J. DE R
Pakis, octobre i834.
amis ! . • . . est-ce qu'ils vont par troupe , et se rencontrent tiulle part , autrement que rares et seuls?
Celui qui m'a donné ce droit est dans rhabitude de l'ôter ; car c'est le malheur. Oui^ c'est lui qui, me délivrant des ingrats, dont la fausse affection n'était que. convoitise et hypocrisie , a inspiré en revanche aux cœurs désintéressés et sincères une touchante émulation de dévouement et de sympathie. C'est à lui que j'en dois le discernement et le partage. C'est de lui qu'est sortie la voix qui a dit
aux premiers : Loin de lui! et aux
autres : Voici venir votre jour, avancez!
Je les ;a^ donc comptés, grâce à lui,
sans avoir plus à craindre ni confusion ni méprise. Je les ai comptés , et ma joie a été profonde, car il s'est trouvé qu'ils étaient plusieurs. Malheur , je te remercie! tu m'as fait là une faveur précieuse, et qae nulle prospérité ne m'eût jamais faite.
A vous donc, généreux et nobles amis ; à vous qui ne trahissez pas, n'oubliez pas, ne délaissez pas, ne reniez pas; à vous qui honorez, quoiqu'on soit proscrit; qui défendez, quoiqu'on soit absent; qni aimez encore, quoiqu'on ne puisse plus rien ; à vous ces pensées , toutes mes pensées; à vous cet hommage, l'invariable hommage d'une gratitude sans fin.
Dans ce malheur , qui vous a laisses si fidèles, vous êtes ma plus chëre et plus habituelle pensée. Un recueil de celles qu'il m'inspira serait incomplet si vous n'y . étiez point. C'est votre droit et ma dette : la première page est à vous.
DE Peyronneî.
Château de Ham , septembre i83/|.