CONCLUSION
Je tirerai de ce qui précède trois résultats principaux.
Le premier , que le serinent i engagement sacré et inviolable, doit être gardé et observé religieusement y non pas selon ses appa-
renées et ses fictions » mais selon son esprit et sa vérité :
Le second, que là oii la souveraineté ap-. partient an peuple , les choses qui consti-* tuent sa souveraineté sont essentiellement et nécessairement exclues des sermens qu'il prête au prince et aux magistrats :
Le dernier, que la nécessité qui fait que Ton obéit légitimement , pour sa sûreté , à ce qui est établi , peut faire aussi qu- on agisse légitimement pour le bien et la sûreté de l'État, en usant et profitant de ce qui est élabU.
Triste condition de ce temps : Ton ne s'ai* tend plus. Les mots et les pensées 1 ne sont plus ce qu'ils ont été. Serment, parole immuable et sainte, qu'ètes-vous et que voulez* vous? En vous se confondait autrefois tout ce qu'il y a de plus noble dans l'esprit do ' l'homme : la bonne foi , la loyauté , le renoncement de soi-même. Vous voilà changé, I. 17
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comme tout le reste. On vous mesure aujourd'hui, on vous réduit, on vous interprète ; on cherche quelle est votre étendue et votre durée ; on veut savoir à ipiellc limite il sera possible de vous arrêter. Et ^ ce qu'il y a de plus triste , il se trouve qu'on a raison d'en agir ainsi. La foi absolue serait une faute ; l'entière observance de la parole exprimée , une abdication de son droit , une trahison envers autrui et soi-même.On s'était accoutumé , soi sujet , à s'engager sans réserve envers un prince qui était souverain; il faut apprendre jusqu'où l'on s'engage , soi souverain , envers un chef qui n'est ni souverain ni sujet. Il faut apprendre comment il n'y a plus de fidélité qu'à l'égard de ce qui n'est point , et comment on distingue et dispute sur l'obéissance même envers ce qui ' est. Triste condition de ce temps !