DE LÀ PREDICTION POLITIQUE
Hamy 1834.
Rien de plus vulgaire que les prédictions : Qui est-ce qui n'en fait pas? Rien de plus téméraire : Qui est-ce qui en rencontre de justes ? Rien de plus inutile : Qui est-ce qui y croît ?
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Il y aurait pourtant > à ce qu'il me semble quelque difféirence à marquer entre elles; non pas 9 si Ton veut, seloa l'habileté des gens qui les fout, mais selon l'espèce de choses à propos de quoi ils les font.
Qui que vous soyez, qui prétendez lire, sans signes, dans ce livre ^on encore écrit, des temps à venir j qui vous enfoncez , sans fil et sans guide , dans ce labyrinthe confus où nulle route n'est encore ouverte, vous trompez autrui ou vous-même, vous êtes dupe, ou voulez en faire.
Qui que vous soyez qui prétendez , à vingt ans en çà , pronostiquer ma bonne ou méchante fortune de vingt après, vous vous moquez de moi, ef, grâce i Dieu, je vous le rends bien.
£ourir, sans flambeau, dans les plus' épaisses ténèbres , et cependant buter juste,; je ne dis point que cela ne puisse pas arriver; mais à coup sûr, cela est rare. Je crois aux
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prodiges, à condition, toutefois , qu'ils ne soient pas si communs; car ce ne serait plus des prodiges.
Induire ce qui sera de ce qui n'est point j qu'est-ce , que fraude ou folie ? mais induire de ce qui est, ce qui. sera apparemment et prochainement, qu'est-ce, que pénétration et sagacité? On ne devine plus alors, on raisonne; on ne prophétise pas, on conclut. La logique est la seule pythonisse de notre temps, en qui j'aie foi.
Or, la politique est évidemment au nombre des choses ob le raisonnement peut devancer le temps de plus loin. Tout y est ensemble cause et effet; tout y est suite et commencement : tout ce qui s'y produit » reproduit. Le mystère n'est que de saisir le premier anneau de la chaîne , et de les compter ensuite un à un. L'évocation se réduit k ouvrir les entrailles du présent, et en arracher ce qu'il y recèle.
DE LA PH^DICTlOn POLITIQIIB. ' iM
Qui me voudrait interroger aujourd'hui sur ce point, j'ose croire , sans trop de présomp*lion , que je lui pourrais révéler d'assez probables et prochaines choses. Mais quoique ce soit justement en quoi il est le plus facile de prophétiser, c'est aussi, par une fatale et commune obstination* des esprits , en quoi l'on écoute le moins les prophètes.
Chacun cependant peut s'y rendre compte des motifs de la prédiction; chacun, l'avertissement recueilli , en peut mesurer en luimême la sagesse et l'utilité. On lui a dessillé les yeux 9 qu'il regarde. La politique a cela de bon encore , et comme il n'y faut que du raisonnement pour prédire , il n'y faut pour croire, d'autre foi que le jugement.
Mais que fait cela? Le jugement est une faculté jiaresseuse , qui ne s'émeut et ne se met à l'œuvre qu'à bon escient Si vous n'annonciez que l'absurde, passe encore ; si vous ne promettiez que l'impossible, il ne
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m'étonnerait nullement que vous trouvassiez quelqu'un pour vous écouter. Prophétisez cinq cents ans de vie au premier venu ; un plus grand miracle serait que votre oracle ne fût pas accueilli avec complaisance. Mais que vous disiez ce qui doit advenir nécessairement , peine perdue. Mais que vous disiez à Sion 9 malheur sur toi I Que vous disiez à Ninive , encore quarante jours , et tu ne seras plus ! Sion et Ninive riront de vous, ou vous maudiront.
C'est qu'aux choses de la politique , il ne suffit plus j comme à la plupart des auti^s y de se faire croire par un petit nombre de gens. Il n'y est question de rien moins que de -persuader le grand nombre. Il faudrait trop d'adeptes aux prophétiseurs. Leur voix se perd par le trop grand besoin qu'elle a , de se répandre et de retentir.
J'en ai fait l'épreuve comme bien d'autres. Il y a eu un temps , et qui n^est pas encore
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loin de nousi où je.me suis ingéré aussi de prédire. Qai m'a voulu croire? Quelques-» uns à peine; le reste s'est bouché les oreilles, et m'a laissé dire. Avais-je tort cependant? Je veux qu'on en juge, et pour confirmer encore mieux la triste inutilité de ces sortes 4e prédictions^ j'en donnerai pour exemple, l'une des miennes.
En toutes , il y a deux temps : celui où elles se font , et celui de l'événement qui les dément ou les justifie.
J'avais donc le choix, et j'en use* Je transporte celle-ci du premier temps au dernier, de l'époque où je l'écrivis à celle où l'on A pu voir s'il était si déraisonnable de l'écrire.
Pour quelle cause ce déplacement ? Il importe peu. Ce qui importe, c'est que la prédiction soit réelle , et n'ait pas été faite après coup. Or, pour cela, les journaux du temps m'en seront caution. Je la répète telle qu'ils
19d CBAPITAB ¥nf.
Font déjà répétée ; je la leur reprends j et la transcris chez eux mot à mot.
«{l)Paroe que nous avons de Tesprit, nous croyons être capables ; parce que nous avons une légère teinture des choses , nous nous croyons éclairés* Jamais depuis deux cents ans, on n'a eu aussi peu de vrais savans qu'aujourd'hui. On ne sait rien ; pas même qu'on ne sait rien.
« Il y a bien un plus grand nombre de personnes qui ont oui parler des sciences. On en connattle nom, et peut-être même l'objet. Mais le fond > mais la science elle-même , qui est-ce qui prend la peine de l'étudier ? S'il faut absolument qu'on en parle , on en parlera. On en parlera même sans attendre
(i) Ce chapitre a ëté écrit le lo mars i8a8, et publié le même jour dans la Gazette de France.
DB LA Pftib>ICTI01l POLITIQUE. IVt
d'y être contraiat : N'a-t-on pas son journal et son dictionnaire ? On récitera, on répétera ; mais posséder > pénétrer 9 savoir? Ne Fexigez point, la t&che est trop forte. Devenir savant I à quoi bon? Ayons-en le renom , et laissons le reste ; ce reste coûterait plus qu'il ne vaut.
ff Le désir y serait ; le temps manque. C'est la vie même qui n'est pas commodément arrangée pour cela. A peine , si l'on a assez de loisir pour parcourir tous les journaux qu'il faut lire. Que voulez-vous qu'on sache de plus ? Les faiseurs de journaux euxmêmes , doctes esprits s'il en fut jamais ^ écrivant toujours et si bien , font trop de profits à. ce métier-là pour songer seulement à étudier et à lire. Que leur importe ce qu'on a dit ou fait avant eux? C'est bien autre chose vraiment que ces anciens gentilshommes qui savaient tout sans avoir jamais rien appris : eux $ ils l'enseignent.
» Aussi y que de sottises et de bévues , que
«M CnAPITBB Tllf.
d'impertioenees et de faussetés ! Oq donne y on reçoit , on prête , on échange : nous faisons commerce de pauvretés et de duperies. Que voulez-vous qu'on croie ? Dites hardiment. Est-ce bien absurde? tantjnfticux. Estce impossible ? encore mieux. En un clin d'œili cela aura couru tout Paris; et ce que Ton dit ft Paris ^ on le croit partout.
i Courage donc. De quoi s*agit-il? d'un déficit, de l'esciavage du peuple , de la discrétion de la presse, de la très-miraculeuse conversion de nos révoluâonnaires anciens et modernes? merveilleusement inventé ! Les dupes et les échos ne manqueront point. Nous sommes prêts à croire, si cela vous plait, qu'un rat a mangé un quintal de fer , ou qu'un enfant a été enlevé par un cfaathuant: les Persans du bon La Fontaine serraient moins faciles que nous.
1 Croire est peu de chose pourtant : qui est-ce qui ne croit pas ? La perfection est àç
DB LA ppÉmanoM »oi.itiqoe. fit
ne pas croire , et nous avons aussi cette perfection. Grande ou petite chose, politique ou religiop , peu importe. Fautai affinner ou nier? il ne tient qu'à vous : parlez promp* tement et haut, il su£Git que nous soyons prévenus. Vous formerez notre conviction pour ou contre» quand il vous plaira, comme il vous plaira. Nous sommes crédules par légèreté et par ignorance ; nous sommes in* crédules par crédulité.
V On parle de révolution ? nous n'en savons qu'une: celle que nous avons faite ou soufferte f nous nous en souvenons encore, quoique fiiihlemeut. Quant aux autres , s'il y en a eu f noua l'ignorons et nous ne nous en soucions guère. Faire une révolution , si* gnifie pour uqus , refaire la nôtre. Entendez bien que cesmots-U n'ont pas , à notre avis, d'autres sens.
9 Comment donc pourrions*nous douter de ce que les habiles nous disent? Larévolu^
SM chapithb vin.
tiôn! On y brûlait les châteaux: oa les a brûlés; il ii*y en a plus. On y détruisait les droits féodaux et les dtmes : on les a détruits; il n'y en a plus. On y confisquait les abbayes et les monastères : on les^a confisqués ; il n'y en a plus. On faisait la guerre aux aristocrates r ils sont tous démocrates ; il n^y en a plus. La révolution ne peut plus^se faire: dormez en paix et ne rêvez plusi
> Fort bien. Ce qui a été détruit ne sera plus détroit t et ceux qui ont été tués ne seront plus mis à mort. J'entends cela. Mais il y a d'autres gens qui vivent , et d'autres édifices qu'on a élevés. On ne tuera point I Je comprends : on se contentera de *bannir^ On ne renversera pas la nrai^ou ! Je comprends : on se contentera d'en chasser le maître.
V Nous n'aurons donc pas là révolution*; cela est clair. On ne prendra pas la Bastille, on n'ira pas à Versailles » on ne massacrera
DB LA PBÉDICrMH POLITIQUE. lOt
pas les éTêques. S'il n'y a qu'une seule espèce de révolution, nous n'en aurons plus , cai^ nous ne saurions avoir celle^ là.
f Mais hélas , le monde en a vu de mille sortes ; la plupart injustes > toutes ou presque toutes malheureuses. Elles se sont accomplies selon les mœurs et les intérêts de leurs temps : tantôt par la corruption et la ruse, tantôt par la violence et la peur; au prix de l'honneur,, de l'or, ou du sang; pour une couronne, une forme de gouvernement, une religion. Le but et lecr moyens ont été divers. Divers ont été le génie et là condition de leurs- auteurs et de leurs victimes. La révolution de Jacques II ne 's'est pas faite comme celle de Charlea 1*.
i II y a des révolutions qui détruisent tout: le gouvernement , les institutions et les classes ; la religion , les Iq^s et les mœurs. Celles là sont rares; mais on en a vu.
« Il y en a qui agissent par le gouvernement
2M GIIAPITBB VIIL
sar les institutions , comme à Stocldiolm i du tqmps de Gustave ; ou par les institutions sur le gouvernement, comme à Londres au temps des Stuarts.
• Cest beaucoup 9 pour dissuader de craindre les premières, c'est beaucoup de montrer qu'on a quelques lois fortes et des institutions puissantes qui résisteront. La révo« iutioB française ne s'acbevait pas peut-âtoe, ou prenait un cours différent, si les parlemens s'étaient opposés aux états généraux an lieu de les appeler, ou si la noblesse et le oleirgë avaient résisté à la réunion des trois ordres, c'est-^à-dire & leur destruction.
• Mais pour'les secondes , ce'n'est rien de ' dire : on a telle loi , telle prérogative , telle
institution. Qu^importe la lui, si l'on n'a plus la force de l'eiBécuter 7 Qu' importent les prérogatxvea, si V«n^eBt itéduit à n'icn plus oser faire usage? Qu'importent las institutions » si elle» ne condamnent pas Tentreprise , ou
DE LA PRéDlCTfOM POLITIQUE. 205
si elles la secondent^ ou si elle a été formécf dans leur seiii ? La révolution des Guise était eonscmméfi si le parlement avait accordé rarrêtqui derait délier les sujets de Henri III du serment de fidélité:
» Telle chose qui rendrait une révolution totale impossible, est quelquefois ce qui fait le succès des autres révolutions. ^
9 Singulier langage que celui-ci ! Votre épée est de bonne trempe; que redoutezt vous? Us demandent vos mains? laissez^ faire. Ils les chargent de liens? c'est poui^ votre bien ^ laissez faire. Ib se précipitent sui- vous ? voilà le moment ; frappez^ frappez donc ; n'avez-vous paft votre épée ?
9 S'il y a des révolutions de plus if une sorte» il y a aussi des moyens de révolntUm nombreux et div^s. Ces drames là sont comme ceux du théâtre : ils ont leurpisépa-r ration, leurs péripéties et leurs catastrophçsc
» Il faut d'abord disposer le peuple , puia.
101 GHAPlTftB VUI.
réunir ses moyens d'attaque, puis attaquer et frapper, Oii en sommes-nous ?
V II n'y a point de révolution qui ne par-> coure nécessairement ces trois périodes.
Tellement qu'on peut fort bien démêler et juger par elles si l'on prépare effectiyement des révolutions » et quels progrès ont faits celles qu'on prépare.
» Disposer le peuple , dans un gouvernement aristocratique , consiste à le soulever , comme au temps des Gracques , contre la dureté et la tyrannie des patriciens. On excite son ambition en lui. promettant des mi^istratnres ; on tente sa misère, en lui proposant les dépouilles de ses oppresseurs.
» Disposer le peuple» dans la monarcbie, consiste encore à calomnier» car l'autorité de la calomnie est universelle. On inspire d'abord des craintes au peuple» puis de la défiance» puis du mépris. Pour les craintes» on parle » selon les temps» de droits féodaux
DE LA PU&DICnoa MLITIQUB. SOS
OU de dîmes, de famine ou de guerre, de déficit ou de liberté. Pour la défiance , on parle de cabinet autrichien, de chevaliers du poignard, de congrégations, de jésuites.
Pour le mépris , on change la grftce en légèreté, la bienveillance en faiblesse, la piété en bigoterie ; on dit des rois qu'ils se font prêtres, ou des {)rêtres qu'ils se font rois.
f L'opinion e^t reine du monde? on confond. Ce qui fait l'opinion est plus puissant qu'elle. Or, c'est la calomnie qui fait aujourd'hui l'opinion. Nous sommes les serfs et les feudataires de la calomnie.
i Quand on a ému et corrompu l'opinion du peuple , le premier pas est fait , on se prépare au second. C'est le moment d'assembler ses moyens d'attaque. Jusque-là on n'a affaibli que l'autorité morale du gouvernement; on va maintenant travailler à l'affaiblissement de son autorité matérielle.
É Que veut^n de mieux ? c'est double suc-
306 CHAPnBB TIII.
ces et double profit. Ce que le gouvernement perd , la faction le gagne. Elle devient forte de sa propre force et de la faiblesse d'autrui« Elle découvre la nudité de soà ennemi, et pare la sienne* Encore un coup, que veut-on de mieux?
r On attaque premièrement les gardiens vigilans et les serviteurs éprouvés; on les
désarme et on les écarte : on rend leur zèle
et leur expérience inutiles* Rien ne se pourrait exécuter sans cela.
f Prudence vulgaire , mais indispensable ; il y a aussi une autre espèce de gens qui ne s'introduisent jamais dans une maison» sans avoir assommé les chiens de la basse cour.
V On accuse ou Ton flatte , on menace ou Ton séduit la force publique. On exagère ses droits ; on ébranle par des subtilités l'opinion qu'elle a de sa dépendance et de ses devoirs. On lui suggère une obéissance qui examine et dispute ; c'esl-à-dà'e une obéis-
DE LA puftpierioa politiqob. io7
sance qui n'obéit pas et qui ne fait que ce qu'elle veut. On souffle sur elle un je ne sais quel esprit d'irrésolution et de défiance. Elle est en armes, et cependant dësarinée* On veut que 9 le jour venu, elle ne sache pas si elle doit oser.
9 On flétrit les combinaisons politiques qui ont eu le plus de succès. On attaque de cent façons différentes les actes les plus légitiipes et les plus utiles. On s'arrange pour que personne n'ait confiance aux ordres du gou* vernementj et que personne ne les exécute. On veut lui ôter tout le pouvoir qu'on pourra, et qu'il ne puisse rien faire de celui qu'on n'aura pas pu lui ôter.
f On en vient ensuite aux prérogatives* Les unes , on les nie : on les nie fermement et. résolument; si fréquemment et si bien, que ceux qui les ont finissent eux-mêmes par ne plus y croire.
f Les autres , on les supprime, et les pré-
SOS CBAPlTRB VIII.
teztea ne manquent jamais pour cela. Ne voyez-vous point qu'elles sont à charge à la royauté? C'est par intérêt et par affection pour elle qu'on les lui arrache;
f D'autres encore sont trop respectées et trop nécessaires ; il serait dangereux d'entreprendre 4e les révoquer. Pour celles-là, on les modifie, on eu règle l'usage , on s'assure que l'exercice en sera désormais impossible. On les confirme , dit-on ? A d'autres, s'il vous platt, à d'autres! ce n'est qu'une manière de les abolir.
9 En même temps, on se fait des prérogatives et des lois à son propre usagé. On s'investit soi-même d'une autorité politique que l'on n'avait pas. On se substitue insensiblement aux magistrats qu'on accoutume à l'inaction et à l'impuissance. On crée à son profit un droit irrégulier contre le droit reconnu. On couvre tout cela de quelque apparence qui puisse éblouir et séduire. On lui donne une
DE LA PUlDlGTimi POLITIQUE. 309
dénomination ambiguë qui paisse imposer au prince el au peuple. On le qualifiera, que sais-je, d'ordre légal peut-^tre; quoique ce soit un ordre opposé aux lois établies ; quoique cet ordre ne soit conforme qu'aux lois qu'on se propose de faire et qui ne sont pas encore faites ; quoique ce soit par conséquent le contraire de Tordre légal.
f Voilà ce qu'ont fait uniformément tous les ouvriers de révolution^ . Voilà par quels honnêtes moyens ils préparent le succès de leur entreprise. Or , il y a un pays où ces choses-là se font actuellement. Douterez^vous encore des projets de ceux qui les font? A quoi cela est-il bon, si ce n'est à ébranler et à détruire ? Les gens qui veulent fonder s'y prennent d'une autre façon.
f J'en reviens donc à mon texte : nous réfléchissons et lisons trop peu. Si nous étudiions davantage , nous serions plus frappés que nous ne le sommes , de ce qui se passe
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chaque jour sous nos yeux. Je lis quelquefois, moii bieu rarement, eonmie tout le monde; mais enfta, je lis. l'en étais, ces jours derniers y à la conjuration d'Amboise : la déposition de Labigue , secrétaire du chef du complot, m'intéressa vivement, le veux vous la dire.
f On devait réduire la France en cantons, sur le modèle de la Suisse ( c'était alors la forme de r2()publique à la mode ); ou bien , si ce p^rti convenait au plus grand nombre, on aurait élu un autre roi, qui , leur ayant obligation' de la couronne , commençât par abolir la i^Ugion catholique en France, accordât tons les édits qui lui seraient demandés, et laissât teUement circonscrire so^ autorité , qu'il ne pàt jamais se tirer de leur dépendance, v 9 G'étaiten 1560» Us étaient, dès ce temps, presque aussi avancés que nous.
» La seule différeace que j'y voie , c'est
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qo'ik iroolaient, comme les. Anglais de 1688, un cbangemeot de dynastie peuor aesaver le ehapgeraemi de relîghin , et que nos gens ms veulent y eux, d'un changement dîe neligion que pour assurer le changement de dynastie. Le but et le moyen ont fait échange de rôle et de place. A cela près , tout est précisément comme il était il y a deux cent soixantehuit ans. Ils étaient plus religieux que politiques, nous sommes plus politiques que religieux : avons-nous gagné ou perdu?
f O Athéniens! vous êtes charmans : vous avez une gr&ce parfaite et un esprit infini ; vous l'emportez sur tous les autres peuples de la Grèce , par Tintelligence et par le courage : mais un peu d'imprudence et de présomption ternit le lustre de ces qualités. Vos ennemis prétendent que votre intelligence n'éclate que sur les petites choses , et que vous n'êtes si braves que parce que vous détournez les yeux du péril. Continuez^
SIS cHAPnrBB vin.
Athéniens; riez, chantez : A demedn les affaires sérieuses! Les Macédoniens sont en marche? à demain ! Philippe est à vos portes? à demain! »