‹ Pensées d'un prisonnierChapitre 22 sur 51 · CAMILLE JOBDAB ET FOY · texte numérisé non relu

CAMILLE JOBDAB ET FOY

Les foBCtions du goaveraement étaot rédoites à ces termes simples , n^ezigent plus » même dans les États vastes » une si grande concentration de puissance i et repoussent comme inutile » et par conséquent comme dangereux , le système de Tunité absolue » c'est-à-dire de la royauté.

Vos amis sont conséquens , reprit Foy. Du dogme de la souveraineté du peuple à l'établissement de la république , il n'y a qu'un pas, ou pour mieux dire, ce n'Oit guère qu'une même cbose.

Telles sont eu effet leurs doctrines , continua Camille Jordan , et même leurs vœux. Si la république pure et absolue pouvait se maintenir en France , ils n'y épai^neraient pas leurs efforts. Mais leur politique n'est pas brutale et irréfléchie. Ils ont trop d'habileté .pour poursuivre une perfection impossible y et trop d'honnêteté pour vouloir en faire courir les hasards à une nation. Ils

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n'ignorent point que ceux qui constituent un État 9 ne peuvent faire abstraction des mœurs du peuple, de ses préjiq;és , de ses traditioiis, des droits que son assentiment protège et consacre. Ils avouent qu'une noblesse antique et une djrnastie de neuf cents ans sont à la fois un obstacle et un avantage : un obstacle pour fonder une république ; un avantage dès qu'on s*est résigné & souffrir une monarcbîe. On ne peut les détruire, ik le sentent bien, que par des convulsions qui rendraient toute constitution impossible: il n'y a que des fanatiques et des ignonins qui puissent seulement y songer.

Mais qu'importe? les formes simples de gouvernement et de politique ne conviennent qu'aux temps primitife et aux nations neuves. Dès le siècle d^Aristote et de Cicéron 9 on avait reconnu que la perfectiOD étnit dans la combinaison et dans le mélange des élémens du pouvoir. Tout consiste donc à

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