmêmes ces facultés ; maintenant il nous resîe à les examiner dans leurs effets. Mais auparavant présentons sommairement les diverses affections de l'âme comprises sous le mot sentir: elles sont toutes sentiments ou affections de l'âme. Ces sentiments cli.LT> se réduisent à quatre: espèces : sentimentsensation, sentiment de l'action des facultés de l'âme, sentiment de rapport, sentiment moral. A ces quatre espèces de sentiments répondent qu;>tre sortes d'idées ou d'effets de nos facultés : idées sensibles, idées de l'action des faculté-» ou idées des facultés de l'âme, idées de rapport, idées morales.
Des rayons de lumière viennent frapper la rétine; l'impression causée par l'objet extérieur ou le mouvement de l'organe est communiqué au cerveau: aussitôt suit un seniin-ent dans l'âme. C'est là la première manière de sentir; c'est le sentiment-sensation ou simplement la sensation. Nous sentons par la vue, par l'ouïe, par le goût, l'odorat et le toucher.
Les sensations qui résultent des impressions causées par les objets extérieurs sont appelées sensations externes ; celles qui naissent sous l'influence
(1) If. Ferréol Pérard , avocat à la Cour royale de Paris, Logî* que classique, t. i.
88 PEiNSÉES d'ln croyant catholique.
des stimulants intérieurs, agissant dans le sein des cavités et dans la profondeur des viscères, ou plutôt émanant du système nerveux ganglionnaire, sont dites des sensations internes. Telles sont celles qui s'élèvent des appareils digestif et reproducteur, etc. Les diverses manières de sentir, au jugement d'un grand nombre de philosophes, se réduisent aux sensations; cependant l'expérience nous démontre qu'il y en a d'autres. Et d'abord, comme nous allons bientôt le démontrer, l'âme ne pouvant obtenir des idées sensibles qu'autant qu'elle agit sur les sensations, elle doit nécessairement avoir le sentiment de son action; car l'àme ne peut pas agir et ne pas sentir qu'elle agit ; or ce sentiment semble n'avoir rien de commun avec le sentiment-sensation. Il est impossible de confondre ce que l'àme éprouve par l'exercice de ses facultés avec ce qu'elle éprouve à l'occasion de l'impression des objets extérieurs sur nos organes. Ce sentiment de l'action des facultés varie comme les facultés elles-mêmes : il est exalté quand elles sont exaltées, languissant quand elles sont dans un état voisin du repos. Il parait qu'il est très rare que ce sentiment nouf abandonne, parce qu'il est à présumer qu'il n'y a jamais cessaiion d'action dans notre àme. Elle agit tant qu'elle désire; et la rien'est-elle pas un désir continuel?
Déjà nous avons parlé et nous parlons encore par anticipation des idées. L'expériencenous atteste que souvent nous avons plusieurs idées à la fois ; alors il se produit en nous un sentiment partie ulier. Nous sentons entre ces idées des ressemblances , des dif-
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férences, des rapports; nous appelons cette manière de sentir sentiment de rapport ou sentiment-rapport. Les sentiments rapports sont infiniment plus nombreux que les sentiments-sensations et les sentiments des facultés. Ils résultent du rapprochement des idées, et ce rapprochement peut être infini ; la connaissance de la théorie des combinaisons sullit pour en convaincre.
Il est une quatrième manière de sentir qui paraît différer des trois autres que nous venons de considérer plus encore que ces sentiments ne diffèrent entre eux.
La vue de son semblable gémissant sous le poids de tous les maux excite la compassion d'un homme de bien. Soudain cet homme généreux dépose toutes les répugnances de la nature ou plutôt en suit le mouvement et la douce sympathie, s'incline avec respect devant l'humanité malheureuse, console l'infortuné, essuie ses larmes, et lui fait part de ses biens. Vous êtes témoin de ce fait; vou- en éprouvez une satisfaction délicieuse qui pénètre toute votre âme. Au sentiment-sensation que la vue de ce spectacle touchant vous à l'ait éprouver succèdent bientôt d'autres sentiments qui en diffèrent notablement. Tout ce qu'il y a de généreux et d'humain dans cette belle action vous fait une impression subite et profonde, et excite votre bienveillance et même votre vénération. Cet homme bienfaisant mérite d'être heureux, et le bonheur pour lui n'est plus seulement un fait arbitraire, mais un droit acquis. Si vous comprenez, si bien cette justice de la récompense, vous avez auparavant éprouvé le sen-
timent du juste ; car comment avoir l'idée de ce que l'on n'asenlien aucune manière? Toutes ces manières de sentir, si nobles, si sublimes, si éminemment différentes de la sensation, n<>us les nommons sentiments moraux, parce qu'ils sont produits ou occasionnés en nous par un agent moral. J'entends par agent moral une intelligence qui agit sur ellemême ou sur ses semblables, qui fait du bien ou du mal avec intention et avec une volonté libre. Nous sommes fondés, en effet, à juger qu'il y a de la moralité dans un acte lorsqu'il est fait avec une volonté libre ; car où il y a liberté il y a imputabilité : il y a donc mérite ou démérite, et par suite moralité. Dès ce moment naissent au fond du cœur de l'homme les sentiments du juste et de l'honnête, les sentiments de générosité, de délicatesse et leurs contraires. (Laromiguière, Leçons de Philosophie.)
Nous venons de voir les quatre manières de sentir de l'âme humaine ; il nous reste maintenant à considérer les quatre sortes d'idées qui tirent leur origine de ces quatre sentiments : idées sensibles, idées de l'acti m des facultés, idées de rapport, idé< s morales.
D'abord idées sensibles. L'homme par son corps reçoit une infinité d'impressions, et par son âme une infinité de sensations L'âme ne peut pas sentir et demeurer oisive ; car le sentiment, par la manière agréable ou pénible dont il l'affecte, provoque nécessairement son action. Eli' ne peut pas recevoir indifféremment des modifications qui font son bien ou son mal ; elle est intéressée à les étudier, à les connaître, à se soustraire aux unes, et à se livrer aux autres. Or l'activité se concentrant d'abord tout
entière dans l'attention, il ne se peut pas qu'elle ne concentre en même temps la sensibilité. Alors, du milieu des sensations dont l'assemblage désordonné
présentait l'image du chaos, s'élève une sensation q i domine toutes les autres; l'âme la remarque, elle l'étudié; elle apprend à la connaître et à la reconnaître : ce n'est plus une simple sensation qui l'affecte , c'est une idée sensible qui l'éclairé. Un second acte d'attention va faire naître une seconde idée, une troisième, une autre encore; et l'intelligence ou plutôt cette portion de l'intelligence qui tient aux sensations ira toujours croissant tant que la source des sensations ne sera pas tarie, tant que les forces de l'esprit ne seront pas épuisées. Lorsque l'àme, par son activité, par l'attention, parvient à distinguer les sensations qu'elle éprouve elle acquiert des idées sensibles. Les idées sensibles ont leur origine dans le sentiment-sensation , et leur cause dans l'attention qui s'exerce par le moyen des organes. Quelquefois la comparaison et le raisonnement sont nécessaires pour obtenir des idées sensibles. Ainsi dans la géométrie si l'on voulait se former l'idée de la figure qui, sous un contour donné, renferme la plus grande surface, on ne saurait y parvenir par l'attention seule sans le secours de la comparaison et du raisonnement. Quand nous disons : L'attention est la cause des ilées sensibles, nous ne parlons que de celles qui sont Communes à tout le monde ou dans lesquelles cette faculté domine.
Mais les idées sensibles ne sont pas nos seules idées ; la sensation n'est pas la seule source d'où dérive l'intelligence. 11 y a trois autres espèces de
sentiments, qui tous sont des sources d'idées. Nous avons fait connaître le sentiment de l'action des facultés ; nous avons montré qu'il est rare qu'il s'éteigne tout à fait. Mais il ne suffit pas d'avoir le sentiment des facultés pour les connaître, les distinguer les unes des autres, pour en avoir l'idée. Il faut que l'activité de l'âme entre en exercice, qu'elle s'applique à ce sentiment pour l'observer, pour l'étudier, il faut appliquer l'attention au sentiment de l'attention, l'âme à l'âme. Les idées des facultés de l'âme ont leur origine dans le sentiment de l'action qui s'exerce indépendamment des organes.
Notre âme peut agir sur le sentiment-rapport que nous étudiions tout à l'heure; elle peut appliquer son activité à sa troisième manière de sentir comme aux deux premières ; mais au lieu que pour obtenir les idées sensibles et les idées de ses facultés il lui suffit ordinairement de l'attention, elle aura besoin de la comparaison et du raisonnement pour obtenir les idées de rapport : de la seule comparaison pour les premières et les plus simples idées de rapport; du raisonnement pour les idées de rapport qui seront 'érivées ou composées. Les idées de rapport ont leur origine dans le sentiment du rapport : elles ont leur cause dans la comparaison et dans le raisonnement.
Nous avons présenté la théorie des sentiments moraux. Les hommes vivant en société et agissant les uns sur les autres doivent en éprouver; mais il n'est pas toujours facile de les démêler et de s'en faire des idées. Si quelquefois il suffit d'un seul acte d'attention, plus souvent on a besoin de comparaisons, de raisonnements, et même de raison-
Déments très multipliés, très étendus quoique très rapides. lin général il faut de longues observations, une grande expérience, une grande finesse d'esprit pour connaître le cœur humain. L'application des facultés de l'àme aux sentiments moraux, leur claire distinction, la comparaison, le raisonnement, voilà ce qui constitue les idées morales. Elles ont leur origine dans le sentiment moral, et leur cause dans l'action de toutes les facultés de l'entendement. (Leçons de Philosophie.)