‹ Pensées d'un prisonnierChapitre 33 sur 51 · GUFmE V · texte numérisé non relu

GUFmE V

il cSt question. Il s^agit de bîeti pis que cela vraiiaeiil. Sera-ce dans une nation unie, paiaible et soumise, qu'on aura occasion de vous dire: marchez avec la nation? Non certes, non évidemment. Ce sera donc senle* ment dans les nations que les factions auront divisées et soulevées. Que voudra donc dire ce langage? Déchirons le voile; il voudra dire: marchez avec les factions. Or expliquez-moi si c'est pour cette honteuse et pernicieuse sujétion, qu'ont été institués les gouvememans.

Il me souvient d'un roi qui voyant se former dans son état, une vaste et formidable association, n'imagina rien de mieux que de se laisser mettre docilement à sa tête, espérant sans doute qu'il lui imposerait et la contiendrait. Que lui en revint-il? Abaisse^ ment, ruine, crimes et mort.

Il est pourtant vrai, mais dans un sens un peu différent , que le gouvernement doit être

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avec la nation. C'est à dire qu'il doit étudier piemièrement ses mœiirs» ses droits, ses besoins légitimes y ses intérêts naturels. Cette connaissance acquise, il faut qu'elle devienne la règle immuable de la politique du gouvernement. Après quoi, si la nation est dans cette route, il n'a plus qu'à l'y maintenir. Si elle s'en est écartée, il est de son devoir de travailler assidûment à l'y rappeler. Dans les deux cas, il ne se sépare point de la nation; mais parc^ qu'il l'entraîne avec lui, et non parce qu'elle l'entraîne avec elle.

Tacite, qui ne passe pas, ce iae semble, ponr avoir été favorable à la tyrannie, a établi une maxime qu'on ne devrait jamais oublier: in muliitudine regenddy plus pœna quam obteqiàum valet. Une juste sévérité vaut mieux dans le gouvernement des peuples, qu'un esprit obséquieux et condescendant. ...

Remarquons bien l'expression de Tacite, pœna] ce qui signifie châtiment sans doute;

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