‹ Pensées d'un prisonnierChapitre 46 sur 51 · OEUVRES DES MORTS- — MONTAIGNE · texte numérisé non relu

OEUVRES DES MORTS- — MONTAIGNE

DB LA 80L1TUDB FOBCiB.

Château de Ham, i83a.

Yratement ils fnrept bien lotis et favorablement partagés -, ceulx qai nac-

(i) Imiter Montaigne I imiter ses formes de oompositiom et même sa langue! Cest en jeu d'esprit un peu

286 CflAPinS XIII.

quirent et ont vescu en bon temps. Vous voyez bien que l'heur et malheur de l'humaine vie n'est poinct tant^ennostre vouloir et discrétion que aulcuns le disent. Je vouldrois bien les y veoir. La gracieulse bonté et haulte puissance de Dieu , font pour quelques-uns le temps si béning, qu'ils n'ont qu'à se laisser vivre , et puis gouster touste joye et esbattement. A ceulx là, s'il leur venoit en l'esprit quelque fantasie d'essayer de la contraire fortune , encore ne leur surgiroit elle que doulce et propice. Ce ne sont qu'enfants gastés que la providence berce et emmièle amoureusement tant que dure leur pérégrination en ce monde.Et n'y a pas si grand subiect de s'esmerveiller qu'en si droicte route ils ne trébuchent, ni se fourvoyent. Le bien faire n'est difficile à eulx qui n'ont

hasardeux. L'auteur avait supprimé ce chapitre ; mais je l'ai prsfisé de le rétablir. Ai^je eu tort?

( Note de r éditeur. )

DE h\ SOURVilB fORCés. 287

q[tte faire , ei à qm il suJBQit de a esveiUer et frotter les yeux après leur ouktée , pour que l'aise leur a^vâeane à play&ir et commandemeut. Ce seimit bieti môtacle qu'ils ne fussent gesside diroécturis et dé pAlienee, et ne souspeçonBeroisrjie gu^res qa'en une telle bonnasse^^ôn pust avoir velUité de vivre; ai|ltieaMBnt quTil ne^plaiat it Bieur

Non eget jnaurTfacvlitt', neque arcw, ffea venemUiê.gntMM êogitiis, Fusce pharetrd ( i ).

Mais à nous aultres malencontreux ^ qui n'avons troevé les rôuttes battues , ains tout enchargées de ronces et entrecoupées de fondrières 9 besoing est , si ne nous voulons dévoyer , de nous être affermis à poinct , et par advance munis de réconfort et advisemieni. restime quei bpmmA de. biea eu mon temp»». eat plu^ bomnie de bien tiroi» fpis , que nul du siècle passé. Novisex rébus aucti y

(a) HOEAGE.

cH4Pinai nu.

tttta et prasaenHa, quàm vetera et pericuhsa malunt. ( 1 ) Que voulez vous que puisse résouldre mn pauvre chrestien à qui il souffle dans les deux aureilles de deux veiits contraires et teiE^pestueux? Cettuy-^y lui crie, suis le fil de l'eau; cet aultre, rebrousse, et vas contremont : à qui croire? S'il faict entre temps fausse manœuvre, et mal oriente sa voile, ie ne m'en estonne, et Fabsous. Bien plus-tôt m*en estonnerois-ie , qu'en si grande perturbation, il seeut treuver et tenir son véritable chemin.

Ego y cui timebo ^ Providus auspex ,....

Oscinem cojvum prece sttscitabo , Solis ah çrtu (2}.

Le mieulx est de beaiicoup en ces occurrences, dé ne pas tant escouter de gents, « Et de se plastrer et boucher les aareilles

(l) HOAACB.

(a) Tacite.

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