DU SBRMBNT PAR RAPPORT A L OPINION COMMUNS
Il y a ane autre considération.
L'étendue des eiîgagemens politiques (je ne d|^s pas le caractère) dépend-elle uniquement de leur forme 7 n'y doit-on faire aucune différence , pour la différence des- temps » des
DO SEBMEIT PAB EàMNMlT A l/OPlHIO!l COMMUIIB. 211
nmnrs, des oyimiMifl, des institutions i Ques*
tion délicate.
Dans les temps de simplicité , de sincérité»
de fidélité » il est hors de doute que ces scMrtes
d'^n^sgemene doivent avoir tonte l'étendue
ff qne suppose leur expression littérale. Ea*
tendus et acceptés ainsi , par celui qni les a reçus, ils ne pentrent être «ntendns et exerçâtes autrement par ceux de qui on les a exigés. Plat à Bieu ^que ces temps fussent i'i*miage du nôtre l
Dans les siècles plus avancés et plus corlompQs y si de nombreux changemens ont toncRi^tour cenauveié l'état et couCoadu les opinions » la solution deivient moins facile.
La ndson naturelle veut que tout soit égid entoe celui qui s'engage , et eelni envers lequel il s'engage.
&i celui enrers lequel vous vous engagez eoÉend votre engagement et le sieai d'une antre aaanière que vous , ce n'est plus qu'une
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duperie : l'égalité et la réciprocité disparaissent; un jurisconsulte dirait qu'il n'y a plus de lien.
Je trouve sur cela deux règles : Tune, que Tengagiement ,' quels que soient ses termes , n'obl^ que pour les choses à l'égard desquelles celui auquel on s'est engagé , a compris que Ton s'engageait envers lui;
L'autre, qu'on n'est obligé qu'autant que celui envers lequel on s'est engagé , se aérait cru obligé lui-même , si c'était lui qui se fût engagé.
C'est que l'étendue des engagemens de toute sorte , dépend principalement , non pas comme on l'a dit q^uelquefois , de l'intention secrète de ceux qui contractent , mais de l'opinion commune de ceux qui contractent et de ceux envers qui ils contractent.
Voilà ce qui fait, qu*à mon avis, jugeant sans partialité et sans prévention , les engagemens publics ne peuvent s'interpréter sai-
ou SBBMEHT PAR BAPPOBT AX'OPJMOH tiOMlliniB. 3iS
nement que par ropînioa du public , c'està-dire par l'opinion qu'on en avait généralement au temps oJH ils ont été contractés.
A plus forte raison , si les^ institutions de ce temps en favorisent les opinions , ou , en autres termcs>, si les. institutions sont telles par leurs formes et par leur principe j qu'elles limitent elles-mêmes ces gngagemens , ainsi que le font les opinions.
Toutefois f il ne faut pas s'y méprendre : ceci ne s'applique qu'à l'étendue et à la durée de l'engagement , nullement à son caractère.
On peut bien rechercher ce que signifient, selon le langage et les institutions du temps, l'obéissance y la fidélité , la perpétuité ; s'il y est question d'une perpétuité absolue et illimitée , ou d'une perpétuité relative et conditionnelle, qui ne s'étende que jusqu'à un événement possible et prévu ; si la fidélité dont.il s'y i^it est prise pour une véritable fidélité y c'est-à-dire pour ce sentiment
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siftcère , profond et ÎAaliérabk , qû se pose d'amoasy de dèTOuemenl et d'abnégation,, oa ai elle est priac seoleioeat po«r cette sorte de devoir i|ifti oblige à laisser faire et à obéir tant que l'on commande.
Mads ee qu'on ne peut point, c'eat de mettre eu donte si ee qai est en effet dans l'engagement» ce qu'on a réellement' et scieaament promis, selon l'acception aotaeDe et généralement reçue des termes , on l'a promia i titre sérieux et inviolable.
La limite de l'engagement une fois connue,, ce qui s'y troure enfermé par l'opinion commune est sacré. Je conçois qu'on acoorde à l'infirmité du temps , que la réalité de l'engagement se puisse cbercber bors de la signification apparente (ks mots. Mais cette réalité enfin découverte , il y a , quant h elle, obligation pleine et parfaite. Interprètes; ne violez pas. Interprétez pour savoir le vrai, puisque le serment ne peut comprendre en
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effet que ce qui est vrai ; mais ne supprimez pas à ' la fois la vérité et la fiction » sous le prétexte que quelque fiction se mêle à la vérité. Borné qu'il est , ce serment n'en est pas moins un serment* Si Iç siècle en venait à croire que le serment ne fût rien du tout , suive son siècle alors qui voudra !