DIALOGUE DES MORTS
CAMILLB JÛRDAN ET FOT.
a5 mars i8a8.
Uif soir 4'bîv^r > le temps étant rigoureazt je lésolus de ne pas sortir de ehes moi. Je pris sur mes tablettes Milton et Yiigile , et passAnt tour à tour de la peioture de l'Ely* sée à celle d'EdeUt j'employai délicieusement
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la veillée à comparer le génie des deux lan-
gues et des deux poètes. Ua publiciste moderne était malheureusement sur ma cheminée. J'y jetai les yeux un instant , presque par hasard et par distraction. Ten lus quelques pages ; il était déjà t^d,. et je m'endornûs.
Ce mélange de politique et de poésie continua de m^occuper l'esprit pendant mon sommeil. Il me vint un songe qui retraçait, comme il arrive quelquefois , une image confuse des impressions que mes lectures du soir m'avaient laissées. J'étais transporté, sans que je puisse dire comment , au milieu du plus riant paysage. Des coteaux fleuris, des eaux tranquilles et lentes; une clarté ineertaine \ un air doux , quoique épais et , lourd, un calme inconnu; à peine un tiède zéphir qui plongeait les sens dans de molles langueurs ; des prairies sans fin ; des forêts immenses, toutes de cyprès, seul accident