DB LÀ PÂROLB ET DB L'1ÎCRIT0EE
3um i83i.
Si le langage et récriture sont d'institution humaine , ce sont deux questions qu^on peut rapprocher , mais qu'il faut se garder de confondre. Elles ont toutes deux leurs
26à OUPITBE XII.
raisons à part, et peuvent demander des solutions différentes.
Le plus profond, et plus ingénieux philosophe de ^ notre temps leur en a donné de semblables. Il a nié l'invention humaine » aussi bien pour l'écriture que pour le langage. J'oserais proposer quelques doutes.
Dieu a fait l'homme sociable , et de plus, il l'a doué d'une âme et d'une intelligence qui ne se développent que dans l'état de société.
Pourquoi cela? Pour qu'il vécût indifféremmenty et pendant des siècles, tantôt dans l'isolement de la brute , tantôt dans l'union des sociétés policées ? Assurément , non.
JLe but de l'auteur des choses se mamieste par les facultés dont il a doué l'être humain. Il l'a créé pour vivre eu société ; la société est sa vraie et naturelle fin sur la tafre.
DB LA PABOLB VT DB L'iCElTUBE. M5
Mais la parole , qui eSi la vie et Tc^p^ssion de rintelligence , est indispeasable à la société pour^e former et se maiatenir, par la raisoa fort simple , que rintelligénce l'est elle-même.
Ainsi donc, deux choses : premièrement, sans le don de la parole , le don de Tintelligence , et même de Tftme , eût été inerte , inutile, non avenu. L'homme fût resté, durant de longs siècles, autre chose que ce qu'il devait être. Dieu aurait laissé au temps, et à Thomme même, le soin d'achever.son œuvre. Il aurait façonné l'homme brut; ce serait l'homme qui aurait révélé l'homme moral.
Secondement, sans le don de la parole, Dieu, qui assignait à l'homme la société pour première destination , l'aurait condamné pour des siècles à l'impuissance de remplir sa destination.
260 CHAPITBB XIL
A quoi bon cet interrègne de l'homme ? Est-ce que le don de la parole était plus difficile à Dieu, où moins nécessaire à l'homme^ que celui de Tintelligence? Est-ce que cette suspension de la parole , qui aurait suspendu rintelligence et la société, pouvait entrer dans les desseins de Dieu ? Est-ce qu'il eût été de la sagesse d'un Dieu , de créer en vain , pendant des milliers d'années y un nombre infini d'intelligences et d'âmes qui sew fussent perdues dans l'ignorance de lui et d'elles-mêmes ?
Il faut donc, ou avouer le don instantané de la parole , qui n'est autre chose que Ib don parfait et achevé de l'intelligence , ou nier la prévoyance de Dieu, et par conséquent Dieu lui-même; puisqu'on est forcé de reconnattre que l'invention humaine de la parole , en la supposant possible , eût supposé une succession infinie de progrès , qui
DB LA PAROLK ET DB L'éCElTCRB. . 267
eût exigé elle-même une infinie succession de siècles inoccupés et perdus (1).
Mais la démonstration n'est pas , à beaucoup près, aussi concluante pour l'origine de récriture* Ici la base manque au raisonnement. Car récriture, simple représentation de la parole , n'est pas , comme la chose qu'elle représente , indispensable pour compléter et féconder l'intelligence» ni» par conséquent » pour former la société. L'être moral est achevé sans elle» et il est apte » sans elle» à remplir sa destination.
On conçoit » puisque la société humaine peut exister sans l'écriture » qu'il soit entré dans les desseins de Dieu de l'abandonner à la recherche de l'homme , et de n'en per-
(i) Le paganisme V comme on l'imagine bien, attribuait à llionime l'invention de la parole.
Muimmei iwrpepecuM*
^<mte verba , quitus poees ten$uMque notarent^ Naminaque invenere,
HOBAT. , »aM. S , Ub. 1.
2(i8 CHAPITRfi \n.
mettre l'invention que lorsque les sociétés s'étendant et se compliquant, ce nouveau secours leur serait devenu accidentellement etsubséqûemment nécessaire.
La parole eût été nécessaire à l'homme pour inventer la parole, parce que cette invention, qui eût été une grande pensée, suppose l'exercice de la faculté de penser , qui ne se développe que par la parole.
Mais on n'en peut pas dire autant de l'écriture, parce que l'homme, déjà doué de la parole, et par conséquent de la pensée, avait déjà tout ce qui lui était nécessaire pour comprendre de quelle utilité lui se* raient les signes matériels et fixes de la pensée et de la parole.
Cette pensée une fois conçue , il n'y avait pas si loin qu'on pourrait le croire , jusqu'à l'institution conventionnelle des signes , images matérielles de la parole qui se produit par des sons, qui sont eux-mêmes , quoique
DE L4 PABOLE BT DB L'éCBITUBB. MO
fugitifs , des choses matérielles et qui tombant sous les sens de Thomme.
L'écriture n'est pas à la parole ce que la parole est à la pensée.
L'écriture n'est qu'une image. La parole est une image aussi , mais qui a la prodigieuse faculté de créer, ou de susciter du moins l'objet qu'elle imite.
Et c'est pourquoi elle était nécessaire à sa décomposition.
Car la décomposition de la pensée est une pensée.
La décomposition de la parole est bien une pensée aussi ; mais l'homme a la pensée alors , puisqu'il a la parole.
Il ne lui reste plus qu'à trouver, avec le • secours de cette faculté dont il a déjà l'exer- ' ciçe , les signes par lesquels il lui plaira de représenter les divers sons que sa pensée a distingués et saisis 'en s'observant et s'analysant elle-même dans sa propre expression.
370 CiUPITIB XIL
C'est par la pensée que se décompose la pensée , et non par l'écriture que se décompose la parole : grande différence.
On a objecté « que la parole ne se décom- « posait point; qu'un mot prononcé est un c son complet , un son indivisible , dont les M élémens disparaissent dans la prononciac tion.f
Quand cela serait .vrai pour les mots , il n'en faudrait rien conclure pour la parole, qui est une succession de sons et de mots.
Mais je ne crois pas la chose vraie, même pour les mots. Les voyelles sont des sons simples. Les consonnes servent à modifier ces sons, qui deviennent par elles des sons composés. Les syllabes forment à leur tour des sons composés ou simples, selon qu'elles sont ou non . composées de consonnes et de voyelles, ou seulement de voyelles. Enfin, les mots sont un son unique^ ou un assemblage
DB LA pauolb et de L'toUTUmE. 371
de sons , 5 uivant qu'ils ne comprennent qu' u ne syllabe ou plusieurs.
Il y a des élémens dans les mots, qui, s'ils ne disparaissent pas entièrement, s'énervent en effet, et s'affaiblissent à mesure que, par un plus grand désir de bien dire, on en est venu à user et à effacer, en les polissant, les consonnances tropl ftpres et trop rudes. Mais outre qu'il n'en est pas ainsi dans la jeunesse des langues, la plupart des sons échappent & cette sorte d'absorption et d'abolition. Or,
s'il ne s'agit que d'un petit nombre, en quoi ces exceptions peuvent-elles mettre obstacle à la décomposition des sons habituels et conmiuns ?
« Les consonnes, a-t-on ajouté, sont indéf composables à la prononciation, puisi qu'elles sont inséparables de toutes voyel- I les. V
Elles sont indécomposables en elles-mêmes
373 CBAPITBB XII.
sans doute , parce qu'elles sont simples , et n'ont de valeur ou de consonnance que par la voyelle qu'elles modifient » et i laquelle on les joint. H^ la voyelle elle-même est indécomposable en soi, quoiqu'elle ait une valeur propre » par la raison qu'elle est simple. Qu'induire delà? Quand la voyelle et la consonne sont jointes, on les sépare, et par conséquent on les décompose. Or , ce n'est que de cela qu'il est question . Il n'est question que de décomposer ce qui est composé. Pour ce qui est simple , consonne ou voyelle, il importe peu; on n'en saurait essayer la décomposition. Gela va desoi-mâme, et ne fait rien à la thèse.
On a dit aussi « que Tart de l'écriture avait c quelque chose de plus incompréhensible « encore que l'art de parler, t J'aurais cru le contraire : car il m'eût paru bien plus facile de concevoir la représentation d'un objet matériel par un autre objet matériel.
DB LA PABOLB ET DB L'éCUTUBB. 2)S
que la représentation par un objet matériel d'un objet intellectuel.
Et de plus, l'invention de la parole par la pensée de Thomme , en un temps oti la parole n'aurait pas encore fécondé cette pensée, voilà ce qui serait réellement incompréhensible. Mais l'invention de l'écriture, quand la parole existe déjà, et à plus forte raison^ la pensée, cela se conçoit, à ce qu'il me semble, plus facilement. Dans ce dernier cas, ni l'objet ni le moyen ne manquent à l'invention. Dans le premier, tout lui lùanque; l'objet comme le moyen.
Il est vrai, ainsi qu'on Ta dit encore, que » l'écriture exprime à la^ois la pensée et la • parole , t mais par la seule raison qu'elle exprime la parole qui exprime elle-même la pensée. L'effet est double; l'objet ne l'est pas. Le mécanisme est fécond, mais non compliqué. Les fruits de l'invention sont
plus abondans ; les difficultés n'en sont
nt CaAPITRB UI.
paa plus grandes. C'est comme' la copie d'un tableau, laquelle n'a jamais d'autre difficulté ni d'autre mérite que d'imiter le tableau , quoiqu'elle reproduise en m^me t^mps les objet», que* le tableaU: reproduit.
MliiSv t. quelle im^^ de la nature physique» i ar-t-on demandé , aurait pn mettre les « hommes sur la voie de la merveilleuse in- « vention de l'art d'écrire? f
Le soleil projette une ombre sur le sable ; le fleuve sëfléchit dans ses eaux l'Urbre qui cmlt sur sa rive : voilà la source des premières notions du dessin. On a dessiné les ehoses. présentes ;. on dessinera plus tard les choses absentes» celles qui ne sont présentes que par l'imagination et la mémoire. Voilà la source de récriture par Images et par hiéroglyphes. Gelle-ci ne reproduisait q4'une faible partie de la parole > son im,perfectipn même aura fait sentir la uécessité de l?étendre^ et la possibilité d'y réussie. Ce que dit
DE LA PAftOLB HT US L'ÉCRITURE. 275
Duclos de l'iostantanéitë de Vinventiou de récriture) n'est appuyé^ à mou sens, sur rien de probable ni de nécessaire.* Lés es- ' sais peuvent avoir été long-temps sans .suc- 4îès ; les succès eux-mêmes peuvent avoir été long-rtemps incomplets et insuffisans (1)«
Non, à-t-oh répondu; i Tart de repréf' senter les objets , même moraux, sous des « emblèmes et par des attributs physiques , f n'a rien de commun avec l'art d'exprimer V les idées par la décomposition des sods. v
Rien de commun? cela est vrai, quant au mécanisme de l'art. Mais quant à la pensée
(i) Primiy per figuras animalium , iEgiptii sensus mentis efHûgebaiit, et lilteramm setnet itiventores perhU
bent Quidam Cecropem Atheniensem y ^el Lioum
Thebanum, et, temporibos Trojanis, Palamedem Argt- Toni memoranty sexdecim litteraruih formas; mox alios, ac prfedpttam Sinoaidem, coteras reperisse.... Et forma litteris latinis, quae Teterrimis Grascorum; sed nobis quoque paucœ primwn fuere : deindè additœ sunt, — Tacite, Anh.j liv. ii, ch. i/|.
276 CBAMTKB UL
de l'art y c'est-à-dire quaat ao principe de l'invention, je ne le crois pas véritable. Il faut bien que cette pensée soit commune aux deux arts ; car elle est unique. Ce dont il est question dans l'un et dans l'autre, est ton* jours de représenter . aux yeux, les images naturelles ou convenues des objets moraux ou matériels. C'est des deux côtés le sentiment d'un même besoin; c'est un effort, si non pareil, au moins analogue ^ pour atteindre à un même but. La pensée de l'écriture n'est que le développement , le progrès, le dernier terme de la pensée des biéroglypbes.
f La seule manière d'écrire , dont Tinven- > tion fût possible, a-t-on ajouté^ était tout f au plus l'écriture des Chinois qui donnent i un caractère particulier à chaque mot. i
Cette concession est bien grande, et peut-être est-il vrai qu'elle comprend tout. Assurément la différence est considérable
DE LA PAROLE ET DE L'éCRlTDBE. 277
entré récriture par mots et récriture par syllabes; & plus forte raison par lettres. Mais quand on est parvenu à décomposer la. parole par mots, il semble que la plus grande difficulté soit levée. On sait déjà que la parole se décompose^ et Ton en connaît de premiers moyens. On a l'idée de la représentation, et quelque réalisation de cette idée. L'inven* tion est faite. Ce qui reste à faire, quelque important et difficile qu' il soit > n'est qu'une nouvelle et plus étendue application du principe et du mode déjà inventés , de la décomposition et de la représentation de la parole. Que les Chinois , qui n^ont encore aujourd'hui que l'écriture des mots, n'aient pas poussé plus loin leurs progrès , cela est peu concluant; car il faudrait savoir si leurs lettrés ne trouvent pas que cette écriture suffise aux besoins actueb de leur politique et de leurs sciences ; s'ils ont fait des efforts sérieux pour l'améliorer ; si rintelligence
278 CBAPITBE Xn.
si lente de cette nation lui permettrait de le tenter et de l'adcomplir. L'«xemple d'une nalion, d'«ud langue, d'eue écriture, ne ptouye rien pour les autres. Autant vaudrait dire que les Chinois n'ont pas pu inventer l'écriture des mots, parce quau nouveau monde on en était enc6re aux quipos, ei en Egypte, aux hiéroglyphes.
« Qu'on se reporte par la pensée *, pour- > suit-on , aux tonkps qui ont précédé Té- » critnre, et qu'on juge tout ce que devait » laisser dans l'esprit, de Va^ue et de vide, jr l'absence des caractères qui servent à dis- » tiuguer les sons entre eux. i
Sans doute, et cela prouve très**hien la difficulté de l'invention, laquelle n'est contestée par personne; mais c'est de l'im* possibilité qu'il serait question.
< Nous-mêmes qui , à l'époque de la déy cotiverto de Timprimerie , avions porté 9 l'art graphique à un si haut point de per~
I>B LA PiUM>liE Vf DB-L'iGMTURB. »0
f fection , ce .n'est qu'au qurnsième siècle V qcre nous nous soninieâ avisés da moyen # si facile, et qui était si prfes de nous; et 9 Ton veut renvoyer aux premiers temps l'inf vention de l'art d'écrire ! v
C'est parce que Tart d'écrire était inventé, que l'art. d'imprimer l'a étési tard. On avait déjà de quoi suffire à ce qu'exigeait l'état actuel de la société. On avait» oii ne cherchait plus. Le grand inventeur manquait : le besoin*
Il faut bien d'ailleurs » quoi; qu'on fasse, reculer l'invention de l'écriture vers les pre miers temps; car, pour le dire en passant, l'opinion qui rapporte à Moïse la révélation et la transmission de cet art , rencontre de graves et insurmontables difficultés.
D'abord, le livre d'Hénoch(l), que citent l'apôtre saint Jude et Tertuilien, est bien an-
(i) Bruce rapporte qoe la bible de l'église d'Abyssinic a conservé un livre d'Hénoch.
280 CBAPim xu.
tériear à Moïse;, de. même le JiiFre de Job; de même le livre, des guerres du Seigneur , . et le livre des Cantiques proverbiaux , cités dans le livre des Nombres; de même, le livre des Justes, cité ddnsle livre des Rois et dans Jûsuè.
Il semble même , par te livre de Job , que l'usage des livres et des caractères fût déjà commun de son temps. — Quis mihi tribuat ni êcrikantur sermones mei^ quîs mlhi det ut exarenturin IxbrOj stylo ferreo, et plumbi lamina ; vel celte sculpantur ' in sHice? -^ Qiiis mt/tt tribuat. ... ut.... et librum scribat ip9e qui judicat{i)?
a L'écriture n'était nécessaire ni àrbomme, » ni à la famille, t
Non, et c'est une raison de plus pour croire qu*clle n'a pas été robjet d'une révé- ](ation directe et iaunédiate. Dieu avait don-
(ij JoBy ch. 19, V. a3 et aA, et ch. S i, y. 35^
DE LA PABOIiB BTDB Ji'^CUTUaE. 281
né à rhomme ce qui lui était nécessaire pour la^écouvrir quand Tétat de la société le demanderait, saitoir : la. pensée, la, parole et le temps. Il est philosophique et sage, à ce qu'il me semhle , de ne faire intervenir l'action directe.de Dieu qu'aox choses qui se« rident manifestement impossibles sans cette intenrention.
« L'écrïtureest une expression ide l'homme » comme la parole. •. Or, toutes les exprès- 9 siona de l'homme moral, la physionomie , » l'accent, la voix, l'habitude du corps, sont f hors du domaine de la volonté de l'homme, y et par conséquent hors de la sphère de ses » inventions : car on peut dire que faire V l'expression de soi , ce serait en quelque li sorte se faire soi-même, y
Je crains , je l'avoue , que ceci ne soit un peu trop absolu. L'homme ne se fait pas. luimême. Il ne crée ni son être , ni ses facultés; qui en doute? Mais il les développe cepçn-
389 GHMMTIIB XII.
dant , ces facultés^ il les éleud , les modifie, k» corrige, ou les pervertit. Iloftiait paa ses traits, oisaToix, ni sa stature; il ekange et règle pourtant Texpii-ession de «on visage^ Taocetitdesa vtiix^ les tnouveaens de soii corps. Il compose sa' phf sitmolnîe , so& langage, ses habitudes, sa eomplezloa^ sa force, sa grâce. Il cultive ou il n^lqpe. son esprit; il le ^féconde ou le Mnd stérile. Son Ame elie^iliteie , il la pétrit, pour ainsi parler, de ses mains. Qu^ques. parties. au moins de son expre$sion sont dans, la dépendanoe de sa volonté. Gette partie de son espression, qu'on cherché dans l'ait -d'écrire, pouvait donc être aussi 'dans sa dépen^ dancOè , ..»,."..''■ s : •
L'écriture est la déeomposition' des sons qui 'formel^' le langage; -dé -même* que^ la musique * est la décomposition des âona qui Contient le chant.
Si la musique est d'invention humaine.
DE LA PARfn.fi Vr DB L*l£cRITUEE. 363
pourquoi l'écritate aurail-elle une autaw origine?
La musique ne note pas senlemtnt Véchelle et la durée absolue ou pelatite 4en sons. Elle en marque te ton , le mode , le mouvement 9 Taceent^ Yetpre^on^ -
C'est une écriture qui ne représente que des choses matérielles dont leg^ rapports arec lès choses intelledueUes sont plus bornés.
Mais qcroiqiie la véritable écriture répré** sente la parole , qui représente elle-même la pensée > c'est-à^irel' universalité 'des choses intellectuelles > cette différence , si considérable qu'elle soit, n'est cependant que dans les appplications du principe de la repré*^ sentation , et nullement dans le principe luimême, en quoi consiste la vraie invention.
Le chant n'est que le cri naturel de Thomnie, modifié, réglé, mesuré, perfectionné. Le cri de Thommc est la première
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expression de sonétonaementyde sa crainte, de sa joie ou de sa douleur. C'est sa première parole, sa parole abrégée; un com> menoemeut de langage, uu langage. C'est une image vive et réelle, quoique informe encore, de ses premières pensées et de -ses premiers sentîmens.
La musique donc représente autre chose qu'un bruit méthodique , gradué et harmonieux. Elle représente et exprime des impressions et des sensations ; des impressions physiques et des sensations intellectuelles.
Or, si l'honune a pu tro^ver l'écriture du chant qui est une parole, pourquoi lui aurait-il été impossible de découvrir l'écriture de la parole qui est aussi un chant 7